‹ Les prophètes juifsChapitre 75 sur 136 · I Schemouël, X · texte numérisé non relu

I Schemouël, X

DES OfUGÎXËS A ÊLIÈ

toire qui, en grandissant le roi, diminuait le juge. Son amertume lui remonte aux lèvres et s’exhale en reproches et en menacés :

« Schemouël, s’adressant à tout Israël, lui dit :

« J’ai donc •écoulé Votre voix en tout ce qu’elle m’a demandé; je vous ai même consacré un roi qui marchera devant vous. Moi* je suis vieux, j’ai blanchi* mes fils sont là, parmi Vous. Depuis le temps de ma jéunëssë jusqu’aujourd’hui, je me suis trouvé à voire tête. Èh bien ! me voici! Élevez la voix contre moi devant Iahvé et devant son oint. A qui ai-je pris son bœuf ou son âne? Qui âi-je pillé ou Violenté? De la main de qui âi-je reçu un prix quelconque pour ne point regarder sa faute ? Je restituerai tout. »

— « Tu n’âs commis, lui répondirent-ils, ni pillage, ni violence ; de la main de quelqu’un tu n’as rien pris. »

^ « Que, Contre vous, Iahvé et son oint soient aujourd’hui témoins que dans ma main vous n’avez rien trouvé ! »‘

— « Témoins! » s’écrièrent-ils.

— « Il est donc témoin, cet Iahvé, ajouta Sehemouël, qui a formé Mosché (Moïse) et Aaron, et qui a fait monter vos pères de la terre de Miçraïm! Et maintenant rangez-vous, je vais vous rappeler, devant Iahvé, toutes les justices qu’il a exercées envers vous et envers vos pères, de quelle façon Iaâqob est venu en Miçraïm, et eorïnnent vos pères ont invoqué Iahvé. Celui-ci a envoyé Mosché et Aaron pour tirer vos ancêtres de Miçraïm et les établir en ce pays.

Comme ils l’oubliaient, lui, leur Elohim, Iahvé -'les livra aux mains de Sissera, le sar de l’armée de Hazor, et à celle des Pélischtim et aux mains du roi deMoab. Mais, opprimés par ces ennemis, ils supplièrent leur dieu : « Nous avons péché, car nous avons délaissé Iahvé pour servir les Baals et les Astartés ; maintenant, tire-nous de la main de nos ennemis, et nous te servirons. » Alors Iahvé envoyait Iér'oubbaal, Bedan, Iphtah, Sehemouël , pour vous sauver de la main des ennemis qui vous entouraient, et pour vous donner une résidence sûre dans votre terre. Mais quand Nahasch, roi des Benê-Ammon, a fait son attaque contre vous, vous m’avez dit : « Non,

qu’un roi règne sur nous! » Cependant Iahvé, votre Elohim, voilà quel était votre roi. Maintenant vous l’avez, ce roi que vous avez choisi et sollicité. Iahvé vous l’a donné. Puissiez-vous craindre Iahvé, le servir, et entendre sa voix sans vous révolter contre ses ordres. Puissiezvous être, vous et le roi qui va vous gouverner, dociles à Iahvé, votre Elohim! Mais si vous n écoutez pas sa voix, et que vous vous révoltiez contre ses volontés, la haine d’Iahvé sera sur vous, comme elle a été sur vos pères. Maintenant soyez attentifs, et voyez ce grand phénomène qu’Iahvé va devant vos yeux accomplir. N’est-ce pas maintenant la moisson du froment? Je vais invoquer Iahvé : il enverra des voix et la pluie, et vous saurez fort bien que vous avez commis un grand mal devant lui, en demandant un roi J . »

En effet, le jour même, il tonna et il plut.

Peut-être n y avait-il là qu’une coïncidence. La moisson se faisait, en Kénàan, à la fin de juin et au commencement de juillet, et un orage, à

i. I Schemouël, XII.

cètte époque de l’année, n’avait rien d’exceptionnel.

Toutefois, il convient de rappeler qij’il existe Chez les plantes , Chez les animaux et Chez l’homme, On sens météorique, qui léùr permet de pressentir les changements de temps, et de manifester ce pressentiment par des attitudes et des aétes.

Si, par exemple, la pluie menace, Càlenâütâ pluvialis (le souci pluvial) n’ouvre pas ses Heurs, Sàngv/isoŸtra oîfîcinàUs (la pimprenelle commune) ferttie ses feuilles, Trifolium yratenee (le trèfle commun) redresse sa tige, les limaces et les vers de terre sortent de leurs trous, les fourmis interrompent leurs travaux et rentrent dàns leurs galeries en entraînant leurs larves, les abeilles évitent de s’éloigner de leurs ruches, les insectes parasites s’acharnent sur la peau de leurs hôtes, les poissons se tiennent à la surface de l’eau et sautent fréquemment 1 , les hirondelles voient bas 1 , les crapauds et les rainettes croassent dans les lieux élevés, les

1. Ce qui est dû peut-être à l’abaissement du vol des moucherons.

DES ORIGISES A ÉLIE 171

geais, les pics-verts, les pigeons, les corneilles, les paons, les oiseaux aquatiques sont plus bruyants et plus agités que de coutume, les oiseaux nocturnes se font entendre en plein jour, les oiseaux en général s’épluchent et se fardent, les chats se lèchent longuement 1 , les ânes remuent la tête et les oreilles % les moutons et les porcs donnent des signes d’agifRr lion», les bovidés lèvent le mufle et hument l’air.

L'homme peut aussi, sans instruments, par l’observation du ciel, des astres, de l'atmosphère, des plantes et des animaux, prévoir les changements de temps. Il le peut aussi à l’aide du complexus de sensations internes qui constituent le sens météorique. C’est ainsi qu’à l’approche de l’orage, il éprouve une sensation de chaleur étouffante, due à la diminution de l’évaporation cutanée et pulmonaire, et des sensations électriques. Chez la femme et l’epfant, ces sensations sont plus intenses, et s’accompagnent souvent de malaise, d’oppression, de dou-

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