De droit divin, sur quoi vous n'êtes pas
DOUZIËlfE LETTRE 07
sans parler de droit positifs ni de présomption de tri* bunal extérieur \ si un bénéficier sera simoniaque, selon vos auteurs , en donnant un bénéfice de quatre mille livres de rente , et recevant dix mille francs argent comptant, non pas comme prix du bénéfice, mais comme un motif qui le porte à le donner. Répondez-moi nettement, mes Pères : que faut-il conclure sur ce cas, selon vos auteurs ? Tannerus ne dira-t-il pas, formellement , Que ce n'est point simonie en conscience, puisque le temporel n^est pas le prix du bénéfice, mais seulement le motif qui le fait donner ? Yalentia , vos thèses de Gaen , Sanchez et Escobar ne décideront-ils pas de même que ce n'est pas simonie, par la même raison? En faut-il davantage pour excuser ce bénéficier de simonie ? et oserez-vous le traiter autrement * dans vos confessionnaux , quelque sentiment que vous en ayez par vous-mêmes , puisqu'il aurait droit de vous !y obliger ', ayant agi selon l'avis de tant de docteurs graves ? Confessez donc qu'un tel bénéficier est excusé de simonie, selon vous ; et défendez maintenant cette doctrine , si vous le pouvez.
Voilà, mes Pères, comment il faut traiter les questions pour les démêler, au lieu de les embrouiller, ou par des termes d'école, ou en changeant l'état de la question, comme vous faites dans votre dernier reproche en cette sorte. Tannerus, dites-vous, déclare au moins qu'un tel échange est un grand péché; et vous me reprochez d'avoir supprimé malicieusement cette circonstance qui le justifie enlisement, à ce que vous prétendez. Mais vous avez tort, et en plusieurs manières. Car, quand
1. Cette leçon n'est-elle pas une faute; et ne faut-il pas lire : ni de présomption externe, ni de tribunal extérieur?