‹ Les prophètes d'IsraëlChapitre 23 sur 24 · LA JUDÉE SOUS LA D0MINÀT105Î ROMAINE · texte numérisé non relu

LA JUDÉE SOUS LA D0MINÀT105Î ROMAINE

Dans la pensée de Salvador, les deux livres sur Moïse et Jésus n'étaient qu'une introduction à un dernier livre donnant sa pensée d'avenir. Après avoir fait l'histoire du Messianisme ancien et primitif, et montré comment, pour pénétrer dans le monde non biblique, il s'altéra dans le Messianisme chrétien, il devait chercher à déterminer la forme qu'il prendrait dans le monde dégagé par la philosophie du xvin' siècle et la Révolution française. Ce li\Te était achevé dans ses traits essentiels vers 1840 : il devait s'intitu- 1er : « De l'Etat actuel des esprits en matière de religion ou la Question religieuse au xix® siècle ». Mais, tandis qu'il travaillait à cet ouvrage, les événements qui se passaient alors en Orient

raliser le polythéisme ; d'autre part, en interdisant à jamais à Israël les ambitions matérielles et les rêves de grandeur politique, elle le force à se renfermer définitivement dans la vie idéale, à se réserver tout entier la conservation de la vérité entière. Un jour viendra, à la longue, où le judaïsme paganisé, après avoir vaincu le paganisme, se retrouvera en présence du judaïsme pur d'où il sort. Ce jour est venu, selon Salvador; et ce qui doit arriver de ce contact nouveau, il essaye de le percer dans son dernier ouvrage, Paris^ Rome et Jérusalem.

xviii* siècle, et, en dépit de Tévêque de Chartres, Moïse est bien un conventionnel parlant du sommet de la Montagne ^ Il n'y avait, certes, ni illusion ni mauvaise foi, quand les prêtres de TEglise romaine donnaient à la République de 48 un droit divin de par l'Évangile et faisaient de Jésus le premier des sans-culottes; ils le faisaient légitimement et loyalement, de par le principe mosaïque de l'Évangile ; mais, d'autre part, en vertu de sa duplicité d'origine et par l'antinomie des deux principes qui lui ont donné naissance, le Christianisme, héritier du monde ancien, acceptant de lui l'esclavage, l'inégalité de l'homme devant l'homme et le droit de César, est entraîné, sans pouvoir lutter ni songer même à lutter, par la force acquise des organisations matérielles au sein desquelles il a paru et quTl accepte. Il y a place dans le Christianisme au second Lamennais comme au premier, et au Pie IX de 46 comme au Pie IX de 49 ; mais par la force des choses et des passions humaines, le second La-

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