‹ Les publications de la rue pendant le siége et la Commune: Satires - canards - complaintesChapitre 2 sur 113 · PARIS AUGUSTE AUBRY, KDITEUR · texte numérisé non relu

PARIS AUGUSTE AUBRY, KDITEUR

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JNTI^DUCTION.

AI publié déjà /'Histoire des Journaux qui ont paru à Paris pendant le Siège et sous la Commune, ainsi que les Afiiciies, Professions de foi, etc., pendant la Commune; le troisième volume que j'offre au public sous ce titre un peu large : les Publications de la Rue, est le complément d'un travail qui embrasse dans son ensemble tout ce qui, pendant le Siège et sous la Commune, a eu, au point de vue de la publicité, ce cachet de

popularité auquel ne peuvent atteindre des publia cations plus sérieuses et plus réfléchies.

Ce dernier volume^ peut-être le plus curieux des troiSj comprend les satires, complaintes, canards^ chansons, placards^ pamphlets, etc.; « petits écrits éphémères^ papiers qui vont de main en main et parlent aux gens d'à^présent des faits, des choses d'aujourd'hui », toutes pièces ayant au plus huit ou dix pages et n'entrant pas dans une bibliothèque, mais qui ont été tirées à un nombre considérable d'exemplaires et vendues à grand renfort de cris sur la voie publique, pièces dont la plupart sont déjà à peu près introuvables aujourd'hui.

Ainsi, la chose est bien entendue, je ne donne ici que la description de pièces n'ayant le plus souvent qu'un feuillet dont le recto seul est imprimé, et dans tous les cas, ne dépassant pas huit ou dix pages; — dans l'impossibilité où je me trouvais d^ déterminer d'une façon exacte le for-

mat de ces pièces^ fat eu recours à un moyen que me pardonneront les vrais bibliophiles^ puisque c'est le seul que j'avais de leur donner une idée à peu près juste dudit format : j'ai souvent été obligé de le déterminer à vue d'œil. Une troisième observa^ tion : deux ou trois pièces publiées immédiatement après la Commune, c'est-à-dire après le 28 mai, m'ont paru tellement liées au sujet que je traitais, que fai cru devoir les faire entrer dans mon recueil.

C'est tout ce que f avais à dire.

Si j'insiste là-dessus, c'est en raison de la tendance qu'ont certaines gens à vous demander toujours autre chose que ce que vous leur avei promis.

Je n'en citerai qu'un exemple.

Plusieurs journalistes m'ont reproché d'avoir oublié la Marseillaise dans mon Histoire des Journaux publiés à Paris pendant le Siège et sous la

Commune, titre auquel j'avais ajouté:^ par excès de prudence et pour l'édification de ces critiques à courte vue, ces mots : du 4 septembre 1870 au 27 MAI 1871.

Peine inutile! ces messieurs réclamèrent la Marseillaise, dont le premier numéro est du ig nO" vembre 186 g.

D'autres, plus singuliers encore, pour me servir d'une ^expression qui ne signifie pas grand' chose et par conséquent est plus polie que V expression plus juste que je pourrais employer, ouvrant mon livre à la table , comptèrent le nombre des journaux cités, et comparant avec d'autres livres publiés après le mien, parlèrent de nombreuses omissions , toutes portant sur des journaux nés pendant le Siège et sous la Commune.

Le cas n'est pas plus grave, mais montre ime

fois de plus combien l'esprit de méthode nous est

étranger et avec quelle facilité des genSy qui ne

doutent de rien, s* empressent de porter un jugement sur des œuvres qu'ils ne se sont même pas donné la peine de parcourir.

Ainsi, le journal le Bien public a, pendant la Commune, changé souvent de titre; il s'est appelé la Paix, l'Anonyme, le Républicain; de même pour le journal ÏSL Discussion, qui reparut sous le titre de la Politique, etc., etc. Eh bien, certains écrivains ont séparé complètement ces journaux et ont pu ainsi augmenter leur table à peu de frais.

Je ne parlerai pas — la chose est trop bouffonne — de ceux qui ont mis dans leur liste de journaux le Pilori des mouchards, les Révélations d'un curé démissionnaire, les Chefs révolutionnaires, biographies du citoyen Vindex, Fleurs, Fruits et Légumes du jour, caricatures de M, A. le Petit!!! etc., toutes publications qui n'ont absolument rien de commun avec un journal.

Je n'ai pas l'habitude de défendre mes ouvrage»;

— sans avoir la prétention de ne jamais conirmettre d'erreur , je crois cependant que mes livres se portent as$e:{ bien pour pouvoir se défendre eux-mêmes devant le public y leur vrai juge ^ en somme ^ et si f ai cru devoir répondre ici à de semblables critiques^ c'est afin de mettre en garde le lecteur au sujet du livre que je lui offre aujourd'hui et dont la matière est forcément difficile d circonscrire.

Ces pièces qui^ pour la plupart^ ne sont que d'un feuillet imprimé, seulement au recto^ représentent tm des côtés les plus intéressants de cette époque^ côté très-vivant, tapageur et bruyant (les oreilles ne vous tintent-elles pas encore de ces cris : Demandez le plan Trochu ! . — La Conspiration des Jésuites contre la république ! — La Réponse au roi de Prusse! — La Commune dévoilée I — La Confession de Napoléon II L! — Laissezrmoi mes matelas. — La Fiile Mathilde, femme Demidoff ! — La

Question des loyers! — Les Cadavres découverts dans les souterrains de l'église Saint-Laurent î — La Femme Bonaparte, ses amants, ses orgies!... etc.^ etc,)^ un côté auquel tout le inonde a touchJ au moins par quelques centimes; car, si souvent la marchandise n'avait pas grande valeur^ celui qui la vendait était lui-même peu exigeant. J'ai réuni toutes ces pièces^ pensant que je pouvais^ en en dressant ime sorte aè^bibliographie raisonnée et pittoresque, non-seulement intéresser, mais encore faire œuvre utile au point de vue de l'histoire.

Car j'ai la conscience que plus tard celui qui entreprendra sérieusement d'écrire l'histoire des temps troublés dans lesquels nous vivons, pourra puiser sans crainte dans mes ouvrages, pour lesquels je n'ai recherché ni le bruit ni la réclame, et qui, à défaut d'autre mérite, ont celui d'être l'œuvre d'un honnête homme^ qui n'appartient ni

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au clergé, ni à la magistrature, ni à V armée, et ]ui a la chance^ à une époque où tout le monde est quelque chose, de nêtre absolument rien.

Firmin dMAILLA%D.

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