‹ Les provinciales de PascalChapitre 96 sur 124 · SUR LA DIX-SEPTIÈME PROVINCIALE · texte numérisé non relu

SUR LA DIX-SEPTIÈME PROVINCIALE

P. 211. — Du 23 janvier 1657, — On verra plus loin que cette Lettre, quoique |datée du 23 janvier, n*a réellement paru que le d9 février.

— Tant d'écrits en peu de temps, — Voici ceux que je connais de ces écrits :

Response à la Lettre i5(par le P. Nouet), laquelle no parut, comme la dernière page en témoigne, qu'après la publication de la Lettre l6.

Response d'un théologien aux propositions extraites

des Lpttres des Jansénistes par quelques curez de Rouen^ présentée à messeigneurs les évesques de rassemblée du clergé. Cette réponse a été comprise dans le recueil des Responses aux Lettres Provinciales (p. 41 i ), et d'après la manière dont elle y est placée, elle paraît être aussi du P. Nouet. Sur cet incident, voir l'Introduction, page XVII.

Le Rabat-joie des Jansénistes ^ ou observations nécessaires sur ce qu'on dit être arnvé à Port-Royal, au sujet de la Sainte Épine, par un docteur de l'Église citholique. Ce livre est du P. Annat, quoiqu'il no l'ait pas signé. Voir mes Remarquessur la Lettre 46, page 206.

La Ronne Foy des Jansénistes dans la citation des autheurs, reconnue dans les Lettres que le secrétaire de Port-Royal a fait courir depuis Pasques, par le P. François Annat, de la Compagnie de Jésus, écrit de 50 pages in-4°, de décembre 4656. 11 se trouve dans un recueil de la bibliothèque de la Sorbonne. T. H. j' 1.

Response à la plainte des Jansénistes de ce qu'on les

appelle hérétiques, par le P. François Ânnat^de la Compagnie de Jésus, Elle se trouve dans le recueil des Responses aux Lettres Provinciales^ page 430.

Response à la seizième Lettre, (p. 463 du même recueil). Elle est aussi du P. Anuat.

P. 211. — Dans ce livre que vous venez de publier. — La Bonne Foy des Jansénistes,

P. 212. — Que je vous y vas répondre. — Que je vais vous répondre là-dessus.

— Quand m'a-t-on vu à Charenion. — Voir les Remarques, page 203.

— Quelle Constitution de pape. — Ce mot n'est pas très employé en général, mais il Test assez souvent en parlant de la constitution ou de la bulle Untgenitus de Clément XI, en 1713. Ici Pascal pense évidemment à la bulle d'Innocent X, contre lés cinq propositions. Un peu plus loin, il l'appelle simplement a la Constitution ».

P. 213. — Quand f ai dit par exemple dans la quatorzième. — Voir page 124.

P. 214. — On a lien délogé des gens de Sorbfmne, — On avait retranché de la Sorbonne une soixantaine de docteurs qui avaient refusé de souscrire à la censure prononcée contre Arnauld. Les docteurs logeaient donc dans les bâtiments de la célèbre école.

— Vous pouvez bien préparer des violences. — En les obligeant, sous peine de perdre leurs bénéfices ou leurs emplois, de signer un formulaire qui condamnait Jansénius. Voir les Mémoires du F. Rapin^ L 2, page 463.

— Et vous me parlez de la mort du Père Mester. — Le P. Mester ou Meyster était un prêtre flamand, d'une congrégation de missionnaires , dont la mort avait fait grand brait en I64«S.Le P. Rapin (Mémoires, t. I, p. 223) raconte qne « s'étant laissé gâter l'esprit par les maximes de la ntuvelle doctrine sur la prédestination > (c'est-à-dire par les idées jansémstei^Jy il

S38 LETTKES PROVINCIALES

se tua d'un coup de couteau, et mourut en proférant « des blasphèmes exécrables contre Jésus-Christ ».

