LE YÉMEN ET LE HEDJAZ
LE Yémen, ou Arabie Heureuse, est une contrée très riche et fertile. Son principal port est Hodeidah, dont le mouvement commercial s'élève à près de 45 millions de francs par an.
On y importe : des cotonnades (Indes et Angleterre), du pétrole d'Amérique, des conserves et du savon (Levant), des bois (Indes, Singapoore, Batavia), des planches (Trieste), des sucres (Egypte, Maurice), des épices (Indes et Zanzibar), des tapis (golfe Persique), du fer en barre (Angleterre), de la bijouterie, des soieries, des légumes secs, de la quincaillerie, de la papeterie et de la faïence (Italie), de la bijouterie d'argent, des céréales, du blé, des armes et des munitions.
L'exportation consiste en café (8 millions de kilogrammes par an), en peaux, en nacre bâtarde, en perles jaunes, en henné, séné, terres à foulon,
gommes, thym, amandes, loupes de noyer. Le Yémen renferme du cuivre et des mines de fer cassant.
La capitale, Sanaa, avec 80 000 habitants (Arabes, Juifs, Indiens), à 2 300 mètres d'altitude, est au centre d'une région très riche. Son climat est salubre ; il y gèle en hiver pendant trois mois de Tannée, et son développement ne tardera guère si le chemien de fer de Sanaa à Aden se construit.
Des vapeurs font le service entre Aden et Hodeidah. Des caravanes partent chaque jour pour rintérieur. Les principales villes sont : Menacha (3000 hab.), Randha^ Kaukaban^ Taëz (3000 hab.), etc.
Partout, iSur les collines, se rencontrent de beaux vergers avec d'excellents fruits (raisins, pommes, poires, prunes, abricots, oranges, lémons, mûrier noir, dattiers, bananiers), et des champs de fèves, de luzerne, d'orge; dans la plaine le riz.
Le Heojaz est surtout un pays de consommation : le blé, l'orge, le maïs, les fèves, les lentilles, le riz sont articles d'importation.
Djeddah et Yambo, les deux principaux ports, sont des points de transit pour les marchandises
allant dans rintérieur, dans le Djebel-Schomer et le Kasim. Djeddah doit surtout son importance au pèlerinage de la Mecque. De 1894 à 1904 il est entré 500 000 pèlerins par ce port. Cette année^ 1168 voiliers et 334 vapeurs (dont 235 anglais) ont transporté 66500 pèlerins.
Le Hedjaz offre presque partout un sol inculte et improductif; les plaines y sont, en général, pierreuses et sablonneuses, les montagnes pelées et dénudées. Cependant, certains districts, comme ceux de Taïf, de la Wadi-Fathima, de Beder, de Safra, ont des puits nombreux, des sources, des jardins où la terre végétale est soigneusement travaillée et mise en culture (vignes, arbres fruitiers des pays tempérés et chauds), des bois de dattiers; mais ces oasis sont rares.
Le Hedjaz ne produit en général que le baume et des résines.
VIÏ