Jérémie, XXII, 24 sq. ; XXIII, 1 sq
de Josias, était un homme faible, mais bien intentionné. Un de ses premiers actes sembla annoncer un nouveau Josias et prouver que la politique de réformes revenait sur l'eau, que la charte prophétique allait devenir une réalité. Le Beutéronome rendait la liberté de droit à tout esclave hébreu qui avait servi six ans. Sédécias convoqua les grands et tous les propriétaires d'esclaves et fit proclamer l'émancipation des esclaves, qui furent mis en liberté. Mais le lendemain de cette nuit du 4 Août, les privilégiés regrettaient déjà leur générosité, peut-être arrachée par quelque alerte de l'extérieur : l'acte d'affranchissement fut rescindé et les esclaves rentrèrent dans leur esclavage. C'était un de ces incidents qui éclairent jusqu'au plus profond l'abîme d'une société qui ne peut plus être sauvée, et il arracha à Jérémie un cri effrayant qui dut retentir comme l'arrêt sans retour de la justice divine : « Vous avez fait retourner vos frères dans l'esclavage ; vous avez refusé de proclamer leur liberté : eh bien! moi, parole de Jéhovah! je proclame la
liberté contre vous à l'épée, à la peste, à la famine M »
Sédécias tombe à son tour dans le piège de l'alliance égyptienne^ et bientôt les bandes babyloniennes viennent de nouveau camper devant Jérusalem, cette fois sans espoir de pardon. L'Égypte a abandonné Juda à l'heure du péril. Et Jérémie reprend, avec une frénésie nouvelle, sa prédication de mort. On le presse d'interroger Jéhovah, de lui demander quelques-uns de ces miracles dont il était jadis coutumier. Balaam, appelé pour maudire Israël, bénissait; Jérémie, appelé pour bénir, ne peut plus que maudire. C'est Jéhovah qui viendra lui-même combattre Juda, frapper de la peste hommes et bêtes, livrer à Nabuchodnozor le roi, ses officiers et le peuple, pour les exterminer sans pitié et sans miséricorde. Sédécias le fait venir en secret et lui demande : « As-tu quelque chose à me dire de la part de Jéhovah? — Oui; que tu seras livré au roi de Babylone. » Et il récri-