‹ Les puissances devant la révolte arabeChapitre 24 sur 30 · CONCLUSION · texte numérisé non relu

CONCLUSION

ARABIE, Comme nous venons de le voir, est d’une richesse considérable. Sa valeur est encore accrue par sa position géographique, à proximité de l’Europe, entre trois continents, et par l’activité intelligente de ses habitants. Si aujourd’hui, pour des causes diverses, ceux-ci sont plongés dans une torpeur qui va bientôt cesser, ils ont dans les siècles passés fait preuve de la plus grande activité. Ce sont les Phéniciens qui ont inventé l'écriture et qui ont créé le commerce des échanges et les industries de toutes sortes. Les empires des Chaldéens et des Mèdes ont asservi l'Égypte : enfin, lorsque les Arabes ont voulu étendre leur puissance et propager leur langue, tout a plié devant eux.

De nos jours, les Syriens, ne trouvant pas d’emploi à leur activité dans leur propre pays à cause

de la tyrannie ottomane, s’expatrient et vont faire du commerce même en Amérique. En Égypte, et en ÂAfrique, ils sont d'excellents collaborateurs pour les Anglais.

Tout porte donc à penser que sous un régime national, honnête et libéral, l’activité arabe reprendra son essor et sa puissance. L’Arabie deviendra le plus merveilleux pays d'échanges pour les nations étrangères, et leur concours sera nécessaire pour cette renaissance économique.

Actuellement, les seuls travaux concédés sont quelques lignes de chemins de fer en Syrie et deux voies plus importantes : Anatolie-Bagdad, Damas-la Mecque, dont la construction a été décidée dans un seul but politique et stratégique, sans tenir compte des autres intérêts, primordiaux cependant.

Pour faire œuvre vraiment utile 1l serait nécessaire, en dehors des irrigations et des routes, de construire les lignes suivantes : 1° une grande ligne circulaire à travers tout le littoral de la péninsule, soit 5 à 6000 kilomètres à faire par tronçons dont les premiers seraient Alexandrette au golfe Persique, Port-Saïd-Mersina, Damasla Mecque et Sanaa.

Il s’y relierait naturellement des lignes d’intérêt plus local. Mais le gouvernement ottoman n'ayant en vue que la mobilisation, et l’Allemagne, son exécuteur, que la pénétration germanique avec les Turcs comme auxiliaires, il faudra attendre pour ouvrir réellement l'Arabie au commerce et à l'industrie, que la révolte arabe soit un fait accompli.

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