MAI 187I
Peine inutile! ces messieurs réclamèrent la Marseillaise, dont le premier numéro est du 19 novembre 186 g.
D'autres,, plus singuliers encore, pour me servir d'une expression qui ne signifie pas grand'chose et par conséquent est plus polie que l'expression plus juste que je pourrais employer, ouvrant mon livre à la table., comptèrent le nombre des journaux cités, et comparant avec d'autres livres publiés après le mien,, parlèrent de nombreuses omissions, toutes portant sur des journaux nés pendant le Siège et sous la Comnmne.
Le cas n'est pas plus grave., mais montre ime
fois de plus combien l'esprit de méthode nous est
étranger et avec quelle facilité des gens, qui ne
doutent de rien, s'empressent de porter un jugement sur des œuvres qu'ils ne se sont même pas donné la peine de parcourir.
Ainsi, le journal le Bien publics, pendant la Commune, changé souvent de titre; il s'est appelé la Paix, l'Anonyme, le Républicain; de même pour le journal l'a Discussion, qui reparut sous le titre de la Politique, etc.. etc. Eh bien, certains écrivains ont séparé complètement ces journaux et ont pu ainsi augmenter leur table à peu de frais. Je ne parlerai pas — la chose est trop bouffonne — de ceu.x qui ont mis dans leur liste dejournau.x le Pilori des mouchards, les Révélations d'un curé démissionnaire, les Chefs révolutionnaires, biographies du citoyen Vîndex, Fleurs, Fruits et Légumes du jour, caricatures de M. A. le Petit!!! etc. toutes publications qui n'ont ab.solument rien de commun avec un journal.
Je n'ai pas l'habitude de défendre mes ouvrages-.
sans avoir la prétention de ne jamais commettre d- erreur, je crois cependant que mes lirresse portent asse^, bien pour potivoir se défendre eux-mêmes devant le public, leur vrai juge, en somme, et si jai cru devoir répondre ici à de semblables critiques., cest afin de mettre en ^arde le lecteur au sujet du livre que je lui offre aujourd'hui et dont la matière est forcément difficile d circonscrire.
Ces pièces qui. pour la plupart, ne sont que d'un feuillet imprimé seulement au recto, représentent un des côtés les plus intéressants de cette époque, côté très-vivant, tapageur et bruyant 'les oreilles ne vous tintent-elles pas encore de ces cris : Demandez le plan Trochu ! - La Conspiration des .lésuites contre la république! - La Réponse au roi de Prusse! - La Commune dévoilée! - La Confession de Napoléon III ! - Laissez-moi mes matelas.- La Fille Mathilde, temme Demidoff! - La
Question des loyers ! — Les Cadavres découverts dans les souterrains de l'église Saint-Laurent! — La Femme Bonaparte, ses amants, ses orgies!... etc., etc.), un cote auquel tout le monde a touchj au moins par quelques centimes: car, si souvent la marchandise n'avait pas grande valeur, celui qui la vendait était lui-même peu exigeant. J'ai réuni toutes ces pièces, pensant que Je pouvais, en en dressant une sorte de bibliographie raisonnée et pittoresque, non-seulement intéresser, tnais encore faire œuvre utile au point de vue de l'histoire.
Car j'ai la conscience que plus tard celui qui entreprendra sérieusement d'écrire l'histoire des temps troublés dans lesquels nous vivons, pourra puiser sans crainte dans mes ouvrages, pour lesquels je n'ai recherché ni le bruit ni la réclame, et qui, à défaut d'autre mérite, ont celui d'être l'œuvre d'un honnête homme, qui n'appartient ni
au clergé, ni à la magistrature, ni à l'année, et jni a la chance, à une époque oit tout le monde est quelque chose, de n'être absolument rien.
Firmin SMAILLA^D.
LES