‹ Les pygméesChapitre 46 sur 137 · CARACTÈRES DES MIN COPIES · texte numérisé non relu

CARACTÈRES DES MIN COPIES

déjà femme, et une faiblesse de sa part serait regardée comme un crime.

Tout mariage entre parents est absolument interdit jusqu'au dernier degré reconnu par ces insulaires. Cette règle s'étend à la parenté par adoption, mais non à la parenté par alliance. Nos unions entre cousins germains sont, aux yeux des Mincopies, hautement immorales, et ils nous en font un reproche. Ils justifient ainsi une fois de plus l'observation générale faite par un auteur anglais, savoir, que « c'est chez les peuples les moins civilisés que l'on trouve la plus grande horreur des mariages incestueux ».

Quand il s'agit d'un mariage ce ne sont pas les intéressés qui font les premières démarches. Ce soin incombe au gardien de la jeunesse, dont le devoir est de surveiller les liaisons existant entre ses subordonnés, et de reconnaître celles qui peuvent faire prévoir un attachement durable. Si un jeune homme ou un veuf est surpris dormant dans la hutte d'une jeune fille, le mariage s'ensuit nécessairement. Mais cette union est considérée comme irrégulière et porte un nom particulier (tigwanga). Elle ne donne lieu à aucune cérémonie et entraîne une certaine déconsidération.

Le mariage est purement civil. Le jour venu, on se rassemble dans la hutte du chef. La fiancée reste assise, assistée de quelques matrones ; le fiancé est debout, au milieu des jeunes gens. Le chef s'approche de lui et l'entraîne vers la jeune fille

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