TACTIQUE PRUSSIENNE
donne pas la peine de les acheter. Le voulût-elle, du reste, qu'elle ne trouverait personne avec qui traiter. L'habitant qui a fui est doublement puni de sa rapacité.
Il est vrai que les chemins de fer ne fonctionnent plus du tout de ce côté. Comprenant toute Timportance de notre camp retranché de Metz, gardé par deux cent ou deux cent cinquante mille hommes et pourvu amplement de munitions de guerre et de bouche, les Prussiens ne s'occupent que de couper les communications de ce côté. Ils enlèvent les rails, abattent les poteaux télégraphiques, et envahissent les stations. Notre génie accourt et ne trouve plus personne. On rétablit la voie avec peine, car les rails enlevés sont cachés Dieu sait où ! et on fait passer quelques trains.
Mais le lendemain on retrouve la voie coupée. La ligne des Ardennes est aussi impraticable que celle de Frouard et Nancy. Reste celle de Verdun, avec laquelle on communique par le moyen de courriers non encore bien organisés.