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CASSE, TAMARIN, PETIT-LAIT

Les purgatifs sucrés comprennent les eccoprotiques et les laxatifs de Soulier, c’est-à-dire que leur action n’est pas vraiment purgative, qu’elle se borne à provoquer des selles normales ou molles ; il est bien évident que les purgatifs pris à dose suffisamment faible pourraient rentrer dans celte classe, mais en réalité elle doit être réservée aux produits dont l’action est peu énergique, dont quelques-uns même peuvent être pris comme aliments : les pruneaux, les fleurs de pêcher et de rose pâle, la casse et le tamarin, le sureau, la manne, le miel et la glycérine, enfin le petit-lait.

Les pruneaux pourront être recommandés comme aliment aux gens constipés; ce sont les fruits du prunus domestica [Rosacées], qu'on a fait sécher en les exposant alternativement au soleil et à la chaleur ; les Pruneaux de table peuvent être parfaitement employés, quoiqu’on ait considéré comme plus spécialement médicinales les prunes de Damns, variétés de petites prunes arrondies fournies par des arbres que certains botanistes ont groupés en une espèce particulière, les Prunus damascena.

La famille des Rosacées a encore fourni à la médication laxative les pétales de roses pâles et de pêcher, avec lesquels on préparait des sirops administrés quelquefois aux enfants. Ces sirops sont bien peu employés ; le Codex a néanmoins conservé une formule du sirop de fleurs de pêcher, qui se donne aux enfants à la dose d’une ou deux cuillerées à dessert comme laxatif. Dans le cas où l’on désirerait prescrire ces sirops, malgré leur peu de valeur, il faudrait s’assurer qu’ils sont en parfait état de conservation.

Le miel possède des propriétés laxatives assez marquées ; on en distingue plusieurs variétés, dont les principales sont : le miel de Narbonne, qui est le plus estimé : il est blanc, grenu, aromatique; le miel du Gâiinais, moins aromatique et moins blanc; le miel de Bretagne, le moins estimé, d’une odeur forte et d’une couleur jaune plus ou moins rougeâtre.

D’après Soubeyran, le miel est un mélange en proportions variables de glucose et de lévulose avec un peu de sucre de canne et de mannite ; on y trouve en outre un ou plusieurs acides 'organiques, des principes aromatiques et colorants, des substances grasses, des principes azotés et des grains de pollen; il peut également contenir delà cire et du couvain (larves) qui le rend très altérable.

Pour l’usage interne on ne prescrira que le miel vierge ou le miel fin, dont il faudra d’abord constater la qualité et la pureté ; l’amidon, la farine, le sable qu’on aurait pu ajouter frauduleusement seront caractérisés par l'iode, qui les fera bleuir, et leur insolubilité dans l'alcool à 60°.

Le sucre de fécule communique au miel un goût désa-

gréable et un aspect mat particulier ; on pourra constater sa présence en recherchant le sulfate de chaux qu’il retient toujours; pour cela le miel suspect sera dissous dans l’eau distillée et la solution filtrée, traitée par l’oxalate d’ammoniaque et le chlorure de baryum, qui ne doivent donner qu’un trouble léger ou même nul.

Certains miels ont pu provoquer des accidents toxiques : il faut attribuer ceux-ci à des principes vénéneux que les abeilles ont recueillis sur des plantes toxiques, telles que l’aconit, le laurier-rose.

Le miel est laxatif à la dose de 40 à 60 grammes et cette action laxative est d’autant plus marquée qu’il est plus ancien, le sucre de canne qu’il contient se transformant peu à peu en sucre interverti.

On administre souvent le miel en lavements ; il faut dans ce cas avoir recours au gros miel, ou miel de Bretagne ; on en prescrira 120 grammes dans 3 ou 400 grammes d’eau pour un lavement.

La glycérine est également employée comme laxatif et peut s’administrer soit par la bouche, soit par la voie rectale. Dans le premier cas, elle modifie, en outre, heureusement le tube gastro-intestinal et rend de réels services dans les affections hémorroïdaires, la dysenterie, la flatulence, la trichinose. Après l’ingestion de viandes frichinées, on a recommandé de faire prendre une purgation, puis, toutes les heures, une cuillerée à soupe de glycérine pure sans addition d'eau, pendant deux ou trois jours ; l’action de la glycérine a été dans ces cas attribuée à son affinité pour l’eau; comme laxatif on en donnera de 10 à 40 grammes.

Par la voie rectale on prescrit la glycérine en lavements ou en suppositoires.

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