LE PROPHÈTE MONTRE QUE RIEN N'EST CACHÉ A DIEU
Seigneur, vous m'avez mis à l'épreuve, et vous m'avez reconnu dans les misères que j'ai souH'ertes; vous avez su tout ce que j'ai fait dans le repos et dans le travail.
Vous connaissez mes pensées avant même que je les conçoive, et vous me suivez à la trace partout où le fil de mes desseins me conduit.
Vous prévoyez mes intentions devant que ma langue prononce une seule parole.
Tout ce que j'ai fait autrefois et tout ce que je ferai vous est présent, parce que c'est vous qui m'avez formé, et qui m'avez pétri entre vos mains.
Que VOS pénétrations sont admirables ! Vos connaissances sont si sublimes que Je ne puis ni les atteindre ni les évitei'.
Où pourrais-je aller pour me dérober aux lumières de votre Esprit ? Où pourrais-je fuir pour me cacher à vos yeux ?
Si je monte dans le ciel, vous y êtes; si je descends dans le fond de la terre, je vous y trouve.
Si je prends des ailes, et que, de l'endroit où naît l'aurore, je passe en un instant aux extrémités de la terre,
Je sens que c'est votre main elle-même qui m'y porte, et que^ votre droite ne m'abandonne point.
Si je dis : Peut-être que les ténèbres me cacheront, la nuit aura pour vous des clartés qui vous découvriront mes plaisirs les plus secrets.
Parce que les ténèbres n'ont point pour vous d'obscurité; la nuit est pour vous aussi claire que le jour, et les ombres et la lumière sont pour vous la même chose ^.
Vous percez jusque dans le fond de mes reins, parce que vous m'avez reçu entre vos bras lorsque je suis sorti du ventre de ma mère.
J'avoue que votre grandeur et votre puissance sont merveilleuses; vous êtes admirable dans vos ouvrages, et mon âme le reconnaît assez.
Mes os, que vous avez formés dans un lieu caché, ne le sont point pour vous; toute la machine de ma substance vous est connue, quoique faite dans un lieu aussi obscur que les entrailles de la terre.
^ Parce qu'il n'est point pour vous d'obscurité; la nuit et le jour vous sont égaux, et les ténèbres et la lumière sont pour vous la même chose.
J'étais encore un embryon que vos yeux démêlaient toutes mes parties comme si vous les eussiez eues écrites dans un livre, et les hommes ne sont pas nés que vous savez le nombre de leurs jours.
Mais, mon Dieu, que votre Providence s'étend avantageusement sur un peuple qui vous est cher ! Que vous le comblez de gloire ! Que vous lendez son empire ferme et puissant !
Si je compte ce peuple, je vois que vous le multipliez au delà des sables de la mer, et il peut vous dire : Seigneur, vous m'avez ressuscité, et je suis inséparablement à vous.
Mais sitôt que vous aurez résolu d'exterminer les pécheurs qui nous traversent, je leur dirai : Hommes de sang, retirez-vous d'auprès de moi.
Vous tous qui me disiez que c'est en vain que toutes nos villes nous ont été rendues.
Seigneur, je hais tous ceux qui vous haïssent, et je languis de douleur lorsque je vois la prospérité de vos ennemis.
Je les hais d'une haine parfaite, et je me déclare leur ennemi irréconciliable.
Eprouvez-moi, mon Dieu; pénétrez le secret de mon cœur; examinez-moi, et entrez dans le fond de mes pensées.
Voyez si je marche dans la route du péché; et pour m'en garantir \ conduisez-moi, mon Dieu, dans'celle de la vie éternelle.
' Et si je n'y marche point...
PSAUME GXXXIX.