‹ Les prophéties et leur accomplissement littéralChapitre 23 sur 42 · COLONIES EUROPÉENNES-EN ASIE. CB. VK · texte numérisé non relu

COLONIES EUROPÉENNES-EN ASIE. CB. VK

les hommes frères, ayant cette époque Tesclayage était partout, et la plus grande portion du genre humain naissait et mourait dans cet état. L'homme maintenant peut revendiquer son droit de naissance. Mais, bien que banni depuis longtemps de presque toute l'Europe, l'esclavage subsiste toujours en Afrique. C'est, avant tous les autres, le pays de l'esclavage. Esclaves chez eux et vendus à l'étranger comme esclaves, les pauvres Africains, les descendants de Cham, sont les serviteurs des serviteurs, ou esclaves des autres hommes. Ce fait étaittout-k-faiten dehors desprévisionshumaines; bien plus, on sait que, pendant plusieurs siècles après l'époque où s'arrête l'histoire de l'Ancien Testament, les habitants de l'Afrique disputèrent aux Romains l'empire du monde. Mais Annibal , qui fut un moment presque le maître de Rome, fut à la fin vaincu, et Carthage dut subir son sort^\

« Dieu bénira Japhet et celui-ci logera dans les «tabernacles de Sem. » Quelques-uns des plus doctes etdesplus anciens interprètes des prophéties crurent voir l'accomplissement de cette prophétie dans les conquêtes des Macédoniens et des Romains en Asie, et dans la propagation de la véritable religion parmi les nations de l'Europe, suivant la promesse de bénédiction faite a Japhet, promesse qui se trouverait ainsi vérifiée dans un sens métaphorique. Mais à Fépoque oii nous vivons, il ne reste plus de doute à cet égard et la prophétie s'est accomplie dans son sens littéral. Quels sont en effet les rapports qui existent actuellement entre les habitants de l'Europe et de l'Asie, entre les descendants de Japhet et ceux de Sem? Ne peut-on pas dire à la lettre que les premiers vivent dans les tabernacles des seconds? Et par quelle autre comparaison la simplicité des pre--

(33) Livii HJsL, lib, XXVII, c. lu

i2H COLOMKS HLKOPKENNES EN ASIE. Cil. VI.

micrs a^osi)onvaif-olle micMix dopc^indro les nomlueiisrs vl vaslos (^oloiiies des liiiiopcMMis en Asie? C()nd>ien la posiérilé de Ja[)liel n'a-t-(»ll(» pas été ninili|)lié(^ dans les reliions éeliiies en ))arta^eàla p()slérilé de Sem? Combien descsaneienncs\illes soni maintenant en la possession des enfants de Ja])hci? Comliien de colonies ceux-ci n'ont-ils pas fondées en Asie.^ tandis que les descendants de Sem n'occupent pas en maîtres un seul point de l'Europe? Et, par rapport à l'Angleterre et à Fimmense étendue de ses possessions en Asie, n'est-il pas vrai de dire que les habitants des « îles des gentils vivent dans les tabernacles de l'Orient? » D'oii pouvait donc émaner une semblable prophétie, sinon de l'inspiration de Celui dont la présence et la prescience ne sont bornées ni par l'espace ni par le temps ?

Les prophéties font la révélation d'événements futurs, sans jamais sanctioîuier en principe l'iniquité ou le mal. Les mauvaises passions des hommes accomplissent les décrets de la Providence, mais elles n'en sont pas moins cr-iminelles, bien qu'elles tournent à la louange de Dieu. C'est c n vain q ue l'on s'appuierait sur l'accomplissement le la prophétie dont nous venons de parler pour défendre ou justifier l'esclavage, ou le droit de propriété de l'homme sur son semblable. Nabuchodonozor fut le coupable instrument de la justice divine , alors même qu'il ne croyait travailler cjue pour son intérêt ou pour sa gloire personnelle, et, après avoir subjugué un gi^and nombre de nations, il se vit chassé d'entre les hommes et réduit à aller vivre au milieu des bêtes sauvages. Jamais jugements ne furent plus clairs que ceux qui pèsent encore sur les Juifs , et cependant quiconque les blesse, blesse la prunelle de son œil , et, avec l'année de la miséricorde pour Sion, viendra le jour

de la vengeance du Seigneur; en ce jour il entrera en jugement avec tous les hommes en faveur de son peuple et de son héritage. Que si de teîs exemples ne suffisent pas pour prouver à certaines personnes qu'elles interprètent la Bible à leurs risques et périls, en cherchant à justifier l'esclavage par le fait que Canaan fut le serviteur des serviteurs de ses frères; que ceux au moins qui ont la prétention d'invoquer les saintes Ecritures a l'appui du droit de propriété qu'ils s'arrogent sur leurs semblables 5 que ceux-là se rappellent que bien que Jésus-Christ ait été livré entre les niains^ de ses ennemis « selon la volonté déterminée et selon la prescience de Dieu , » néanmoins ce fu- «r^nt les mains des méchants qui le crucifièrent et «le tuèrent. C'est « d'un seul sang que Dieu a fait «naître tout le genre humain. » Et, si l'Evangile était mieux et plus généralement compris, il n'y aurait d'autre lien parmi les hommes que celui de la fraternité chrétienne.

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