‹ Les psaumes de David; traduits en prose. [Edité] par l'abbé Joseph BonnetChapitre 153 sur 167 · SOUPIRS DES JUIFS ARRIVÉS CAPTIFS DANS BABYLONE · texte numérisé non relu

SOUPIRS DES JUIFS ARRIVÉS CAPTIFS DANS BABYLONE

Assis dans Babylone sur les rives de l'Euphrate, nous n'avons pu nous souvenir de Sion sans répandre un torrent de larmes.

Nous avons attaché nos luths et nos orgues aux saules qui sont sur les bords de cette rivière, qui passe au milieu de la ville.

Ces peuples qui nous ont conduits captifs demandent en se moquant de nous que nous chantions pour les divertir.

Ces barbares qui nous ont emmenés nous disent avec insulte : Chantez-nous ces hymnes d'allégresse et ces cantiques dont vous faisiez retentir la montagne de Sion.

Nous leur répondons : Pensez-vous que nous puissions dans une terre étrangère chanter des cantiques de joie à la louange de notre Dieu ?

Non, Jérusalem, je ne t'oublierai jamais; et si je t'oublie jusqu'à toucher mes instruments chez ces barbares, que ma main oublie ce qu'elle sait, et ne me serve jamais.

Que ma langue soit attachée à mon palais, si je te laisse jamais échapper de ma mémoire.

Et si le souvenir de Jérusalem n'est pas l'unique sujet de mes cantiques, et la seule chose qui peut me donner de la joie.

Souvenez-vous, mon Dieu, des maux que nous ont faits les Iduméens dans le temps que Jérusalem fut prise par nos ennemis.

Lorsqu'ils dirent à ceux de Babylone : Renversez et rasez' cette ville jusqu'à ses derniers fondements.

Peuple de Babylone, que Dieu te réserve de misères à ton tour! Heureux celui qui te rendra les maux que tu nous a faits.

Heureux celui qui te subjuguera, et qui brisera contre la pierre la tête^ de tes enfants.

PSAUME cxxxvn.

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