LA PROXÉNIE ET LA FLATTERIE OFFICIELLE A ATHÈNES
les mers. Le mot îrpoljevia ne subsista même plus dans les décrets pour désigner un simple titre honorifique. Les considérants sont la paraphrase des anciennes formules, les privilèges et les honneurs sont encore parfois les mêmes. Seulement, le nom de tzç6*zvoç, qui exprimait une idée claire et désignait des fonctions précises, est remplacé par des termes vagues. Les personnages honorés sont appelés sauveurs, fondateurs, bienfaiteurs, patrons. L'évergésie, rarement conférée seule au quatrième siècle, et jointe d'ordinaire à la prosénie, devint, à partir d'Alexandre, la décoration à la mode. On lit le mot eùepyétyiç au bas de presque toutes les statues d'époque romaine.
Au mot TrpdïJEvoç se substitua peu à peu celui de totocov, transcription du latin patronus. Le patron était encore un chargé d'affaires; mais Athènes protégeait autrefois ses proxènes, maintenant elle était perdue dans la clientèle des sénateurs romains. On verra plus loin comment la transition d'une idée, d'une institution à l'autre, s'est, dans tout le monde grec, accomplie naturellement.
Ainsi s'éteignit la proxénie athénienne, sous la forme du patronat romain. Au temps de la domination macédonienne, Athènes eut très peu d'hôtes publics ; après la conquête romaine , elle n'en eut plus du tout, au sens hellénique de l'institution. Les proxènes avaient trois fonctions principales : défendre les intérêts d'Athènes, recevoir ses citoyens et les protéger en toutes choses, présenter aux assemblées les ambassadeurs. Mais Athènes, ayant perdu son indépendance réelle , n'avait plus de grands intérêts propres; les auberges se multiplièrent; la loi romaine protégea partout les étrangers ; les gouverneurs veillèrent à la sécurité de toutes les provinces. La proxénie n'avait raison d'être que dans une cité libre , au milieu de petits Etats indépendants. Athènes , simple ville de l'Achaïe, devait plaider parfois sa cause devant le sénat romain : elle y eut des patrons.