‹ Les Propriétés Antiseptiques des Composés Argentiques en Général et de L'Argentothiglycéérine Sulfonate de Sodium Cryptargol en ParticulierChapitre 12 sur 64 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

LES PREPARATIONS COLLOIDALES DE L'ARGENT

ELiEFAr COELOIDAT.

La connaissance des colloïdes date des expériences de GRAHAM, en 1862, qui, étudiant la diffusibilité des corps en solution, distingua ceux qui dialysaient à travers les membranes animales et donnaient des solutions transparentes, de ceux qui tels que l’albumine, la dextrine, le glycogène, la gomme, la gélatine, ne dialysaient pas et donnaient des solutions colorées. Dans une autre série d'expériences il constata que sur la gélatine les premiers diffusaient rapidement alors que les seconds ne diffusaient pas et les classa ainsi en cristalloïdes et en colloïdes.

Cette conception fit place à celle d'un état colloïdal : lorsque l’on connut la possibilité d'obtenir des solutions colloïdales avec les métaux colloïdaux et avec des corps cristallins insolubles : silice, alumine, hydrate de fer.

S'agit-il de vraies solutions ? GRAHAM avait déjà supposé que ces corps non dialysables ne sé dissolvaient pas,

me

mais étaient plutôt maintenus en suspension dans l’eau sous forme de fines particules.

Cette hypothèse fut confirmée par la constatation du double phénomène que présentent ces pseudo-solutions : elles sont illuminées par le passage d’un rayon lumineux au travers du liquide et polarisent la lumière dans un plan perpendiculaire au rayon lumineux.

Le dispositif de l’ultra-microscope permit de distinguer les particules sous forme de points lumineux et scintillants sur le fond noir de la préparation.

Cette constitution particulaire explique les propriétés de ces pseudo-solutions ; elles sont opalescentes, ne modifient ni le point de congélation ni le point d’ébullition de l'eau. Une solution colloïdale constitue un système formé de deux éléments, le milieu liquide, les particules solides où granules. Ces granules extrêmement petits mesurent de 10 à 100 millionièmes de millimètre et sont constitués par un amas de molécules de la substance insoluble. Ils sont d'inégale grandeur dans la même préparation et vus à l’ultra-microscope apparaissent doués de mouvement brownien, mouvement irrégulier qui les jette les uns sur les autres.

Ils sont le siège de phénomènes électriques qui conditionnent leur équilibre et les empêche de se réunir les uns aux autres. Chaque granule est entouré d’une couche périgranulaire constituée par une substance qui adhère par adsorption à la substance insoluble du colloïde, l'ensemble constitue une micelle. Le liquide dans lequel les micelles se trouvent en suspension renferme une certaine quantité de cette substance qui constitue la couche périgranulaire et celle-ci s'y trouve dissoute. Si

se

la teneur du liquide en cette substance soluble s'élève ou diminue trop, la couche périgranulaire varie également et les granules se réunissent, c'est là le phénomène de la floculation.

Le granule et sa couche périgranulaire sont chargés d'électricité de signe contraire, la micelle qu’il constitue “prend le signe de la plus grande charge électrique, on a donc des micelles positives ou des micelles négatives, mais la couche périgranulaire des micelles est toujours de même signe, c’est pour cette raison qu’elles restent séparées, leurs enveloppes étant chargées d'électricité de même nature.

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