‹ Les pupazzi, inéditsChapitre 54 sur 89 · OIE · texte numérisé non relu

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Cependant, il doit en être rebattu.

BÉCASSIN

Je ne dis pas, mais c'est de règle. Un morceau d'opéra choisi habilement facilite les négociations les plus difficiles. Le Russe écoute avec plaisir un air de Dimitri, l'Espagnol un couplet de la Favorite, l'Anglais, un motif d'Henri VIII, le Suisse, un trio de Guillaume Tell. Personne ne songe à cette flatterie que le diplomate qui la reçoit et le ministre qui l'a faite. Ahl la diplomatie musicale! Quelle ressource! Ainsi, à notre dernière réception, par exemple, l'Ambassadeur d'Italie avait l'air gêné, sombre; je lui parlais, il me répondait évasivement; je ne pouvais rien en tirer. Qu'aije tait? Je suis allé dire un mot aux artistes, et dix minutes après, il avait la langue déliée et riait avec moi pendant qu'on chantait le Miserere du Trouvère. C'est un truc que je ne dis pas à mes collègues, ils prendraient tous la clef desc/ian£s!

MADAME

Ah! Tu viens de faire un mot! Ça ne t'arrive ; mvent depuis quelque temps!

\SSIN

Beureusement qu'il n'y a pas de reporter ici! — Donc, je compte sur l'Opéra!

Il :

LA SOIRÉE BÉCASSIN 155

mieux! Tu lui diras d'insister sur les truffes et le Champagne.

BAPTISTE

Bien, madame!

MADAME

N'oublie pas l'Opéra! c'est très important!

(Elle sort.)

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