LA PROXÉNIE ET L’HISTOIRE DU COMMERCE GREC
L'histoire de la proxénie présente une singulière analogie avec l’histoire du commerce grec. Il faut évidemment tenir grand compte du hasard des découvertes et des fouilles. Mais le fait général n'en reste ni moins exact ni moins frappant. La proxénie a divers caractères suivant la place que tient chaque ville dans les relations internationales. Elle croit et décroît dans la même cité suivant les vicissitudes de sa politique et le développement de son commerce.
On possède quelques documents de proxénie du sixième et même du septième siècle avant notre ère. Mais de ces marbres et de ces bronzes isolés on ne saurait rien conclure. Les faits ne sont nombreux et sigmficatifs que depuis les guerres médiques jusqu’à la soumission des Grecs aux Romains, c’est-à-dire du cinquième au deuxième siècle.
Il importe de bien distinguer, dans l’histoire de l'institution, les Etats secondaires qui n'ont jamais eu de rôle actif, et les grands Etats qui, à un moment donné, sont sortis de leurs limites et ont exercé une action politique ou commerciale sur une partie considérable du monde hellénique.
Dans la plupart des Etats secondaires, la proxénie est restée constamment semblable à elle-même, à peu près conforme au type primitif. C'est le cas de beaucoup de cités doriennes ou éoliennes (1), surtout des Etats de la Grèce centrale, de la Béotie, de la Thessalie et de Ja Crète (2). Ailleurs, l'institution a été modifiée et calquée sur Athènes, ce qui est arrivé dans les Cyclades et dans beaucoup de colonies ioniennes (3). Dans les villes de ces
(1) Liv. 1, chap. vur, 8 1.
(2) Liv. IIT, chap. 11, 3 4, 5, 10.
(3) Liv. II, chap. 1.