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SÉNÉ

Le nom de Séné a été donné à un certain nombre d’espèces de Cassia appartenant à la famille des Légumineuses et présentant des caractères assez tranchés pour que certains auteurs en aient fait un genre particulier, le genre Senna. On utilise comme produits médicamenteux les folioles, et les fruits, gousses ou légumes aplatis, appelés improprement follicules. Les folioles sont séparées du rachis qui les réunissait ; leur forme varie avec les espèces, leurs dimensions varient de 1 à 4 centimètres ; elles sont glabres ou pubescentes, généralement fragiles, quelquefois coriaces; la forme de leurs nervures est caractéristique : elles présentent une nervure médiane, de laquelle se détachent un certain nombre de nervures secondaires, saillantes à la face inférieure, se dirigeant vers l’extérieur et allant rejoindre chacune la nervure qui lui est immédiatement supérieure en décrivant un trajet arqué le long des bords de la foljole ; la saveur est douceâtre, mais en même temps un peu amère et nauséeuse. Ces folioles et follicules sont fournis par quatre espèces principales, auxquelles on a donné le nom de Cassia obovata, lenitiva, angustifolia et pubescens. Ce dernier est beaucoup moins important, au point de vue pharmaceutique, que les trois autres ; c’est une plante qu’on trouve dans le Yémen et en Abyssinie, et caractérisée par ses folioles elliptiques ou ovales oblongues, légèrement écbancrées, ciliées sur les bords, pubescentes ou tomeuteuses-cendrées sur tes deux faces.

Le Cassia obovata a des foliotes plus ou moins obovales, obtuses au sommet et des follicules en forme de rein, por-

tant sur les deux faces une crête médiane parallèle aux bords et formée par la réunion d’une série d’élévations qui surmontent les loges séminifères. On le trouve dans la Haute-Égypte, l’Abyssinie, le Soudan et le Sénégal.

Le Cassia lenitiva porte des folioles lancéolées ou ovales oblongues, plus ou moins pubescentes sur les faces, et courtement raucronôes au sommet; les follicules sont elliptiques, tronqués à la pointe. On le trouve aussi dans la Haute-Égypte et la Nubie, le Kordofan. Suivant la forme de ses folioles on distingue parfois le Cassia lenitiva acutifolia et le Cassia lenitiva obtusata.

Le Cassia angustifolia se trouve sur les côtes orientales d’Afrique, de la Haute-Égypte ou Mozambique, l’Arabie et les îles de la mer Rouge; on le cultive dans un certain nombre de localités de l’Inde ; ses folioles sont étroitement lancéolées, s’atténuant progressivement de la base vers le sommet ; les follicules sont linéaires, oblongs, non tronqués à la pointe.

Plancbon donne le tableau suivant des caractères que présentent les folioles des différents sénés qu’on trouve dans le commerce :

Obovales (C. obovala]

Ovales lancéolées (C. lenitiva)

Allongées, étroites (C. angustifolia)

Mêlées d’arguel et de folioles obovales

Petites, sans mélange d’arguol.

Coriaces et courtes, jaunâtres.

Grandes, vertes et membraneuses.

1 Séné d'Alep.

? Séné du Sénégal.

( Séné de Port-Royal.

I Séné de la pallhe.

I Séné de Tripoli.

j Séné Moka.

I Séné de Tlnde.

Le Séné de la palthe (ou d’Alexandrie), ainsi appelé du nom de l’impôt dont il est frappé, est récolté dans diverses parties de l’Égypte, préparé au Caire et expédié par la voie d’Alexandrie ; il est formé de folioles appartenant enm.ijeure partie au Cassia lenitiva-, il contient-aussi, mais en bien plus faible proportion, des folioles de Cassia obovala. On y

LES PERGATIFS.

trouve un certain nombre de feuilles d'argnel, qui croit dans les mêmes régions et qui peut, dans certains cas, etie Ajouté frauduleusement et en grande quantité ; ces feuiUes int coriaces, comme chagrinées sur les deux faces, surtout

mUane bien marquée, d’où partent des nervures secondaires qui se perdent insensiblement dans un reseau forme de veinT"et veinules détachées des nervures : cette appa- Îence est absolument différente de celle que nous avons décrite plus haut pour le séné; les feuilles d arguel ont de Jlus une couleur blanchâtre. Les follmules du s^^^ Lllhe sont oblongs, d’une longueur de 4 a 5 “n me res lur 2 ou 5 de largeur; ils sont à peine arques, b unatres ou noirâtres au milieu, verdâtres sur les bords; le produit sur les valves par les semences est peu saillant,

