Isaïe, XLÏ, 1 sq
o. Isaïe, XLI, 14.
Car les souffrances d'Israël, transfigurées par leprophétisme triomphant, ne sont plus, comme au temps de Jérémie et du prophétisme militant, l'expiation de ses fautes, la punition infamante de ses péchés : c'est le prix du salut de l'âme humaine. Jéhovah avait mis son esprit en Israël pour faire, par lui, part aux nations de la justice. Ce n'est donc pas en vain qu'il a souffert, qu'il a été méprisé, abandonné des hommes, peuple de douleur, familier de la souffrance. Envoyé par le Seigneur pour prêcher sa parole, il n'a point été rebelle et n'a point reculé devant la tâche de douleur. Il a présenté son dos à ceux qui le frappaient, sa joue à ceux qui l'insultaient : il n'a point détourné la face devant l'outrage et le crachat*. Pareil à l'agneau qu'on mène à la boucherie, à la brebis muette devant le tondeur, il n'a pas ouvert la bouche ; et c'est pour cela qu'il ne mourra pas. Les hommes l'ont cru frappé de Dieu, tandis que c'est pour les ramener de leurs péchés qu'il était frappé,