P. 215. — Le livre de la sainte Virginité. — C'est un livre de saint Augustin, traduit par le P. Seguenot,mais à la traduction étaient jointes des notes qui furent attribuées à Saint-Gyran. Voir Sainte-Beuve, Port- Royal, livre II, b9 VI.

P. 217. — A Saint-Louis. — L'église des jésuites, aujourd'hui Saint- Paul-Saint-Louis, rue Saint- Antoine.

— A une de vos petites bergères, — On habillait sans doute les enfants en bergers et en bergères, pour représenter les bergers à qui un ange annonça la la naissance du Christ. Luc, II, 8.

— Qui en a été interdit. — Qui, pour cela, a été interdit. Voir Lettre 1 5, page 146.

— Quand vous commençâtes à les accuser » — Ces propo* sitions, formulées par le docteur Cornet, comme contenant l'essence du jansénisme, furent déférées par lui à la Sorbonne le 1" juillet 1649. Cette dénon^ dation n'aboutit pas alors ; mais deux ans après les propositions furent déférées au pape, et condamnées par une bulle d'innocent X, en 1653.

— Car M. de Sainte-Beuve . — Jacques de Sainte-Beuve j né en 1613, mort en 1677.

— Professeur du roi en Sorbonne, — Il affecte de lui donnerce titre, parce qu'on venait de le lui ôter cette année môme , à la suite de la condamnation d'Arnauld en Sorbonne, pour avoir refusé de souscrire à cette condamnation. Mémoires du P. Rapin ^ t. 2j page 417.

^- Celui de la Grâce victorieuse. — Paris, 16oli — Ce livre , donné comme une œuvré anonyme et collective , se composait en • réalité des leçons laites sur la grâce par le docteur Sainte-BeuvOj dans sa chaire. Voir les Mémoires du P. Rapin, t. 1, page 93, et les Responses aux Lettres Provinciales, page 436.

•^ Ces paroles de saiht Prosper. -— In prxfatione respon-

DlX-SEPTIÈiME LETTRE . 239

sionis ad capitula objectionum Vincentianarum (Nicole).

P. 218. — Quils ont exprimé par leur écrit. — Le texte dit : « par leur dénonciation diabolique. » Le reste du passage a été fort abrégé dans Pascal.

— Dans votre Response à quelques demandes. — Cet écrit du P. Annat est antérieur à la fameuse seconde Lettre d'Arnauld, où il est cité.

P. 219. — Lit saint Grégoire ^ pape, — Regest, lib, V, Ép, /5 (Nicole). C'est-à-dire dans XeRegistrum ou recueil do ses Lettres.

— Purgare^ sed facere. — ^ Ép. 16.

— Dans vos Camlliy page 39, — Le titre complet est : Cavilli Jansenianorum contra latamin ipsosa Sede apostolica sententiam, etc. « Chicanes des Jansénistes contre la sentence portée sur eux par le Siège apos-

. tolique. » Cet écrit est de 1654. Il a été reproduit dans le recueil intitulé : Francisci Annati Soc, J, opuscuia theologica ad Gratiam spectantia, in très digesta tomos^ Paris, 1666, au tome 3.

P. 220. — Sans que vous l'ayez jamais pu faire. — Voir l'Introduction, page Lix.

P. 221. — Qui fut entre saint Basile et saint Athanase. — Voir Basile, Lettre 9, à Maxime, et Athanase, de Dio* nysiOy n®4.

P. 222. — Je vous en dis de même. — A quoi se rapporte cet en? C'est comme s'il disait : Je vous dis sur cela la môme chose ; je vous dis la même chose de la question qui est entre nous, et qui est la même question.

— 3'ai ces avis entre mes mains. — Nicole les a placés à la fin de sa traduction latine des Provinciales, page 571 de la première édition, 1658*

P. 223. — Et tout le monde s'est rendu à son jugement, —

Expression un peu cavalière, qui semble faire dé'

pendre l'autorité du jugement du pape de ce que

tout le monde s'y est rendu.

