‹ Les provinciales de PascalChapitre 6 sur 124 · En la seconde partie de l'Abbé de Boisic, p · texte numérisé non relu

En la seconde partie de l'Abbé de Boisic, p

damnation étemelle. Car cette opinion nest ni fort ancienne, ni fort commune : nec valde antiqua, nec multum communis. Sanchez ne trouvait pas non plus qu'elle fût si assurée, puisqu'il dit en sa Somme, 1. 1, c. 9, n. 34, Que le malade et son confesseur qui se contenteraient à la mort de Vattrïtion avec le sacj'cment pécheraient mortellement, à cause du grand péril de damnation où le pénitent s'exposerait, si l'opinion qui assure que Vattrition suffit avec le sacrement ne se trouvait pas véritable; niComitolus aussi, quand il dit, Resp. mor., 1. 1, q. 32, n. 7, 8, Qu'il n'est pas trop sûr que Vattrition suffise avec le sacrement. Le bon Père m'arrêta là-dessus. — Eh quoi! dit-il, vous lisez donc nos auteurs? Vous faites bien; mais vous feriez encore mieux de ne les lire qu'avec quelqu'un de nous. Ne voyez-vous pas que, pour les avoir lus tout seul, vous en avez conclu que ces passages font tort à ceux qui soutiennent maintenant notre doctrine de Tattrition? au lieu qu'on vous aurait montré qu'il n'y a rien qui les relève davantage. Car quelle gloire est-ce à nos Pères d'aujourd'hui d'avoir en moins de rien répandu si généralement leur opinion partout, que, hors les théologiens, il n'y a presque personne qui ne s'imagine que ce que nous tenons maintenant de l'attrition n'ait été de tout temps l'unique créance des fidèles ! Et ainsi, quand vous montrez , par nos Pères mêmes , qu'il y a peu d'années que cette opinion n'était pas certaine, que faites-vous autre chose, sinon donner à nos derniers tout l'honneur de cet établissement?

Aussi Diana, notre ami intime, a cru nous faire plaisir de marquer par quels degrés on y est arrivé. C'est ce qu'il fait, p. 5, tr. 13, où il dit. Qu'autrefois les anciens scolastiques soutenaient que la contrition était nécessaire aussitôt qu'on avait fait un péché mortel ;

que depuis on a cru qu'on n^y était obligé que les jours de fête, et ensuite, que quand quelque grande calamité menaçait tout le peuple ; que, selon d'autres, on était obligé à ne la pas différer longtemps quand on appro^ che de la mort; mais que nos Pères Hurtado et Vasquez ont réfuté excellemment toutes ces opinions-là, et éta' bli qu'on n^y était obligé que quand on ne pouvait être absous par une autre voie, ou à l'article de la mort. Mais, pour continuer le merveilleux progrès de cette doctrine, j'ajouterai que nos Pères Fagundez, praec. 2, t. 2, c. 4, n. 13; Granados, in 3 part., contr. 7, tr. 3, d. 3, sec. 4, n. 17; et Escobar, tr. 7, ex. 4. n. 88, dans la Pratique selon notre Société, ont décidé que la contrition n'est pas nécessaire même à la mort, parce, disent-ils^ que si l'attrition avec le sacrement ne suffi-sait pas à la mort, il s'ensuivrait que l'attrition ne serait pas suffisante avec le sacrement. Et notre savant Hurtado, de Sacr,, d. 6, cité par Diana, part. 4, tr. 4, miscelL, r. 193, et par Escobar, tr. 7, ex. 4, n. 91, va encore plus loin ; car il dit * : Zc regret d'avoir péché, qu'on ne conçoit qu'à cause du seul mal temporel qui en arrive, comme d'avoir perdu la santé ou son argent, est-il suffisant ? Il faut distinguer. Si on ne pense pas que ce mal soit envoyé de la main de Dieu, ce regret ne suffit pas; mais si on croit que ce mal est envoyé de Dieu^ comme en effet tout mal, dit Diana, excepté le péché, vient de lui, ce regret est suffisant. C'est ce que dit Escobar en la Pratique de notre Société. Notre Père François L'Amy soutient aussi la même chose, t. 8 disp. 3, n. 13. — Vous me surprenez, mon Père; car je ne vois rien en toute cette attrition-là que de naturel; et ainsi un pécheur se pourrait rendre digne de Tabso-

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