‹ Les pupazzi, inéditsChapitre 48 sur 89 · LA SOIRÉE BEI · texte numérisé non relu

LA SOIRÉE BEI

ce qu'on a fait jusqu'ici. Tu m'entends, madame Bécassin ? N'épargne rien : ni les fleurs, ni les artistes, ni l'orchestre ! Et surtout fais en sorte que le buffet soit abondamment pourvu.

MADAME

Ne crains rien !

BÉCASSIN

Je veux qu'on dise : « A la bonne heure! Ce ministre-là ne met rien dans sa poche! » Et quand je descendrai du pouvoir, comme Gincinnatus, je retournerai à ma charrue, sans avoir rien mis de côté !

MADAME

A ta charrue ! Tu n'asjamais eu de charrue?

BÉCASSIN

Je le regrette maintenant. Car comme ministre, ministre des Affaires Étrangères surtout, c'eût été un exemple !

MA UAME

Mais tu parles de descendre du pouvoir, il y a donc quelque chose ?

BÉCASSIN

Il y a toujours quelque chose dans une position comme la mienne. Ainsi aujourd'hui, il y d une interpellation qui peut bien nous renverser.

Madame

Quoi ! Le jour de notre réception ?

la 901 143

MADAME

Démissionner ! Quand on a de si beaux appointements!

BÉCASSIN

C'est vrai ! Mais ça vaut encore mieux que d'être mis à la porte ! Mais ne te chagrine pas. Tout se passera peut-être très bien. On ne renverse pas comme cela un ministère, surtout quand on n'en a pas un autre tout prêt à mettre à sa place. Adieu ! Je vais à la Chambre. — En attendant, prépare tout pour la fête de ce soir. (Il sort.)

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