‹ Les provinciales de PascalChapitre 40 sur 124 · SUR LA TREIZIÈME PROVINCIALE · texte numérisé non relu

SUR LA TREIZIÈME PROVINCIALE

P. 83. — Jusqu'à la vingtième. — Il faut entendre jusqu'à la [vingtième exclusivement : la première partie se compose de i9 Impostures.

— Une nouvelle manière de vous défendre. — La seconde partie procède toujours par Impoâtures, et en contient dix, de 20 à 29. Elle ne diffère pas réellement de la première , malgré la distinction dont parle Pascal et qu'indique un préambule, p. 145.

P. 84. — Que fai faussement attribués à Lessius. — Dans la septième Lettre.

— Peut poursuivre à l'heure même son ennemi. — Le texte est plus fort : € peut frapper à son tour à l'heure même son ennemi, » posse statim repercutere.

— Est du casuiste Victoria. — François, dominicain, né à Vitoria, en Navarre, mort à Salamanque, en 4549.

— Car il n'y a point de répugnance. — Voir les Remarques sur la première Lettre, tome i, page i7.

— Et lui donner autant de coups. — Dans le texte : , « de coups ou de blessures, »verberumvel vulnerum.

P. 86. — A votre doctrine des équivoques. — Voir la neuvième Lettre, tome 1, page 205.

P. 87. — Est probable dans la spéculation. — On lit, en effet, au I)® 80 (où il s'agit de tuer pour un soufflet) : Ob has rationes haec sententia est spéculative probabilis.

P. 88. — Ou que cela ne causât trop de meurtres. — Le texte ajoute : « De sorte que celui qui tuerait en pareil cas serait puni au for extérieur. » On s'étonne que Pascal n'ait pas traduit ces paroles, qui rappellent

si bien celles de Filiutius citées Lettre 7, tome i^ page ^54.

P. 88. — Pratiquer en son endroit la doctrine de Lessius. — On a mis depuis : « pratiquer envers lui. » On a appliqué ainsi cette déclaration de Vaugelas : « En mon endroitj à l'endroit d^un tel. Ces façons de parler, par exemple , Je ne serai jamais ingrat en votre endroit, en son endroit, ou, il faut être charitable à Vendroit des pauvres, ne sont plus du beau langage, comme elles Tétaient du temps de M. Coôffeteau. On dit toujours, envers. » Bemarques sur la langue françoise (4647), édition Chassang, t. i, p. 434. Coëffeteau, prédicateur et écrivain célèbre, né en i574, était mort en i623.

P. 89. — A sauver la vie à un Jésuite. — Les étrangers, pour qui Nicole écrivait sa traduction latine, n'étant pas au courant de l'aventure du soufflet de Gompiègne, il a cru à propos d'insérer ici dans le texte môme de Pascal des éclaircissements. Il y marque que le soufflet fut donné coqnorum regiorum praefecto, nomine Guillio, parce qu'ayant été chargé par la Cour à Compiègue de préparer un festin pour la reine Christine de Suède , qui venait d'arriver en France, il s'était emparé pour cela d'une salle du collège des jésuites, et le P. Borin l'ayant trouvé mauvais, le débat avait abouti à un soufflet donné par le Père. Dans la Response à la treizième Provinciale, le P. Nouet nie ce soufflet, mais Pascal a répondu à la fin de la quatorzième Lettre. La mauvaise htimeur du P. Borin pouvait bien venir de l'attitude que la reine Christine avait prise à l'égard des jésuites. On lit dans VHistoire ecclésiastique manuscrite de Hermant '(liv. XV, chap. xiv, p. 463) : « Elle se confessa à M. révoque d'Amiens, ayant dit à l'oreille à M. l'abbé Le Camus qu'elle ne se souciait pas à qui, pourvu que ce ne fût point à un jésuite. » Cela se passait avant le meurtre de Monaldeschi.

Guille, avant d*ôtre « officier du roi », avait été traiteur; il était le traiteur des jansénistes, et le P. Rapin prétend que ces messieurs faisaient chez lui des dîners très fins {MémoireSy t. i , p. 404). Le curé dont il est question dans les dernières lignes de ce passage est le fameux Du Hamel, curé de Saint* Merry, dont Guille était le paroissien, et qui était un des principaux personnages du jansénisme. Les Mé~ moires du P. Rapin sont pleins de lui. Le P. Nouêt) dans la Besponse à la treizième Provinciale ^ s'exprime ainsi sur son compte : a Ce curé que vous n'avez fait entrer dans votre Lettre que parce qu'il n'aime pas trop les jésuites , et qu'on n'a fait sortir dé]Paris que parce qu'il aime encore moins la religion. » La vérité est qu'il avait été exilé pour un prône qu'il avait fait contre la cour à propos de l'évasion du cardinal de Retz en i654 {Mémoires du P. Rapin^ t. 2, p. 283). Il ne fut rappelé de cet exil qu'en 1664. — 11 est déjà question du curé Du Hamel dans la ti\)isième Enluminure^ où une femme du peuple, sa paroissienne, fait son éloge dans la boutique même où se vendait l'almanach des jésuites, en réponse à une autre femme qui le maltraite comme

Séniste à double carillon ;

Séniste, c'est-à-dire janséniste.

