RÉPONSE DU PROVINCIAL. XI
€ fort éloignée! borné. J’en suis marri; et je le suis € encore beaucoup de ce que tout mon petit pouvoir t ne saurait m’acquitter envers vous » , etc.
Et voici ce qu’une personne , que je ne vous ma querai en aucune sorte, en écrit à une dame qui lu avait fait tenir la première de vos lettres :
« Je vous suis plus obligée que vous ne pouvez vous « l’imaginer de la lettre que vous m’avez envoyée : elle « est tout à fait ingénieuse et tout à fait bien écrite. « Elle narre sans narrer ; elle éclaircit les affaires du « monde les plus embrouillées; elle raille finement; « elle instruit même ceux qui ne savent pas bien les « choses , elle redouble le plaisir de ceux qui les en- « tendent. Elle est encore une excellente apologie, et, « si l’on veut , une délicate et innocente censure. Et il a y a enfin tant d’art, tant d’esprit et tantdejuget ment en cette lettre, que je voudrais bien savoir « qui l’a faite » , etc.
Vous voudriez bien aussi savoir qui est la personne qui en écrit de la sorte ; mais contentez-vous de l’honorersans la connaître, et, quand vous la connaîtrez vous l’honorerez bien davantage.
Continuez donc vos lettres sur ma parole , et que la censure vienne quand il lui plaira : nous sommes fort bien disposés à la recevoir. Ces mots de pouvoir pro- Chain et de grâce suffisante, dont on nous menace, ne nous feront plus de peur. Nous avons trop appris des jésuites, des jacobins et de M. le Moine, en combien de façons on les tourne , et combien il y a peu de solidité en ces mots nouveaux, pour nous en mettre en peine. Cependant je serai toujours, etc.