‹ Les provençalismes, corrigés, ou, Corrections raisonnées des fautes de langage et de prononciationChapitre 73 sur 73 · RESTERA PETIT · texte numérisé non relu

RESTERA PETIT

Diles : Cet emfast ne DEVIENDRA pas

Venir no signifie jamais aulre choso que so iransporler [ d'un lieu dans un autre oii «st celui qui parle.

Poun peucer cette cr.oisos il vous faut un VlIiKDItEj QUIN. UiltiS ; Un VILEIÏREOUIN.

Virebrequin n'esL pas français.

Il SB CONDUIT BIEN VIS-A-VIS DE ; FIER VIS-A-VIS DE SES ÊCAUX. IL s'esT ÎIAL COMPORTÉ VIS- A-VIS DE HOi. Dites : Il se co^DU[T bien ENVEHS ses supérieurs, ou A L'tCARD DE ses supérieurs. Il est fier AVEC

SES ÉGAUX OU ENVERS ses égaux. Il, s'est mal COBPOItTÉ

ENVERS MOI ou A MON ÉGARD.

Vis-à-vis, dans ce sens, n'esL pas franc-ais. Les nuleura du siècle de Louis XIV, dit Voltaire, ne se sont jamais servis de ce terme que pour mBci|uer une position de Heu ; Ma maison est vis-à-vis de l'église. J'étais placé vis-à-vis iFun lel.

J'ai tiré a un VOL de piceons, et nu pheuieh coup j'eh

Al TUÉ TROIS. Dites : J'AI TIRÉ A IINE VOLÉE DE PIGEONS, ftlC.

Un vol de fngeon c'eut l'étendue du vol qn'nn pigeon Riil ordinairement en une fois, et non une bande de pigeons qui volent ensemble.

Cet enfast est trop VOLONTELIX, os n'es feka jamais R1EW. Dites: Cet enfant est Taop VOLONTAIRE, on s'en FERA, el£.

La langue Trançaisc n'a qu'un seul mut pour exprimer l'une ot l'autre des deux idées différentes qu'on énonce en provençal par ocs deux mots : vnuloantous et vottlounlari.

On le disait hors de la maison et il Y était dedans. On

LE croyait sur SON LIT ET IL Y ÉTAIT DESSOUS. C'ÉTAIT SOUS LA TABLE ET IL Y EST DESSUS MAINTENANT. IL ALLUMA SON FEU

ET IL S'Y ASSIT DEVANT. Dilcs, sans le pronom y : Il était DEDANS, IL était DESSOUS, il . est DESSUS, il s'assit DEVAiNT.

Ce pronom y se supprime toujours quand le verbe est suivi d'un des quatre adverbes dedans^ dessous, dessus et devant.

Il n'y voit pas plus loin que de son nbz. Dites : Il NE

VOIT PAS plus loin QUE SON NEZ, QUE LE BOUT DE SON NEZ.

Wy est encore ici abusif et la préposition de qui suit la conjonction que un véritable solescisme (3). Cette conjonction, corrélative de l'adverbe plus qui précède, lie à cet adverbe une phrase complétive qui a pour sujet ces mots son nez, le bout de son nez : // ne voit pas plus loin que son nez^ que le bout de son nez signifie il ne voit pas plus loin que son nez est loin, que le bout de son nez est loin.

lecueil des Notes indiquées par des numéros dans le corps de L'ouvrage.

BiE 1. — Nous nommons provençalisme loule expression

l.fl'aflc.aisc, imitËe ou cmpnin Lue du provençal, comme on

Ble latinisme, anglicisme, etc., les façons de parler cm-

tées du lalin, de l'anglais, cLi:., ou particulières à ces

9TB 2. — On appelle iironomiml louL verbe qui a pour le ses complcmeots un pronom de la même personne que : Je me /latte. Ta te fâches. Il »e promène,

. — Le solécisme esl une faule contre la syntaxe je langue. On l'appelle ainsi du nom de Soles, ville de " ), où le grec P.ommenea à se corrompre,

WE 4. — Tout mot qui s'ajoute à un substantif, sans I verbe, élant nécessairement un adjectif, nous désignons g l'expression gânéritpie d'adjectif délerminatif tous ceux ïexprimenl aucune qualité proprement dite, comme mon, :, fout, voire, un, datx, etc.

