‹ Les publications de la rue pendant le siége et la Commune. Satires--canards--complaintes--chansons--placard s et pamphlets. Bibliographie pittoresqve et anecdotiqveChapitre 48 sur 85 · Le Lion surpris. 28 janvier · texte numérisé non relu

Le Lion surpris. 28 janvier

4 p. in-8; imp. Rochette. — Poésie d'Auguste Roussel (de Méry).

245. — Liste des monuments, habitations, établissements détruits ou endommagés par les incendiaires de la Commune et liste des barricades qui ont été

ENLEVÉES PAR LES TROUPES DE l' ASSEMBLÉE NATIONALE sous LES ORDRES DU MARÉCHAL MAC-MAHON, DUC DE MAGENTA, A PARIS, PENDANT LES JOURNÉES DU 2 1 AU

3o MAI 1 87 1 . Placards avec filets noirs ; imp. E. Blot. — Ce petit travail, assez complet, se compose de quatre listes signées Ad. Lepailleur. Elles ont pour épigraphe le mot de madame Rolland : « O liberté ! que de crimes on commet en ton nom! »

246. — Liste des prisonniers faits par l'armée de Versailles, depuis le i8 mars, qui

DOIVENT PASSER INCESSAMMENT DEVANT LA COUR MAR- TIALE, Grands placards dont le recto seul est imprimé; imp. G. Masquin. — 1 1 listes parurent seulement; là s'arrêta, par ordre, cette publication.

247. — Loi organique du suffrage universel. FRATERNITÉ ÉGALITÉ LIBERTÉ. 2 p.

in-fol.; sans nom d'imprimeur. — Ce manifeste appartient évidemment à l'école proudhonienne; après avoir dit que le suffrage universel est la négation du principe égalitaire, qu'il est l'oppression de la majorité par la minorité, le triomphe de l'individualisme sur la collectivité, la suprématie assurée aux intérêts mineurs sur les intérêts majeurs, l'auteur anonyme veut qu'il ait ^onx principe d'or-

ganisation, ^o\xv formule d'expression, pour raison d'être, la famille d'où seule découlent, comme de leur source naturelle, l'organisation du travail, la propriété, l'ordre public.

Et voici l'article 2 de ce projet de loi :

Tout citoyen, lorsqu'il se présente au scrutin national, a droit à un nombre de suffrages égal au nombre de personnes dont il a la charge légale comme chef de famille.

Tout citoyen se présente d'abord lui-même; de plein droit encore il représente sa femme, ses enfants mineurs et les filles majeures restées dans la famille.

Il représente également ceux dont il devient le tuteur et le curateur légal.

248. — Loi sur les loyers, votée à Versailles PAR l'assemblée nationale EN FAVEUR DE

TOUT LE MONDE. Placard dont le recto seul est imprimé; typ. Morris. — C'est la loi du 21 avril 1871. Au bas, cette note : « L'ex-Commune, dans un décret du 29 mars 1871. ainsi conçu, disait : Art. i". Remise est faite aux locataires des termes d'octobre dernier (1870), janvier et avril 1871. Ce décret n'ayant jamais eu force de loi, ceux qui en ont profité peuvent être poursuivis par les propriétaires et condamnés conformément aux dispositions de la loi votée à Versailles par l'Assemblée nationale.»

24g. — Louis Bonaparte traduit devant la Cour d'assises, son arrestation et son acte d'accusation. 2 p. in-fol.; imp. Berthélemy. — On se rappelle qu'en 1870. au moment du plébiscite, M. Lermina lut, à une réunion des Folies-Bergères,

un acte d'accusation contre Napoléon III, acte d'accusation copié, c'est le journal le Public qui le dit, presque textuellement dans un livre de M . Marc Dufraisse, et qu'un autre orateur le condamna aux travaux forcés à perpétuité, la peine de mort devant être abolie sous la prochaine république...

Ceci a été évidemment inspiré par cela; seulement l'acte d'accusation est très-mal fait, l'affaire Camerata et l'histoire de la fausse couche (le coup de pied dans le ventre) y occupent une place qui pouvait être mieux employée. Seulement, l'auteur de ce petit projet pense que l'échafaud serait une peine trop douce pour de pareils crimes... « Non, il faut qu'il vive. 11 faut que, traînant le boulet, vêtu de la casaque des forçats, il traverse à pied et par étapes cette France qu'il a mise en sang et en deuil. Oui, le bagne à perpétuité... »

Pour arriver à ce résultat, « il faut que partout où il se cachera, des citoyens honnêtes et courageux n'hésitent pas à le mettre en arrestation. »

Oui, c'est commode à dire...

Cet enfantillage se termine par ces mots imprimés en gros caractères : VIVE LA REPUBLIQUE DÉMOCRATIQUE ET SOCIALE, UNE ET INDIVISIBLE.

250. — Manière indéchiffrable d'écrire ses lettres et ses dépêches télégraphiques. 6 MARS 187 1. 2 p. in-fol.; imp. Lahure. — Trop tard, trop tard !

25 1. — La Manifestation des francsmaçons. DERNIÈRES NOUVELLES. 2 p. lu-fol.; imp.

Bonaventure. — Cette pièce est la reproduction —

moins quelques lignes ~ de celle qui a pour titre : Grajide manifestation des Compagnons du devoir. (Voir le n^ 200.)

Inutile de dire que toutes les deux sont signées • J.-P. Bertrand.

(Voir n° io3.)

252. — Manifeste de la population de Paris à la province, mai 1871. 4 p. m-4; imp. Nationale. — Cette pièce a été imprimée par ordre de la Commission des relations extéi'ieures : « Ce que Paris demande aux départements, c'est leur appui moral; il veut que la lumière se fasse sur ses intentions comme sur ses actes... Paris s'imposera tous les sacrifices pour arriver à son but, rétablissement de la Commune, dont le programme peut se résumer ainsi : assurer à tous les citoyens le travail par la liberté, la Justice par l'égalité, l'ordre par la fraternité. »

Cette pièce est suivie du programme de la Commune de Paris.

253. — Manifeste de l'ex-empereur Napoléon III AU PEUPLE FRANÇAIS. Placard dont le recto seul est imprimé; imp. Vallée.

C'est une complainte en 24 couplets — toujours sur l'air de Fualdès.

Mais ce sujet-là m'agace,

A quoi bon vous 1' rappeler ?

C' n'est pas d' ça qu'il faut parler;

Seul'ment, est-ce assez cocasse ?

Je cherche c' que j'ai fait d' bien,

Et ma mémoir' ne m' dit rien.

Etc.

Pourtant que d' gens sont v'nus m' dire Que j'étais bon, juste, grand; C'est vrai qu'en les écoutant Je m' mordais pour ne pas rire.

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