PURGATIFS FOURNIS PARLA FAMILLE DES CONVOLVULACÉES
La famille des Convolvulacées fournit à la matière medicale trois plantes dont l’usage est devenu des plus repan-
dus dans la Ihérapeulique : le jalap, le turhith et la scammonee. Ce sont les racines de ces plantes qui sont utilisées, et, malgré..leurs différences d’aspect extérieur ces racines présentent dans leur conslilulion un cer ’
, nombre de caractères communs, qui justifie leur rapprochement et leur réunion en un seul groupe : on v trouve toujours un certain nombre de cellules résineuses formant sur une coupe transversale des lignes plus ou moins legnlierement concentriques groupées surtout dans le tissu cortical au voisinage de la ligne du cambium et sur une coupe longitudinale, des séries allongées dans lé sens de axe; les cloisons qui les séparent peuvent se résorber et 11 se forme des sortes de vaisseaux lalicifères larges et courts ; le suc de ces cellules, qui était laiteux à 1 état trais, devient résineux ou gommo-résiiieux par la dessiccation. F w
On a divisé les résines retirées des Convolvulacées suivant quelles sont solubles ou insolubles dans l’éther; la jalapine, 1 oribazine et la scammonine sont solubles dans lether; elles forment la partie principale des résines de jalap et de scammonee; la convolvuUne et la turpéthine sont insolubles dans 1 ether, la première se trouve dans le jalap, la seconde dans le turbith.
Planchon donne pour les racines des Convolvulacées le tableau suivant ;
Racines tubériformes, montrant sur la coupe transversale des couches concentriques plus ou moins résineuses.
Racines cylindriques, tordues sur elles mêmes, renfermant, dans l’écorce, des faisceaux ligneux très poreux, résine jaunâtre.
Racines généralement cylindri- j ques, droites ou tordues, sans !
faisceaux ligneux dans l’écorce, j
■Jalaps.
Turbith.
Racines de scammonee.
Les racines principales auxquelles on a donne ce nom sont au nombre de trois ; lejalap officinal ou Inbereux, le jalap léger ou fusiforme et les jalaps de Tampico ou
'^X^ialap tuhéreux est le seul qui entre dans les préparations officinales ; il se présente sous une forme plus ou moins arrondie, est lourd, à cassure nette montrant de . nombreuses cellules résineuses réunies en rangées concentriques; il est produit par YExogonium jalapa, espece ÔVEiro de la zone tempérée du Mexique et cult.vee auLrd’hui dans un certain nombre de localités européennes. Les tubérosités peuvent varier beaucoup dans leurs dimensions, depuis la grosseur dune noix jusqu a une longueur de 10 centimètres avec une largeur de 4 a 5 centimètres; elles sont tantôt entières, tantôt en frag- Lntf îune couleur brun noirâtre au brun clair avec une S e extérieure aqueuse, portant des rides longitudinales et des verrues tubéreuses. L’odeur est peu nauséabonde, la saveur douce et acre; coloration bleue due à la forte proportion àfumàm ou trouve dans cette sorte de jalap de la jalapine et de 4
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orrabensis qu’on trouve dans les memes zones que le pre cédrat; la radne est fusiforme, d’un diamètre de 5 a 10 centimètres; la surface corticale, gris-noir ou gris-biun, est ru-ueuse et porte des sillons longitudinaux assez profonds ; la cassure n’est plus nette, comme pour le jalap tubeieux, mais fibreuse; la zone ligneuse est également caractérisée par ses faisceaux fibro-vasculaires qui lui donnent un Lpect particulier; l’odeur et la saveur, tout en se rapprochrat de celle du jalap tubéreux, sont beaucoup moins marquées; enfin le jalap fusiforme ne contient que de la
^^^^ejalap de Tampico est produit par VIpomœa simulons;
il présente une forme digitée; sa surface exiérieure porte des rides longitudinales profondes et irrégulières; il est de dimensions plus pelites que les précédents ; sa cassure est cornée ou amylacée et non fibreuse, comme celle du jalap fusiforme dont il n’a pas non plu s les grosses fibres ligneuses ; il ressemblerait plutôt au jalap tubéreux, dont il se distingue par sa légèreté et sa moindre richesse en résine; on a donné à la résine du jalap de Tampico le nom de tampicine ; elle existe dans le tubercule dans la proportion de 3 à 10 pour 100, suivant Tâge, et se rapproche de la jalapine par sa solubilité dans l’éther. Nous ne ferons que citer les faux jalaps : faux jalap rouge ou rayonné, décrit par Guibourt, faux jalap h odeur de rose, racines de Mirabilis jalapa, de Bryone et de Belle-de-nuit.
La composition du jalap serait, d'après l’analyse de Geiber : résine dure, rédne molle, convolvuline et jalapine, extractif un peu âcre, matières gommeuses et mucilagineuses, sucre incristallisable, amidon, ligneux, sels minéraux.
La résine brute de jalap est odorante, âcre, irrite la gorge et produit une cuisson douloureuse si on l’insuffle dans l’œil; elle existe dans la racine dans la proportion de 15 pour 100 environ; elle est formée de deux glucosides solubles dans l’alcool : la jalapine, soluble également dans l’éther, et la convolvuline, insoluble dans ce véhicule.
