‹ Les Pseudo-spondylites Hystéro-traumatiquesChapitre 10 sur 14 · TRAITEMENT · texte numérisé non relu

TRAITEMENT

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Etant donné l'impuissance à peu près complète de la thérapeutique, il est bien difficile de donner des règles précises pour le traitement de l’hystéro-traumatisme.

Il paraît tout d'abord indispensable de distinguer les cas anciens des cas récents. Mais avant d’aller plus loin signalons une notion que nous avons encore tiré du cours du professeur Verger et dont on comprendra aisément l’importance : « Une condition nécessaire à la bonne réussite du traitement est que le malade n'ait aucun intérêt à persévérer dans son état en ayant l'espoir d’en retirer des avantages de quelque nature que ce soit. Aussi ne faudra-t-il jamais parler d’indemnité ou de rente à un hystéro-traumatisé car l’autosuggestion aidant, cette idée deviendrait bien vite une idée fixe et l’obtention de cette indemnité deviendrait alors le meilleur et peut-être le seul moyen de guérison. Aussi il importe de prendre le malade tout à fait au début avant que toute idée fixe ait pu germer dans son esprit.

Le traitement des cas récents est en général relativement facile. La suggestion orale suffit le plus souvent et au bout de quelques jours le malade doit être guéri, sinon on doit soupçonner chez lui la simulation, soit au contraire une épine organique. C’est ainsi que pendant la guerre on a observé moins de plicatures à l’intérieur à partir de 1916 ; c’est que le diagnostic étant alors plus rapide et la conduite à tenir mieux connue, quelques jours de psycothérapie dans

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les centres neurologiques de la zone des armées suffisaient pour rendre la plupart de ces malades à la vie militaire. Il ne fallait pour cette suggestion orale qu’un peu d’autorité et surtout quelque connaissance du psychisme hystérique.

Mais le traitement des cas anciens est autrement difficile. Ici le rôle du médecin est encore plus délicat. Il lui faut prendre sur le moral du sujet un grand ascendant, car il va jouer auprès de lui le rôle d’un véritable éducateur. Il est nécessaire avant tout de convaincre le malade qu’il n’est pas atteint d’une affection grave et surtout lui donner l'espoir d'une guérison prochaine, complète et définitive.

Le malade sera soigneusement isolé de son milieu habituel dont les conseils, même les mieux inspirés, ne peuvent que lui être préjudiciables. Tout autour de lui devra concourir à relever son moral et, loin de le laisser auprès de vrais malades, on devra, si possible, l’entourer d’hystériques déjà guéris, convertis pourrait-on dire, par les mêmes moyens qui vont lui être appliqués. Loin de dédaigner les symptômes ; il faut paraître les combattre et s’altaquer d’abord aux douleurs. Quand on aura supprimé la rachialgie on aura redonné le plus souvent à la colonne vertébrale toute sa souplesse normale. On a souvent critiqué l’emploi contre l’hystérie de divers procédés de révulsion, et cependant ils constituent les moyens les plus simples de frapper l'imagination du sujet. Quelques applications de pointes de feu superficielles, quelques vésicatoires, des applications de teinture d'iode, des pulvérisations d’éther ou mieux de chlorure d’éthyle peuvent parfois agir très efficacement ; un autre moyen très actif encore consiste dans l'injection épidermale de cocaïne.

On pourra employer contre l’élément déformation le sommeil hypnotique ou chloroformique.

Le professeur Rimbaud décrit de la façon suivante ce que doit être un traitement psycothérapique : « Les médecins s’enferment dans leurs cabinets seuls avec le malade ; ils s’y enferment avec la volonté absolue de ne le laisser sortir que

guéri ; tout est là. Après avoir procédé à un nouvel examen du sujet, ils lui expliquent, autant que possible, ce qu'ils veulent obtenir de lui, expliquant l’inocuité des courants qu'ils vont employer contre lui et en insistant sur leur effica-

cité spéciale. Ils font alors passer un simple courant fara-

dique fournit par la pile faradique, de façon à n'’arriver jamais à une sensation vraiment pénible. Pendant toute la durée du passage du courant, ils parlent au malade, l’encouragent, insistent, doucement d’abord puis avec plus d’énergie si le sujetrésiste, et arrivant parfois en quelques minutes, parfois en un quart d'heure, une demi-heure et dans quelques cas après une heure et plus, à faire disparaître complètement le trouble pithiatique. »

Ilest certains traitements qu’il faut éviter : en particulier la mécanothérapie qui ne fait qu’ancrer davantage l’idée dans l’esprit du malade et fixer davantage la contracture ; plus encore les courants trop forts dont les souffrances inutiles ne peuvent être mises en comparaison avec les résultats comme dans les trop fameuses expériences du « Torpillage de Tours. »

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