‹ Les pygméesChapitre 128 sur 139 · CONCLUSION DE M. HAHN · texte numérisé non relu

CONCLUSION DE M. HAHN

nombre de phénomènes naturels personnifiés. Pour lui, dans leur développement religieux, les Khoï- Khoi ont suivi la même voie que les peuples aryens, et il pense que, s'ils n’eussent ete arrêtés par l’imperfection de leur langue, ils auraient inventé une mythologie tout aussi gracieuse que celle des Iraniens ou des Grecs. Telle qu elle est, dit-il, cette mythologie a eu pour point de départ la croyance à un Être suprême, que tous les Khoiï-Khoï, longtemps avant leur séparation, invoquaient sous le nom de Tsûi-goab, et qui a joué chez eux exactement le même rôle que Dyaus chez les ancêtres de notre propre race.

Ainsi M. Hahn fait à la mythologie des Khoi- Khoï l'application des théories indoues. Je ne puis, je le répète, le suivre personnellement sur ce terrain. Mais les maîtres en linguistique que j'ai consultés ont été unanimes pour me répondre que les langues hottentotes ne sont pas assez connues, dans leur histoire et dans leur développement, pour qu'il soit encore possible d’entrer dans cette voie. Je ne puis que souscrire à ce jugement.

M. Hahn résume dans les termes suivants l'impression générale que lui ont laissé ses longues études sur les croyances des Hottentots. « Si le mot religion répond à une pensée de foi en un Père celeste, qui se tient près de ses enfants dans leurs peines; s'il exprime la croyance en un Maïtre toutpuissant, qui dispense la pluie et le beau temps:

s'il renferme l'idée d'un Père des lumières, duquel nous viennent tous les biens; si ce Père est en même temps un remuneérateur qui voit toutes choses, qui punit le mal et récompense le bien; si la religion traduit l'aspiration du cœur vers l’/nvisible, avec l'espoir de le voir face à face dans un monde meilleur; si elle implique à la fois le sentiment de l'humaine faiblesse et l'acceptation d’un gouvernement divin, nous devons sans hésiter placer les Khoï-Khoï au même niveau que nousmêmes. »

Je ne saurais aborder ici les nombreuses questions que soulèvent ces conclusions, et je me borne à faire une seule remarque. Ou bien l’auteur exagere le degré d'élévation qu'ont atteint les croyances. religieuses des Khoï-Khoï, ou bien il ne nous a pas. fourni toutes les données nécessaires pour les apprécier. Sans doute une foule de témoignages, la déclaration si nette d’Arisimab, l'hymne à Tsûüigoa, la conduite du guide Habobé, etc., mettent hors de doute la foi des Hottentots en un Dieu créateur et régulateur tout-puissant, qui veille sur les hommes comme sur ses enfants; et le brave Nanib, en préférant la mort à l’apostasie, a prouvé qu'ils savent au besoin mourir pour lui. Sans doute aussi le culte des ancêtres, remontant jusqu à Heitsi-eibib, atteste la croyance à une autre vie, qui touche au moins de bien près à l’immortalité. Mais, dans les renseignements donnés par M. Hahn, je ne vois rien qui autorise à attribuer aux Khoï-

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