‹ Les prophètes juifsChapitre 73 sur 136 · I Schemouël, X · texte numérisé non relu

I Schemouël, X

Mais que faut-il penser des divinations relatives à la rencontre de ces psychopathes et des pèlerins de Béthel, ainsi qu’à la découverte des ânesses?

Je n’hésite pas à déclarer que ces faits sont possibles. J’ai en effet démontré que la pensée pouvait se transmettre de cerveau à cerveau, sans-l’intermédiaire des signes, à une distance de cinq mètres au moins et dans un temps extrêmement court 1 , et il me paraît certain que cette distance peut être dépassée. Ce que nous savons de la télégraphie sans fil permet à ce sujet toutes les hypothèses. Il se peut donc que Schemouël soit entré à distance en relation psychique avec les gens de Qisch, avec les nabis de Guibeâth-JElobim et avec les pèlerins de Béthel, Cela plaiderait en faveur de sa dégénérescence mentale, la réceptivité télépathique ne se rencontrant guère même que chez les dégénérés.

Schaoul oint, Schemouël convoqua le peuple

1, D r Biiiet-Sanglé. Mxpçtiçftçes sur la transmission directe de la pensée. Annales des Sciences psychiques, mai- ;juin 1902.

à Miçpa, et lui adressa ces paroles amères :

« Ainsi s’est exprimé lahvé, l’Elohim d’Israël : « C’est moi qui vous ai fait monter de Miçraïm, et qui vous ai tirés de la main de Miçraïm et de tous les royaumes qui vous opprimaient. Mais vous, aujourd’hui, vous avez repoussé votre Elohim, qui vous avait sauvé de tous vos maux et de vos angoisses, et vous lui avez dit : « Établis un roi sur nous (on le voit, Schemouël s’identifie avec lahvé). Mettez-vous donc en ordre devant lahvé par tribus et par kiliarchies. »

Puis il désigna la tribu de Béniamin, la famille de Matri, et parmi elle Schaôul. Mais on le chercha sans pouvoir le trouver. Alors on interrogea lahvé, c’est-à-dire Schemouël, qui répondit :

« Il est caché parmi les bagages. »

C’était exact, et c’est là peut-être un nouvel exemple de transmission directe de la pensée et à coup sûr une nouvelle preuve de la psychopathie de Schaôul.

O a alla le chercher, et on le plaça au milieu de la foule, quïl dominait de toute l’épaule et au delà:

« Voyez, dit Schemouël à toute la nation, celui qu’a élu Iahvé ; il n’y en a point de semblable en tout le peuple 1 . »

Dès lors la royauté juive est constituée. Elle s’appuie sur la religion, c’est-à-dire sur 1 ignorance et sur l’erreur, ses bases éternelles.

Schaôul est la statue, mais Schemouël est le piédestal, et le roë n’aurait qu’à hausser les épaules pour que la splendeur qu’il supporte soit anéantie. Du moins, il en fut ainsi dans les premiers temps du règne. Schaôul n’eût pas osé faire acte d’indépendance. Lorsqu’il voulut porter secours aux habilantsjl’labesch de Guileàd assiégés par les Benê-Ammon, il mit en pièces une paire de bœufs et en envoya les morceaux dans tout le territoire d’Israël avec ces mots :

« Qui ne suivra pas Schaôul et Schemouël , il en sera fait de même qu’à ces bœufs 2 . »

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