M. TORNE
Après avoir parlé de Nostradaraus. je ne puis me dispenser d'entretenir meslecteurs de M. Torné. Car qui dit Nostradamus dit Torné, et qui dit Torné dit Nostradamus. Ce sont deux têtes dans un même bonnet... d'astrologue .
M. Torné attaque les 'Prophéties modernes dans son almanach de 1873. Je doislui répondre, puisque je suis en train de les venger. Je n'avais point eu tout d'abord l'intention de répliquer j je ne le jugeais pas utile : l'attaque avait été vraiment trop faible. Mais puisque, sur les instances de mes amis, je publie ce nouvel opuscule, il devient nécessaire que je riposte à M. Torné, car si je gardais le silence, il ne manquerait pas de proclamer plus fort que jamais : a Nostradamus est prophète, et « Torné son interprète f  nous deux, nous avons battu « les Prophéties modernes^ et sur toute la ligne on nous « reconnaît vainqueurs ! »
— Imprudent ! que vais-je faire encose ! Sur quel terrain brûlant jem'aventure I.. M'exposer une fois de
plus à scandaliser mon prochain... derechef manquer à la charité envers M. Torné !
Il faut avouer que je suis bien endurci. Je ne me sens pas la plus petite contrition du passé , et pas le moinsdu monde le fermepropos de ne plus recommencer à l'avenir. Tout au contraire, je n'ai qu'un regret, c'est de n'avoir pas frappé plus fort.
Que Jes âmes timorées se rassurent néanmoins sur l'état de ma conscience. J'ai pour M. Tof'ne\ prêtre^ la charité qu'il est commandé d'avoir entre chrétiens et Français pour un homme qu'on ne connaît point et qu'on n'a jamais vu. J'ai eu outre la charité plus spéciale qui doit nous unir entre prêtres et qui nous donne parfois le devoir de la correction- fraternelle. J'honore grandement Je sacerdoce de M. Torné à l'égal du mien. Quoiqu'indigne, je l'ai reçu, comme lui, de la sainte Église ddJésus-Christ. Je reconnais et j'ai loué les dons naturels de l'intelligence dont l'a gratifié le ciel. 11 a trouvé mes éloges pesants. Comme il voudra : il est bien possible que l'indulgence y pèse plus que la vérité. Mais, pour M. Tornélivre^ je déclare que je n'ai ni vénération, ni estime, ni charité. Il n'existe, que je sache, aucune loi d\vine ou humaine, aucune règle de perfection ou de sanctification qui m'obligent ou me conseille d'avoir de la charité pour les livres et en particulier pour ceux de M. Torné. Il n'est dû aux livres que vérité et justice.
Dût s'offenser encore la fausse délicatesse de certaines gens dont la charité, par trop libérale , a des salutations et des tendresses pour le faux et pour le vrai, pour le laid et le beau, pour le mauvais comme pour le bon, je me proposefermement de dire, selon l'occurrence, tout
le mal possible des écrits de M. Torné sur son prophète, parce que je les trouve absurdes, ridicules et dangereux.. A rinstant, je mets ma résolution en pratique. Ne m'occupant que des livres et tenant soigneusement la personne à l'écart, je veux vojus montrer une fois de plus ce que valentses écrits, en ces deux paragraphes: l^M. Torné et les prophéties modernes; 2» M. Tornéet les quatrains de Nostradamus.