JlE 5. — Traitsilif(da lutia transire, passer au-delà),

■t de tout verbe exprimant une aclion qui fiasse d'un

)t qui !'a fait à un autre qui la soufl're, qui la reçoit : Battre,

■e sont transitifs, parrc que l'aclion de prendre, de

battre ne saurait avoir lieu sans passer de l'objet prenant à l'objet pris, de Tobjet battant à Tobjet battu.

Danser, courir, au contraire, sont intransitifs, parce que Faction de danser, de courir ne sort pas de celui qui la fait.

Les verbes transitifs sont ceux que Ton nomme ordinairement verbes actifs, et les intransitifs ceux que Ton appelle neutres.

Note 6. — On nomme ellipse, du grec elleipsis, manquement, la suppression d'un ou de plusieurs mots qui seraient nécessaires pour la construction grammaticale de la phrase.

Note 7. — Le barbarisme est une expressioruentièrement étrangère à la langue oii l'ignorance l'emploie, et que Ton considère indépendamment de celle à laquelle elle peut appartenir ; car si on remploie avec intention c'est un néologisme, et si elle appartient réellement à quelque langue et qu'on y ait égard, c'est un latinisme, un provençalisme, etc. Barbare, chez les Grecs et les Latins, était synonyme d'étranger; ils appelaient barbare tout ce qui n'appartenait point à leur nation.

Note 8. — Ne croyant point devoir confondre le nom des lettres avec leur son, nous conservons à chacune son ancienne dénomination Ainsi nous disons que la lettre c s'appelle ce et se prononce fe, excepté devant Ve et l't où elle prend le son de 1'*.

Note 9. — Hiatus est un mot latin qui signifie bâillement. Il se dit du son désagréable, de l'espèce de bâillement qui résulte de la rencontre do deux voyelles dont l'une finit un mot et Ta litre commence le mot suivant : Il va en voiture.

Note 10. — On appelle voyelle nasale, une voyelle dont le son est modifié par le nez et que nous exprimons par une

Il uno n précédeu d'une ou de deux vovolles simples : i, etc.

)TE 11. — Poisif, du latin passas, signilio qui souffre, '

recotl une acLion. Un verbe est employé dnns un sens j ^F quand son sujet soulTre, reçoit l'action : Pierre at \ '<( (Pierre BuulTre', reçoit l'aclion de punir). fSfléehi, du lalin reflexus, recourbé, signiile qui est replié,

ïoyé sur l'objet, vers l'objet d'oti il vient. Un verbe est

îloyé dans un sens réfléchi, lorsque son sujet fait et reçoit : Pierre se punit lui-mêtne, quand il se reconnait en '

Is (l'action sort do Pierre el revient sur Pierra).

teiproquf;, du lalin Veoiprocits, signilio renvoyé, qui est Broyé, qui Cat rendu égalemont. Ud verbe est employé

p en sens réciproque lorsque son sujet exprime plusieurs Hlsquironlia mémeaclion l'un à l'égard de l'autre : Pierre le rendent réciproqaemenl de bom offices (c'est-à-dire Bt>ierre rend de bons odices k Paul, et qu'à son loup Paul

pi de bons offices à Pierre).

»TE 12. — Lorsque l'y rencontre un » muet, il se change : J'ayer, je paierai, tu paieras, etc. Noyer, je noie, tu I, etc.

— Pléonasme, du groc pléonaz^, j'abonde, aiguille (ondanco de mois. Cette surabondance est viciuuse lorse n'esl point autorisée par l'usage ; elle est nécessaire l'usage l'exige ; elle est utile lorsqu'elle ajoute à Bssion : Hoi, ^ut suis le plus maltraité, je ne dis rien Sonasnœ nécessaire). Je t'ai va de mes propres yeux B propres yeux pléonasme utile, il ajoute de la force à kpreftsion).

g 14. ■"- On appelle périphrase, du grec péri autour, trfhrafà Je parle, une manière de parler par laquelle,

tournant pour ainsi dire autour de l'objet que Ton veut exprimer, on ne le nomme point, on le définit, on l'indique par ses caractères. Les périphrases ne doivent avoir lieu que quand on a quelque raison de ne point nommer les choses dont on veut parler.

Note 15. — On nomme acception, du latin accipere recevoir, les différents sens dans lesquels un mot est reçu. La première acception du mot bouillon, par exemple, est d'indiquer les petites boules qui se forment sur l'eau lorsqu'elle bout, et la seconde d'indiquer une eau dans laquelle on a fait bouillir de la viande.