Pour la phrase : « Et s'il eût appris d'Escobar », etc., voir la septième Lettre, t. i, page 450.

— Dans la Pratique de l'homicide, etc. — Ce n'est pas là le titre d'un livre, mais d'un chapitre, Ite troisième de VExamen 7 du premier traité : le passage est au n« 48.

— // est permis lorsqu'on a reçu, — Le texte dit : « Il est permis à un homme noble et honorable. »

— C'est ce qvCont enseigné vos Pères à t]aen, — Voir les Remarques sur la Lettre 7, t. 4^ page 164.

P. 90. — Sans réserve et sans distinction. — Si on compare ici la leçon primitive à la variante , on reconnaîtra

que la première est la meilleure; car les mots sans réserve et san^ distinction sont les mots essentiels et qu'il faut faire ressortir, par opposition à la distinction qui vient ensuite, de la spéculation et de la pratique .

P. 90. — Vous avez partagé vos décisions, — Cette leçon valait mieux que ce qu'on y a substitué.

P. 91. — Filiutius.,, Reginaldus,., et les autres, — 11 môle en une phrase divers passages dont la pensée est bien celle qu'il exprime, mais qu'il ne traduit pas littéralement. Voir Lettre 7, tome 4, page 453.

P. 92. — De sa grande Théologie morale. — Voir Lettre i2 ci-dessus, page 16.

P. 93. — Si elles paraissaient tout d'un coup. — On a substitué depuis tout à coup , et on a eu tort. Tout d'un coup vaut mieux pour dire en un seul coup et non subitement.

P. 94. — Que votre Père Des Bois,— Ce Père n'est pas dans la Bibliothèque des écrivains de la Compagnie de Jésus.

— Celte doctnne censurée du PèreUAmy. Voir Lettre 7, tome 1, page 156.

Nicole a fait sur la Lettre 13 une note unique de sept pages, qui contient toute l'histoire de la proposition du P. L'Amy, et de l'incroyable obstination avec laquelle les jésuites la soutinrent malgré des condamnations multipliées. Cette proposition parut d'abord en 1640 à Douai, c'est-à-dire dans un pays espagnol.

— L'affaire en est à VO/ficialité, — Je ne puis dire ce que cette affaire est deveAue.

P. 95., — Je n'en veux pas davantage que cet aveu, — Aujourd'hui, « davantage s'emploie toujours absolument », c'est-à-dire sans que. Dictionnaire de l'Académie,

— Quoiqu'il ne soit pas certain, — C'est-à-dire , quoique cela ne soit pas certain. Il est ici neutre à la manière latine, comme dans il est vrai.

lOtt LETTRES PROVINCIALES

P. 96. — En ne regardant que la loi de Dieu, — Si on compare cette leçon à la variante, on verra encore que la première vaut mieux. Car il est clair qu'ils ne par- ' tant pas de la loi de Dieu pour établir cette proposition, qu'on a droit de tuer. Ils avancent d'abord la proposition elle-même , puis ils la restreignent et essayent de la faire passer, en ajoutant qu'ils ne disent cela que par rapport à la loi de Dieu.

— Là'dessuSy page 29, — Dans le recueil dçs Respanses aux Lettres Provinciales, cet endroit se trouve à la page 167, à la fin de la quinzième Imposture.

— Et non pas le juge des juges, — On a supprimé ces mots, peut-être de peur d'avoir l'air de faire la leçon aux juges. Nicole les a conservés dans sa traduction.

P. 97. — Qu'est-ce faire autre chose, — Phrase irrégulière , corrigée dans la variante. Mais, en faisant cette correction, il aurait fallu écrire est innocent, car le subjonctif ne s'explique plus.

P. 98. — Ce que voius avez dit page ii, — Page 107 du recueil des Besponses, dans la quatriftne Imposture.

— De Va^quez et de Suarez que vous m'opposez, — Voir page 406 du recueil des Respoases, quatrième Imposture, et pages 163, 164 05% 16%17«, 18» Impostures).

P. 100. — Je vous en parlerai peut-être, — Pascal, en effet, pensait à traiter ce sujet, comme le prouvent des fragments publiés par M. Faugère, d'après le cahier autographe d'où on a tiré les Pensées, On les trouvera à la fin du volume.

P. 101. — Qu'au dernier jour Vasquez condamnera Lessius, — M. l'abbé Maynard , dans son édition des Provinciales, se contente de jeter ici au bas de la page cette petite notç ironique : Horresco referens! (Je frémis d'horreur en le racontant. Enéide, II, 704.) On ne s'émeut guère en effet aujourd'hui à l'idée du jugement dernier et de ces casuistes qui y compa-

raissent. Notre imagination va tout au plus à nous les représenter se jetant leurs in-folio à la tête, comme dans la bataille du Lutrin ; mais ces assises divines pouvaient être prises plus au sérieux du temps de Pascal.

P. 101. — Vas duplici corde. — Ecclésiastique, ii, 14. Voici exactement le texte de la Vulgate : Vœ duplici cwde et labiis scekstis, et manibus malefacientibus et peccatori terram ingredienti duabus viis.

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