CONCLUSIONS
I. — Malgré leur pouvoir antiseptique élevé, les sels minéraux et les sels organiques de l'argent ne peuvent être utilisés, en thérapeutique, d'une façon suffisamment large, parce que, à des degrés différents, ils sont irritants et altèrent les tissus de l'organisme.
Ces inconvénients sont dus à leurs réactions sur les chlorures et les matières albuminoïdes.
II. — Les préparations colloïdales de l’argent et les combinaisons de ce métal avec des substances protéiques ne présentent pas ces réactions ; aussi ne sont-elles ni toxiques, ni caustiques, mais leurs propriétés antiseptiques sont relativement faibles.
III. — L'argentothioglycérine sulfonate de sodium (Cryptargol) est un nouveau composé argentique dans lequel les réactions de l'argent sont dissimulées : il ne précipite pas les chlorures et les albumines, à froid ; ses solutions se conservent à la lumière, ne tachent ni les téguments ni le linge, ne possèdent pas d'action caustique.
IV. — Ce composé, qui contient 35 % d'argent, jouit de propriétés bactéricides élevées, qui s’exercent dans les milieux de culture lorsqu'il y est introduit dans une proportion de 1/3.000° où 1/10.000°, selon l'espèce microbienne.
Sa toxicité par voie gastrique est excessivement faible ; il n’est pas toléré en injections sous-cutanées.
V.— Par ses propriétés bactéricides et en raison de sa faible toxicité, l’'Argentothioglycérine sulfonate de sodium constitue un antiseptique intestinal d'une grande valeur, le plus efficace de tous ceux qui ont été utilisés jusqu'ici. C’est le médicament de choix dans les affections où l'agent infectieux reste localisé dans le tube digestif.
VI. — A l'extérieur, son emploi, en solution, est d’un intérêt moindre puisque les indications auxquelles il s'adresse peuvent être remplies par d’autres agents bactéricides ; il ne présente pas d’action spécifique propre et n’a comme avantage sur les autres antiseptiques que celui d’être parfaitement toléré. On peut l'utiliser à ce titre :
4° En urologie, dans les diverses affections de la vessie, lorsque le nitrate d’argent n'est pas supporté ;
2° En vénérologie, dans le traitement de la blennorrhagie ;
3° En chirurgie, pour la désinfection des plaies ;
4° En ophtalmologie, pour la prophylaxie de l’ophtalmie purulente du nouveau-né et le traitement des divers états infectieux de l’œil et de ses annexes. |
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LE DOYEN, LE PRÉSIDENT DE LA THÈSE, Jean LÉPINE. WEILL..
Vu et permis d'imprimer :
Lyon, le 11 Janvier 1924.