IMPORTANCE DU LIVRE
Khoï cette haute aspiration vers une communion intime avec le Dieu suprême, rien même qui suppose la notion quelque peu précise d'une récompense réservée aux bons, d'une punition qui attend les méchants. A ce point de vue, loin d'être les égaux des Aryens, ils sont bien au-dessous de plusieurs populations arrêtées à un degré d'état social inférieur à celui qu'ils ont atteint. E n particulier, comme on l'a vu dans les pages précédentes, les Mincopies, simples chasseurs ou pêcheurs, se sont fait de leur Dieu suprême une idée plus spiritualiste, et sont arrivés, quant aux futures destinées de l'homme, à des conceptions bien plus précises et plus justes que les Hottentots. Mais peut-être M. Hahn a-t-il écrit ses appréciations en tenant compte aussi bien de ce qu'il n'a pas jugé bon de nous dire que des documents qu'il nous a livrés.
Malgré ces lacunes, le livre de M. Hahn n'en présente pas moins un intérêt des plus grands. Il nous fait connaître toute une mythologie rudimenmentaire nouvelle, réunissant, comme celles de tant d'autres populations sauvages, des notions très élevées et les fables les plus puériles. En outre, cette mythologie appartient à l'une des plus anciennes, peut-être à la plus ancienne des races africaines. A ce titre, elle a pour nous un double intérêt. L'auteur a donc ajouté un chapitre des plus importants à l'histoire de ces petites religions, trop souvent négligées et dont la connaissance éclairci-
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rait à coup sûr quelques-uns des problèmes que pose aux mythologues l'étude de leurs grandes sœurs1.
1 On sait que M. Emile Burnouf ne reconnaît comme grandes religions que le christianisme, le judaïsme, le mahométisme, le brahmanisme et le bouddhisme. (Revue des Deux Mondes, Ier et 15 décembre 1864.) Ce sont en effet les plus importantes au point de vue du nombre des croyants. Sur 1392 1/2 millions d'âmes composant les populations du globe, ces cinq religions, d'après M. Hubner, en comprennent à elles seules 1 136 1/2 millions. Mais le même auteur estime que les diverses croyances religieuses qui se partagent l'humanité atteignent à peu près le nombre de mille. Les petites religions composent certainement la très grande majorité. Les négliger dans les études de mythologie comparée serait donc agir comme un naturaliste qui croirait se faire une idée de l'organisation des animaux en étudiant seulement les vertébrés.