CHAPITRE II
§ 1. — Sparte et Laconie.
De toutes les régions du Péloponnèse , la Laconie est la seule où l'on puisse étudier avec précision l'organisation et l'histoire de la proxénie. Les textes épigraphiques ou autres prouvent que cette institution y a existé au moins durant cinq siècles.
Les documents appartiennent à trois périodes distinctes et à trois communautés ou groupes de communautés politiques :
1° A Sparte libre et indépendante , du cinquième au troisième ou deuxième siècle avant notre ère ;
2° A plusieurs villes de Laconie qui , lors de l'abaissement de Sparte, devinrent des Etats souverains et nommèrent des agents ;
3° A la confédération des Eleuthéro-Lacones, qui fut formée, à une époque encore indéterminée, par l'union des villes libres de Laconie , mais à l'exclusion de Sparte.
Les représentants de ces diverses communautés sont connus aujourd'hui et doivent être étudiés séparément.
Sparte. — Comme nous l'avons montré (1), il n'y a aucune raison de croire que Sparte ait conçu d'une manière spéciale l'hospitalité publique.
L'hypothèse de Boeckh sur les proxènes-magistrats de Sparte a pour unique fondement cette ligne d'Hérodote : « C'est aussi aux » rois qu'il appartient de désigner comme proxènes et comme t> Pythiens ceux des citoyens qu'ils veulent (2). » Bœckh était loin de croire certaine son interprétation, comme on le voit dans
(1) Cf. la Proxénie liturgique, livre I, chap. n.