CARACTÈRES PHYSIOLOGIQUES
voyageurs ont rapporté au sujet de presque toutes les populations sauvages. Toutefois, les Mincopies qui ont été le plus sérieusement étudiés à ce point de vue, présentent quelques particularités intéressantes à signaler.
Quoique franchement Nègres par la couleur de leur peau, les Mincopies n'exhalent pas l'odeur rebutante qui parait caractériser toutes les races d'Afrique appartenant à ce type; et leur haleine est douce, à moins qu'ils n’aient mangé quelques mets qui la rende désagréable. Man cite en particulier la chair de tortue comme produisant cet effet. |
Malgré l’exiguité de leur taille et la rondeur de leurs formes, la force musculaire est relativement grande chez ces insulaires. Ils se servent avec aisance d’arcs que les plus robustes matelots anglais ne pouvaient même pas bander'. Man fait observer avec raison que l'habitude entre pour une forte part dans cet exercice. Mais il faut plus que de l'adresse pour lancer une flèche qui, armée d'une simple coquille, traverse les vêtements européens et s'enfonce profondément dans les chairs à une distance de 40 à 50 mètres.
En parlant de la rapidité de leur course, Mouat emploie la balle, le boulet, comme terme de comparaison. Les détails donnés par Man permettent de penser qu'il y a là une certaine exagération.
1 Mouat, loc. cif., p. 321.
RÉ TIT L Aa s, r - 4
Mais un point sur lequel les deux observateurs s'accordent, c'est lorsqu'il s’agit de l’acuité du sens. Mouat nous dit que les Mincopies distinguent à l'odeur les fruits cachés dans l’épais feuillage du jungle. Man assure qu'ils reconnaissent à l’aide seule de l’odorat, sur quelles fleurs ont butiné les abeilles dont ils recueillent le miel. La vue et l’ouie sont aussi d'une finesse extrême. Toutefois le premier de ces sensest plus développé chez les tribus qui vivent dans le jungle, le second chez les habitants de la côte. Ces derniers, par la nuit la plus noire, percent de leur harpon les tortues qui viennent respirer à la surface de l’eau, guidés seulement par le très faible bruit qu'elles font en pareil cas.
La vie est courte chez les Mincopies, bien que la durée de la première période de développement ait presque la même durée que chez nous. Les hommes sont pubères vers l’âge de seize ans, les femmes à quinze ans. Mais la vie moyenne est d'environ vingt-deux ans seulement, et l’âge de cinquante ans est pour eux l’extrème vieillesse.
L'histoire pathologique des Mincopies présente quelques traits qui méritent notre attention. Un cipaye déserteur, qui a longtemps vécu parmi eux, et à qui Mouat et Owen ont emprunté bien des renseignements, a signalé les maladies dont souffraient ces insulaires avant l’arrivée des Européens. Il a signalé l’asthme, le rhumatisme, les diarrhées, les fièvres intermittentes, etc. Il a déclaré