-r- Ne verbum quidem. — Ces mots ne sont pas dans

.LETiTRES PROVINCULES

le texte d'Ânnat tel que le donne Nicole. Voici ce texte, que Pascal a rendu d'ailleurs fidèlement quant à la pensée : Nam cum dicturi essent de quinque propositionibuSj effusa est in commendationem sancti Augustini et gratix 'perse ipsam efficacisoratio, de quibus nulla erat controversia, et post longa quatuor circa horarumfastidia, compertum est nondum cœpisse dicere de tribus capellis. Ces trois derniers mots sont une expression proverbiale, prise d'une épigramme de Martial, VI, 19.

P. 224. — Mais qui en cela n'est pas infaillible. — Il reconnaît donc qu'elle l'est en matière de foi ; mais il entend parler de l'autorité d'un concile général, et non de l'autorité du pape. Pour celle-ci , Pascal ne l'a jamais crue infaillible, quoiqu'il acceptât la condamnation des cinq propositions. Voir les Pensées, t. 2, page i22 de mon édition. De même ce qu'il accorde, qu'il peut y avoir témérité (voir la première Provinciale) à ne pas accepter la décision de l'Église sur un point de fait, ne se rapporte aussi qu'à la décision d'un concile général.

P. 226. — Et même à la tête d'un concile, — Bellarmin commence par dire « même dans l'Assemblée de ses conseillers i, et cum suo cœtu consiliariorum; mais Pascal a supprimé cette hypothèse, qui ne lui imposait pas. Bellarmin est un jésuite , tout dévoué à l'autorité pontificale. Nicole donne ce renvoi : De summo pontif.j lib. IV, cap. 11 et 2.

— Et le cardinal Baronius. — Adann. 681, n<* 39.

— M. V archevêque de Toulouse. — M. de Marca, auteur d'un livre intitulé : Concordia imperii et sacerdotii, 1641. La citation est sans doute prise de ce livre.

— Parce que, comme dit Tertullien. — Pascal, je crois, rend plutôt ici la pensée de Tertullien que son texte : Fides in régula posita est {Deprœscr., 14).

— Cest ainsi que le iv« et le v« concile. — Ceux de Chalcédoino (451) et de Constantinople (553). Ces

0IX-SE(*T1EHE LETTRE Ui

deax conciles parurent se contredire sur ce qu'on appelle les trois chapitres, c'est-à-dire trois écrits, de trois auteurs différents, Théodore de Mopsucstc, Ibas d'Edesse et Théodoret de CjTrha. Ces écrits avaient été tenus pour orthodoxes par le iv^ concile, tandis que trois chapitres furent condamnés par le V*, comme favorables à Thérésio de Nestorius, qui consistait à reconnaître deux personnes en Jésus- Christ; llÉglise n'en reconnaît qu'une {Catéchisme du diocèse, l^* partie, leçon viii).

P. 225. — Une proposition de certains moines de Scythie* — Cette proposition était celle-ci : « C'est une personne de la Trinité qui a été crucifiée. » Cela se passe en 520. Ce que Pascal appelle un bon sens est que le Fils a été crucifié comme homme, mais non comme Dieu.

P. 226. — Au jour du jugement. — Nicole ajoute qu'ils devaient être réconciliés t par le Christ », pei* Chrislwn liberandis.

— Que deviendrait votre Père Halloix? — Pierre Halloixjjésuite liégeois, né en 1 572, mort en 1 654 : Origines (sic) defensuSy sive Oriyinis Adamantii (sic) presby' teri, amaloris Jesu, vita , virtutes , documenta , etiam vcritalis super ejus vita, doctrina, statu f annexa disquisitio, 1648, in-fol. Le livre fut mis à V Index,

P. 227. — Pic de la Mirande et Genelrard, — On dit plus souvent « de la Mirandole ». Gilbert Gcncbrurd, , bénédictin, puis archevêque d'Aix, né en 1537, mort en 1597, adonné une édition d'Origénc.

— Les écrits de Théodoret contre saint Cyrille, — Ou plutôt l'écrit : c'est cet écrit qui constitue un dcB trois chapitres.

