‹ Les provinciales, ou, Lettres écritesChapitre 14 sur 95 · DE LA PROBABILITÉ · texte numérisé non relu

DE LA PROBABILITÉ

c douterez peut-être si l’autorité d’un seul docteur d bon et savant rend une opinion probable. A quoi je « réponds que oui. Et c’est ce qu’assurent Angélus, « Sylv. Navarre, Emmanuel Sa, etc. Et voici comme « on le prouve. Une opinion probable est celle qui « a un fondement considérable. Or l’autorité d’un « homme savant et pieux n’est pas de petite considéra- « tion,mais plutôt de grande considération. Car(^cow- « tez bien cette raison] si le témoignage d’un tel homme « est de grand poids pour nous assurer qu’une chose se a soit passée, par exemple, à Rome, pourquoi ne le a sera-t-il pas de même dans un doute de morale? » La plaisante comparaison, lui dis-je, des choses du monde à celles de la conscience! Ayez patience : Sanchez répond à cela dans les lignes qui suivent immédiatement. (( Et la restriction qu’y apportent certains € auteurs ne me plaît pas : que l’autorité d’un tel dooa teur est suffisante dans les choses de droit humain , « mais non pas dans celles de droit divin. Car elle est « de grand poids dans les unes et dans les autres. » Mon père, lui dis-je franchement, je ne puis faire cas de cette règle. Qui m’a assuré que, dans la liberté que vos docteurs se donnent d’examiner les choses par la raison, ce qui paraîtra sûr à l’un le paraisse à tous les autres? La diversité des jugements est si grande... Vous ne l’entendez pas, dit le père en m’interrompant ; aussi sont-ils fort souvent de différents avis : mais cela n’y fait rien ; chacun rend le sien probable et sûr. Vraiment l’on sait bien qu’ils ne sont pas tous de même sentiment; et cela n’en est que mieux. Ils ne s’accordent au contraire presque jamais. 11 y a peu d'. quest'oas où vous ne trouviez q;<e Tue

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