PRÉFACE. | VII
l'étude des institutions modernes. A l’époque de Meier et de Charles Tissot, on possédait un nombre assez restreint de documents trouvés sur presque tous les points du monde grec. [1 était impossible de former des groupes, d'étudier, par exemple, la proxénie à Athènes, en Ionie, en Crète, en Sicile. Meier et Tissot ont dù se résigner à dégager seulement les caractères les plus généraux ; ils ont emprunté tel trait à l’Attique, tel autre à Sparte, un troisième à Corcyre : ils ont décrit l'institution telle qu’elle n’a réellement existé nulle part. Aujourd'hui, les textes épigraphiques se répartissent d'eux-mêmes en un certain nombre de groupes naturels, encore très riches, entre lesquels on remarque bien vite d'importants contrastes. Les traits les plus généraux sont partout les mêmes ; l'application diffère d’une région à l’autre. Ainsi la proxénie est une institution avant tout commerciale sur les côtes de la mer Egée, politique à Athènes et à Sparte, exclusivement religieuse à Delphes et à Samothrace. Voilà pourquoi nous avons cru nécessaire de distinguer les pays et les temps, de substituer à la méthode abstraite de Meièr et de Tissot une méthode plus concrète, à la fois historique et géographique. Il nous a paru curieux de suivre l'histoire et d'analyser l’organisation de la proxénie tout autour de la Méditerranée, chez les diverses races helléniques et aux diverses époques : c'est une bonne fortune rare dans l'étude des institutions antiques. Pour ces laborieuses recherches, poursuivies durant plusieurs années en Orient, en Europe et en Afrique, nous croyons n'avoir négligé aucun des éléments d'informations qu'on peut tirer soit des écrivains grecs et romains, soit des scoliastes, soit de l’épigraphie, de l'archéologie figurée et de la numismatique.
Dégager nettement les principes et les caractères généraux de l'institution des proxénies ; en marquer le rapport avec le droit international, public, commercial et religieux de la Grèce ancienne ; étudier l’institution, en son développement