EXTINCTION PROCHAINE 1 3 I
reux phénomène constaté en Océanie, partout où sont arrivés les Européens. Ici comme à Taïti, aux Marquises, à la Nouvelle-Zélande, etc., la mortalité a grandi considérablement, en même temps que la natalité diminuait. Le nombre des décès l'emporte de beaucoup sur celui des naissances. La popula-
Fig. 20. Truganina ou Lalia-Rookh, d'après le buste moulé par Dumoustier.
tion de l'île du Sud, qui au moment de la prise de possession comptait 1500 âmes, était réduite à 500 en 1882. En vingt-quatre ans elle avait diminuée des deux tiers.
Il est évident que la phtisie est à l'œuvre dans ce petit archipel; et bien qu'il n'y ait pas eu ici de guerre noire, bien que les Anglais aient agi presque paternellement envers les insulaires, les Mincopies sont destinés à disparaître en peu d'années, comme ont disparu les Tasmaniens \
* La race qui peuplait la Tasmanie n'est plus aujourd'hui représentée que par quelques métis. Le dernier homme de race pure, William Lanney ou Lanné, est mort en 1869 (fi g. 19) ; la dernière femme, Truganina, l'héroïne de la guerre noire, s'est éteinte en 1877 (fig. 20). On a voulu rendre les colons anglais responsables de cette extinction totale d'une race humaine; et certes leur conduite envers les indigènes a trop souvent fourni de sérieux prétextes à cette accusation. Mais j'ai montré ailleurs que la principale cause de la disparition des Tasmaniens a été ce que j'appelais alors le mal d'Europe, lequel n'est aujourd'hui pour moi autre chose que la phtisie. (Journal des savants, mars, 1879, p. 157.) Cet article a été reproduis dans mes Hommes fossiles et Hommes sauvages, p. 398.