La jalapine a pour formule elle se dédouble
par ébullition avec les acides minéraux étendus en glucose et jalapinol.
La convolvuline a pour formule c’est l’anhy¬
dride convolvulinique ; elle se dédouble en glucose et convolvidinol.
M. le professeur Bâillon a fait cultiver du jalap dans le jardin botanique de la Lacullé de Médecine et a fait remettre les tubercules qu’il a récoltés à M. le professeur Regnauld. Regnauld et Villejean ont extrait de 1000 grammes de ce jalap séché à 100 degrés, 25 grammes de résine mixte (mélange de jalapine et de convolvuline) répondant à la composition suivante :
1000. grammes de résine ) jaiapi^e. ... 166 grammes
mixte séchée à 100" con-> §54
tiennent ; I
Un ialap du Mexique d’excellente qualité a donne a ces savants 96 grammes de résiné mixte pour 1000 grammes de jalap séché à 100 degrés; et cette résine mixte avait la composition suivante ;
1000 grammes de lésine I jaiaping. ... 93 grammes
mixte séchée à 100“ con- . 997
tiennent ; )
Le seul jalap officinal est le jalap tubéreux, quon reconnaîtra aux caractères qui en ont été donnés ; on jugera de sa valeur en dosant la quantité de résine qu il contient et qui doit être supérieure à 10 pour 100. On suivra pour ce dosage le procédé indiqué plus loin pour la préparation de la résine de jalap. . • 1 i
Le jalap contenant une certaine quantité d amidon est facilement piqué par les larves d’insectes, qui laissent la résine intacte; le jalap piqué est donc plus riche en résiné et conviendra très bien pour l’extraction de celle-ci ; mais il ne doit pas entrer dans les préparations pharmaceutiques, son activité s’étant accrue dans un rapport indéterminé.
Si l’on ingère à hautes doses (4 grammes) de la poudre de racine ou de résine de jalap, il se produit de l’entente et une .superpurgation violente ; les selles sont nombreuses et liquides et l’entérite peut se terminer par la mort. Pour Bernatzki les doses mortelles produisent les effets du choiera nostras, sans entérite; la mort serait due à l’épuisement et à l’épaississement du sang. Les accidents ne commencent a SC manifester que lorsque le jalap est parvenu dans 1 intestin ; l’estomac n’éprouve rien. C’est qu’en effet le milieu stomacal est un milieu acide et la résine de jalap est insoluble dans les acides, tandis qu’elle est soluble dans les alcalis, et c’est à la propriété que possède la salive alcaline de dissoudre la résine qu’il faut attribuer la saveur âcre que celle-ci développe dans la bouche.
Les rechercJies de Bernatzki ont montré que la résine de jalap mise au contact d’une muqueuse humectée de liquide alcalin produit de l’irritation sur celle-ci; or le milieu intestinal a une réaction alcaline, et de plus le jalap arrivé dans le duodénum subit encore l’action de la bile et du liquide pancréatique qui sont également alcalins. Parmi les éléments de la bile, les uns, tels que la taurine, n’ont aucune action dissolvante sur la résine de jalap; les autres, au contraire, taurocholate et glycocholate de soude, la dissolvent parfaitement et provoquent par suite des elfets purgatifs. Ceci prouve ;
•1“ Que l’action du jalap se manifeste sur les premières portions de l’intestin, et se continue au contact de la bile déversée en plus grande abondance ;
2“ Que le contact de la bile favorise singulièrement cette action, et paraît même indispensable, car si l’on a soustrait au contact de la bile de la résine de jalap introduite dans l’intestin grêle ou le gros intestin, on n’obtient aucun effet purgatif.
Prise à doses modérées, de 30 à 60 centigrammes, la poudre de jalap produit, au bout de deux ou trois heures, des selles molles sans coliques; à doses plus élevées, de 1 à 2 grammes, les selles sont liquides, il peut y avoir des coliques et du ténesme.
En injections intravasculaires on obtient, chez les chiens, des effets purgatifs suivis de mort avec des doses relativement faibles de résine ou de convolvuline ; il n’y. aurait pas superpurgation. (Soulier, Traité de Thérapeutique.)
Le jalap est indiqué dans tous les cas où l’action d’un draslique est jugée nécessaire ; il agit mieux que la plupart des autres purgatifs dans les hydropisies. C’est un agent précieux, parce qu’il est facile à administrer et cause peu de coliques; son emploi n’est pas suivi de constipation. •Le jalap possède aussi des propriétés vermifuges.
rODDRE DE JALAP
La poudre de jalap est <1 un gris foncé, d'une odeur spéciale, un peu nauséeuse et d'une saveur très âcre. Elle contient de à d8 pour 100 de résine.
Se prend à la dose de 50 centigrammes à 2 grammes, délayée dans du bouillon aux lierbes ou mélangée à du miel.
PODDRE DE JALAP COllPOSÉE (Ph. Esp.)
A prendre à la dose de 2 à 5 grammes.