— Et cependant le Père Sirrnond, — JacquoH. Voir \cn Remarques, page 26. lia donné une édition de Théodoret.

— Par celui du pape Honorim, — Pape de OÏO à 638.

Ui LETTRES PROVINCIALES

P. 227. — L'hérésie des monothélites, — C'est-à-dire ceux qui n'admettaient dans le Christ qu'une seule volonté. L'Église, reconnaissant dans le Christ deux natures, divine et humaine (Catéchisme du diocèse^ ibidem), lui reconnaît aussi deux volontés.

— Dans le vi* concile général. — A Constantinopie, 681.

— Par deux autres conciles généraux. — Les vu* et VIII* , de Nicée en 787, et de Constantinople en 870.

— Par le pape Léon U. — [Léon II fut pape de 682 à 684; Adrien II, de 867 à 872.

P. 220. — Qui sont visibles d'elles-mêmes. — Il veut dire sans doute le crédit des jésuites et leur influence.

— Mais quelle force prétendez'vous faire? — On comprend qu'on ait corrigé cette phrase, qui ne s'entend pas bien.

— A confirmé sa constitution par un bref. — C'est sans doute de ce bref que le P. Rapin entend parler, p . 227 du tome 2 de ses Mémoires. Un bref [n'a pas mçins d'autorité qu'une bulle ; il a seulement moins de solennité ; la différence est dans la forme. Voir Littré.

— Vous étiez à Home, — Voir Sainte-Beuve, Port- Royalf livre III, n® vi.

P. 230. — Ce qu'il est toujours fâcheux de publier. — Assez

pauvre ménagement; car quelqu'un qui est trompé

est toujours quelqu'un qui se trompe.

P. 231. — Abstrahendo ab omni sensu. — Voir lapi'cmière

Lettre, 1. 1, p. 14.

P. 235. — Pour combattre jusqu'aux miracles. — Allusion

au Rabat'joie des jansénistes; voir page 236.

— Mon révérend Père. — Cette note se rapportait à une première édition où cette longue Lettre ne formait que huit pages en très petit caractère. Elle fut réimprimée in-quarto en douze pages , mais on ne

voulut pas perdre la note , et on la conserva en la faisant précéder de cet avis :

« Et dans la copie imprimée à Osnabruck, est on ce lieu ce qui suit : »

Depuis on a substitué : « A la fin de cette Lettre, dans la première édition, se trouvent ces mois : »

C'est que le P. Annat, dans sa réponse à la dixseptième Lettre , s'était moqué de cette prétendue impression d'Osnabruck {Responses aux Lettres provinciales, p. H07) : « Mon cher lecteur, la dix-septième Lettre du secrétaire de Port-Royal vient d'arriver. Il a fallu tout ce temps-là pour la faire venir d'Osnabruck, où il indique qu'elle a été imprimée , les Jansénistes ne l'ayant pas voulu faire imprimer à Paris, tant ils sont obéissants à la police et aux ordonnances des magistrats. » — Il faut entendre la police dos magistrats , et non la police absolument, comme nous disons aujourd'hui.

Et à la fin , parlant du secrétaire de Port-Royal : « S'il lui prend envie de répliquer quelque chose, qu'il n'envoie plus ses écrits aux presses d'Osnabruck. C'est se donner de la peine pour plaisir [nous dirions plutôt, par plaisir]. Amsterdam, Leyden et Genève sont plus à sa commodité, et dans tous ces lieux il ne trouvera pas seulement la permission d'imprimer ses ouvrages ; on lui en donnera môme l'approbation. » C'est pour répondre à l'affectation qu'avait eue Pascal de désigner pour lieu d'impression une ville dont le souverain , à cette date , était un évêque catholique , en principe du moins, car son autorité n'y était pas bien établie. — La réponse du P. Annat est extrêmement courte, parce qu'il a trouvé le sujet trop embarrassant. Nicole n'a pas fait de Notes sur cette Lettre , par politique apparemment et pour ne pas compromettre davantage les jansénistes avec le pape.

DIX-HDITIÈME LETTRE

AD

Page 1