‹ Les projets de mariage de la reine ÉlisabethChapitre 45 sur 92 · ïbid., p · texte numérisé non relu

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rcnt de désavouer cette entreprise ; mais Elisabeth persista dans son refus. C'est qu'en réalité, renseignée par ses agents secrets, elle savait tout ce qui se tramait en France.

Favorisée par l'éloignement du roi de Pologne et par la maladie de Charles IX 2, une vaste conspiration enveloppait le pays tout entier de son invisible réseau ; elle s'appuyait à la fois sur Montgommery prêt à débarquer en Normandie 3 , sur Nassau tout disposé à entrer en France, sur Bouillon qui avait promis d'ouvrir lis portes de Sedan, surDamville allié aux protestants du- midi, enfin sur Montbrun, maître des montagnes du Dauphiné. Les quatre Montmorency et le maréchal de Cossé en étaient. La Noue, en acceptant le commandement des révoltés du Poitou, avait annoncé qu'on attendait un plus grand chef, le duc d'Alençon. Guitry, à la tête de quelques centaines de chevaux, s'était chargé de forcer les portes du château

1. Voy. dans le Calendar «f Stule papers (liiTl , la l.rttrr iir lu nhir Elisabeth au docteur Baie, p. 464.

2. The sickness of the King is thoughl dangerous byhis palenèss, his testiness, and his shortness of breath. (Ca~ lendar of State papers, Daleto Burghley, p. 1 06.)

:t. Calendar of State papers 1574 . Montgommery t>>

Burghley, p. ÎT'.i.

LES PROJETS DE MARIAGE d'ÉLISABETH 163

de Saint-Germain el d'enlever le duc et le roi de Navarre; mais, par.tropde précipitation, il devança l'heure fixée pour agir1, et l'alarme fui donnée par un gentilhomme du nom de La Chapelle. La peur grossil le nombre de la troupe qui marchait surle château. Pris de panique, plusieurs gentilshommes s'enfuirenl précipitamment, el, des premiers, le cardinal de Lorraine. La Môle perdit la tète, il avoua tout à Marguerite de Valois.Prévenue par sa fille, Catherine partit dans la nuit, emmenanl dans son propre coche le roi de Navarre et le duc d'Alençon, que cette fois, nous dit Marguerite, « elle ne traita pas si doucement * ». Charles IX la suivit en litière entouré des Suisses en ordre de bataille comme à la retraite de Meaux et n'alla pas loger au Louvre, mais ù l'hôtel du comte de Retz, dans le faubiunt; Saint-Ilonoiv ''. Le G mars, il y reçut L'ambassadeur anglais, mais au lit, tanl sa faiblesse étail grande '. Se plaignant des grandes menées qui avaienl été tentées pour le brouiller avec son frère, il dit qu'il avait en-

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