***16 Sàjéde Tripoli ne contient généralement pas d’argiiel ; i, elttn:^ Prin^cipalement de folioles d® de Gassin oUmifolia. Son nom lui vient de la voie pa L (luelle il arrive et non pas de son lieu d origine, qui est situé beaucoup plus avant dans l’Afrique centrale. Les fo liciiles sont plus petits que ceux du sene de la P^®^^ r couleur est moins noirâtre, mais ils ont la meme foime

Le Séné Moka est formé de folioles longues et étroites fournies par le Cassia angustifolia-, les follicules se p prochent des précédents, mais ils sont plus longs et plus

étroits. Ce séné vient d’Arabie.

Le Séné de Thide est produit par le Cassia ’

il tend de plus en plus à remplacer le séné de la palüie, ses folioles peuvent atteindre une longueur de 6 cenf'mebcs et une largeur de 15 millimétrés; elles sont membraneuses et dTne bdle couleur verte. Les follicules ont les memes caractères que ceux du séné moka. c • ■ ,1^

Citons pour mémoire les Sénés d'Alep, du Sénégal ei de Port-Royal, qui n’ont qu’une importance min.rae, soit qu on ne les trouve qu’en faible quantité dans le ®o™merce so t que les essais thérapeutiques auxquels ils ont e e aient été peu satisfaisants.

Les connaissances que l’on possède sur la composilion chimique du séné sont bien incomplètes. Lassait e Fe neulle en ont donné en 1821 la composition^uivante principe, gommeux- et albuminoïdes, chlorophylle 2 ide

rame jaune, cathartine-, ce dernier corps serait d’anrés ces auteurs, le principe actif du séné .^’est une mLse d un brun jaunatre, mcristallisable, d’une saveur amère et ne contenant pas d’azote; ses caractères la rapprllîe: raient de la cytisme extraite par Ciievalier et LassaLe du cytise faux-ebemer. Pour Dragendorff et Kubly f’est à un acide egalement incristallisable, Yacide calhartiaL qu il faudrait attribuer les propriétés purgatives du sénécet acide existe dans la plante, partie à l’état libre partie •en combinaison avec la chaux et la magnésie; si on fe fait

driou de l’acide chlorhy-

driqu.., il se dédoublerait en glucose et acide cathartnne nique ; le séné contiendrait en outre, d’après ces cbimisti

présentent une composition analogue, mais ils contiennent îf F*"' mucilage et moins de principe purga¬

tif, leur action est donc plus faible que ceHe des folioL Quelque peu avancée que soit l’étude chimique du séné' Bucheim et bchmiedebcrg l’ont fait rentrer dans un groupe

rhubarbe, les rhau,„ées reutreraieu, dans"; gr™r»’dê

';,XTJZ'^SofS^Lkr,s;rome sont des dérivé, de

fw/imcène; il en est de même de la fmnÿMZîwe-

Le groupe anthracéniqne, justifié chimiquement, peu

l’être aussi physiologiquement; les membres qui le com-

no ent ant doués d^ne action irritante, phlogogène; leur Sn rLüve est périst.lt.Sène .1 le pr mc.pe auquel

elle est due est accompagné de ^ également

cilagineuses abondantes, dont 1 action a « ^ egalement invoquée; l’irritation intestinale peut etre plus «u moins Eté avec le séné elle est plus faible ; le principe actif est facilement résorbé et passe facilement dans J^rnie sans orovoauer d’accidents rénaux ; il n en est pas de meme ue F3e if . pu amener la t.rmali.n de calcul, rénaux

et des néphrites sérieuses. mUi>,i 1 ps et ses

Te séné fournit au commerce ses follicules et ses fohole celles-ci renferment souvent une forte proportion de diSir\s de feuilles, de tiges de ^l^û^hettes désignés s^ le nom de qrabeaux et dont il faut absolument le® ^eba rassem on a ainsi le séné mondé. Le séné de la palthe, qu est le plus répandu dans le. commerce, sera soigneusement exalé au pLt de vue des feuilles ^trangres ^ peu^ contenir, que l’origine de celles-ci soit accidentelle ou volontaire; on reconnaîtra Varguel aux cararderes qu nous ravons donnés plus haut; les feules de arbrisseau de la Provence et du Languedoc foit astr n gentes et vénéneuses, se reconnaîtront aux £ ® elles sont ovales, glabres, très entières, longues de a 0 centimètres, largis de 7 à niillimètres; vure médiane elles présentent des nervures l

allant de la hase au sommet de la feuMe direction parallèle aux bords. On aurait egalemen inh o duit dans le séné des feuilles de baguenaudim, d a.

