‹ Les prophètes d'Israel (volume 2)Chapitre 81 sur 110 · Agobard · texte numérisé non relu

Agobard

l'uisïoiue du peuple juif. 191

l'àme de la patrie, esl refoulé dans le commerce et l'usure par les canons de l'Eglise et par la politique finaacière des rois qui veulent savoir où mettre la main quand le Trésor est vide. Le peuple ne voit plus dans le Juif que l'homme d'affaires de son seigneur et de son roi, le symbole vivant et exécré de sa misère, et c'est ainsi que les deux grands opprimés du moyen âge, le peuple et le Juif, sont mis face à face, l'un jeté en proie à l'autre. Et pourtant, aux heures les plus désespérées, dans ces Ghettos où le parquent la loi, le mépris et la haine, l'opprimé vit par la pensée de la vie de ses oppresseurs : il aspire à franchir le mur de sa prison, à venir respirer l'air de France : la langue maternelle de ce paria, ce n'est pas un patois hébreu, c'est le français de France, et la plus ancienne élégie française, la plus belle peut-être qui ait été composée en notre langue, a été écrite dans un Ghetto, à la lueur d'un bûcher ^ La Renaissance et la Réforme, en détournant

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