ABSENCE D'’ÉDIFICES RELIGIEUX
quelque peu précise, ni de la nature des esprits, ni de leur mode d'existence. Kolbe n'a pu découvrir chez eux rien qui rappelât l’enfer ou le paradis. Il en conclut qu'ils n’ont aucune notion de récompenses ou de punitions attachées aux œuvres bonnes ou mauvaises. M. Hahn est muet à cet égard. Mais peut-être est-ce un des points sur lesquels il n’a pas voulu dire tout ce qu'il sait. Un peuple qui regarde les étoiles comme les yeux de certains morts, en même temps qu'il fait de certains autres le peuple de Gaunab, a évidemment une idée au moins confuse de la rémunération qui attend les bons et les méchants.
Culte, prêtres et sorciers. — J'ai déjà dit que les Khoï-Khoï n’ont aucune espèce d’effigie destinée à représenter leurs divinités, et ne construisent aucun édifice consacré au culte. On ne peut en effet donner ce nom aux cairns regardès comme étant les tombeaux d’'Heitsi-eibib, ou à ceux qui recouvrent le corps de quelques saints, et grandissent lentement par suite de l'accumulation des pierres ou des branches d'arbres que l’on y dépose en guise d'offrande. On ne peut pas même regarder comme des chapelles le berceau temporaire de branches vertes et de fleurs, sous lequel les hommes seuls mangent la chair des bœufs offerts en sacrifice. Ces indigènes n'en ont pas moins des lieux vénérés, où ils ne passent jamais sans prier. Ce sont, comme je l'ai déjà dit, certains rochers, certaines collines, des rivières, etc. On a vu d’ailleurs que les hommages
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s'adressent, non pas à l’objet matériel, quel qu’il soit, mais au dieu ou à l’esprit qui est censé l'habiter ‘. Je ne vois nulle part que ces localités soient un but de pelerinage, et que l’on s’y donne rendezvous pour accomplir en commun des cérémonies solennelles. Celles-ci se passent toujours dans l’enceinte du kraal. C’est là, dans l'espèce de place publique circulaire formée par les huttes, que l’on fête le retour de la pleine et de la nouvelle lune ou que, les yeux fixés sur les Pléiades, on invoque Tsûi-g0a.
Chez les Hottentots, il n'existe rien qui ressemble à une caste sacerdotale. Chaque kraal à son prêtre (surri), dont la position est assez modeste. Et d'abord il est électif, ce qui semble exclure toute idée d’un caractère spécial résultant de ses rapports avec la divinité. En outre, dans la hiérarchie, il ne vient qu'au quatrième rang, après les deux chefs civil et militaire et après le médecin. Il joue un rôle important dans les cérémonies qui accompagnent le mariage et le passage des jeunes gens au rang d'hommes faits, peut-être dans celles des funérailles. Mais il n’est pas même nommé à propos des grandes solennités religieuses s'adressant soit
1 En parlant d’une foule de tribus sauvages, on répète tous les jours qu'elles adorent les arbres, les montagnes, les rochers, les rivières, etc. Mais il en est d’elles comme des Hottentots, et Logan ne s’y est pas trompé. (The ethnology of the eastern Asia and the Indo- Pacific islands, dans the Journal of the Indian Archipelago, vol. IV, 1850, P. 577.) |