PSAUME LXII
DAVID, FUYANT ABSALOM ET RETIRÉ DANS UN DÉSERT, SE CONFIE DANS LA MISÉRICORDE DE DIEU.
O Dieu, qui êtes mon Dieu, dès la première pointe du jour, j'élève à vous mon esprit.
Mon âme, pressée de soif, soupire après vous, et ma chair ne brûle pas d'une moindre ardeur.
Au milieu de ces déserts sans routes et sans eaux, je ne laisse pas que de vous trouver comme dans votre temple, et j'y adore votre puissance et votre gloire.
Les grâces que votre miséricorde répand sur moi me
■• Leurs balances ne sont point justes.
DE DAVID. I l3
sont plus douces que toutes les félicités de la vie, et c'est le sujet de mes louanges.
C'est ainsi que je vous louerai tant que durera ma vie et qu'élevant mes mains au Ciel, je rendrai à votre nom la gloire qui lui est due.
Mon âme se nourrira et s'engraissera dans le plaisir de contempler vos bontés, et ma bouche les exaltera par des chants d'allégresse.
Si la nuit même, dans mon lit, je rappelle à ma mémoire vos bienfaits, puis-je manquer de méditer, dès le matin, sur les secours que vous me donnez ?
Je me rangerai avec plaisir sous l'abri de vos ailes; mon âme^ est inséparablement attachée à vous, et votre droite m'a pris sous sa protection ^.
Mes ennemis me cherchent inutilement peur m'ôter la vie; ils descendront dans les entrailles de la terre, et ceux qui passeront par le fil de Tépée serviront de pâture aux renards^.
Mais le roi rendra grâces a Dieu de sa victoire, et les fidèles qui jurent en son nom le loueront, parce qu'il aura fermé ^ la bouche à ceux qui ne proféraient que des mensonges.
'^ Et mon âme...
* Parce que vous la prenez sous votre protection.
* Les uns descendront dans le tombeau; les autres passeront par le fil de l'épée, et leurs corps serviront de pâture aux renards.
* De ce qu'il aura fermé...