''ÏfaiEa de plus rejeter tout séné, même authentique.

qui présentera une couleur jaune ou des taches brunâtres.

Les folioles et les follicules de séné sont d’un usage courant, mais les folioles sont douées d’une plus grande activité; a la dose de o à 5 grammes elles occasionnent, au bout de 5 a 6 heures, des selles accompagnées de coliques; a la dose de 10 a 15 grammes, les coliques deviennent plus violentes et s accompagnent de nausées et même de vomissements; les selles sont liquides, puis diarrhéiques; ces coliques sont dues aux contractions intestinales provoquées par 1 action du séné sur la tunique musculeuse. Pour Lubler 1 influence du séné ne se fait pas seulement sentir sur 1 intestin; si la dose est exagérée, il y a excitation des fibres musculaires des organes voisins, vessie et utérus ; il peut y avoir également congestion de la partie extrême du gros intestin et production d’hémorroïdes; mais ce fait parait assez rare. Il n’en est pas de même des coliques, qu on peut cependant faire disparaître en partie en faisant subir au sene une macération dans l’alcool avant de l’employer.

L’effet de la purgation se fait encore sentir le lendemain, mais, ainsi que Schwilgué l’avait déjà signalé, les hautes doses ne sont pas suivies de constipation. L'action purgative n est pas seulement obtenue à la suite d’ingestion, elle peut etre egalement produite par une injection d’infuse do sene; il y a probablement alors excitation des ganglions moteurs de l’intestin. ^

Les principes du séné passent rapidement dans l’urine et dans le lait des nourrices, auquel ils communiquent des LrWte r passage dans l’urine est rendu '

manifeste par la couleur jaune ictérique que prend celle-ci; mais on reconnaîtra qu’on n’a pas affaire aux pigments bihaiies, a 1 aide de l’acide azotique nitreux; de plus, nnrAri’ ^f«liuysoplianique qu’elle contient

apres 1 absorption du séné, prendra par les alcalis une colola ion louge, disparaissant par addition de poudre de zinc, caractères permettent de guer acide chrysoplianique de la santonine, qui lend aussi 1 urine jaune et susceptible de rougir parles

alcalis, mais cette coloration ne disparaît pas par addition

de poudre de zinc. , , . . ,i

Malaré les coliques qu’il peut occasionner, le séné i end de réels services par la facilité de son administration; au^si est-ce un des purgatifs les plus répandus, employé soit comme laxatif, soit comme purgatif. I trouvera indiqué dans les mêmes circonstances que les differents drastiques et, comme eux, contre-indique quand on craindra son action sur la fibre musculaire delà vessie, de l’utérus; on évitera donc son emploi chez les femmes enceintes et aussi chez les nourrices, dont le lait deviendrait purgatif pour le nourrisson.

PODDRE DE SÉNÉ

Le Codex indique une poudre de folioles et une poudre de follicules de séné; ce sont des préparations peu employées et qui s’altèrent rapidement à l’air. On peut les administrer à la dose de 2 à 8 grammes, mélangées avec du

'"la poudre de folioles entre dans \'élecluaire lénitif ou élecliiaire de séné composé, peu usité aujourd’hui, mais qui a joui autrefois d’une certaine vogue, surtout administre en lavements. Cet électiiaire se prenait à la dose de -o a 50 grammes, en boisson, ou bien de 30 à 60 grammes dissous dans une quantité d’eau suffisante, en lavements.

TElNTUnE ET EXTRAIT DE SÉNÉ

Le Codex a maintenu ces deux préparations que nous ne faisons que mentionner, en conseillant plutôt de ne pas les employer ; la première, parce que l’alcool ne dissout pas les principes utiles .de séné; la seconde, parce que 1 évaporation et l’air ne peuvent qu’altérer les solutions de sene qu’on veut amener en consistance d extrait.

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