Note 16. — Inversion signifie renversement , du latin invertere renverser, intervertir. Il y a inversion dans une phrase toutes les fois que les mots n'y sont point placés dans leur ordre logique, dans l'ordre que prescrit leur fonction, c'est-à-dire toutes les fois que le sujet est après le veibe ou que le complément d'un mot quelconque se trouve placé avant ce mot.

Note 17. — On nomme impersonnel ou unipersonnel, c'està-dire à une personne, les verbes qui n'ont que la troisième personne du singulier,-et qui, par le sens, ne sont proprement à aucune personne, le sujet de ces verbes, qui est toujours il, ne rappelant jamais aucun objet particulier : Il pleut, il neige, etc. Quand on dit tant s* en faut, peu s'en faut, le verbe falloir n'est plus impersonnel ; tant et peu, sujet de ce verbe, exi)riment réellement une troisième personne.

Note 18. — On nomme régime , du latin regimen gouvernement , un mot qui est gouverné, régi, exigé par un autre : Aimons Dieu, Dieu est ici régime (ï aimons parce qu'il est ici le mot exigé par ce verbe ; on ne saurait aimer sans aimer quelqu'un, quelque chose. Les mots ainsi considérés sont aussi appelés compléments, mais il y a des cir-

constances où les mots régime et complément ne nous paraissent pas devoir être considérés comme synonymes. Le mot complément a bien plus d'extension. Il convient à tout mot et à toute réunion de mots qui complètent plus ou moins ridée exprimée par un autre mot, soit que celui-ci Texige ou non. Ainsi dans cet exemple : Voyons toujours dans un malheureux un frère à secourir, le verbe voijons a trois .compléments : toujours , dans un malheureux , un frère à secourir ; tandis qu'il n'a que deux régimes : dans un malheureux, un frère à secourir. Ce sont les seuls compléments régis par le verbe avoir.

Note 19. — On nomme dérivés, du latin derivare faire venir, les mots qui proviennent d'un autre ; comme auxerrois d'Auxerre, lyonnais de Lyon, soixantaine de soixante, etc.

Note 20. — On appelle métaphore, du grec métaphoreô je transporte, une figure par laquelle on transporte un mot de son sens propre à un autre sens qui ne lui convient qu'en vertu d'une comparaison qui est dans l'esprit, mais qu'on . n'énonce pas. En changeant de signification le mot ainsi employé ne change pas de nature ; il doit conserver celle qu'il a au sens propre, c'est-à-dire être employé comme substantif, adjectif ou verbe , selon que sa signification propre le range dans une de ces trois espèces de mots.

Note 21. — Abusif, abusive signifie contraire au bon usage, à l'usage reçu.

Note 22. — Du est pour de le et des pour de les^ comme au pour à les. Cette réunion de deux syllabes en une seule se nomme contraction, du latin contractio resserrement) rétrécissement.

Note 23. — Nous nommons complément direct tout, complément qui répond à la question qui ou quoi faite immédia-

tement après un verbe, que ce verbe soit transitif (5) ou non. Dans l'un et Tautre cas ce complément est toujours un substantif qui complète directement l'idée exprimée par le verbe : Tu vois un ours, Cest un ours. Il devient un ours.

Note 24. — On appelle antécédent d'une préposition, du latin antecedêns marchant devant, le mot auquel une préposition se rapporte, parce qu'il est ordinairement avant elle.

Note 25. — Dans les verbes pronominaux, qui tous forment leurs temps composés au moyen du verbe être, celui-ci y est évidemment pour le verbe avoir. Voila pourquoi nous Ty substituons dans l'analyse. Nous avons par ce moyen la cause du complément direct.

Note 26. — Lexicographe, qui signifie auteur d'un lexique, d'un dictionnaire, est formé des deux mots grecs l&xicôn dictionnaire, et graphe j'écris.

Note 27. — Euphonie, du grec eu bien et phoné son, 'prononciation facile, agréable; d'oii l'adjectif eupAanîçw c'est-a-dire produisant l'euphonie, rendant la prononciation plus facile, plus agréable.

Note 28. — Syncope, du grec sugcopé retranchement, se dit, en terme de grammaire, du retranchement dans un mot d'une lettre ou d'une syllabe, comme dénûment pour dénue^ ment, gaité pour gaieté.

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