‹ Les pygméesChapitre 77 sur 137 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

Langage. — Luçon ; invasion du malais. — Malacca ; mélange des langues ; camphor language. — Affinités linguistiques.

— Etat social. — Mincopies ; Aëtas ; culture; ancien état social ; famille ; mariage ; héritage ; adultère. — Industries. Feu ; logement ; nourriture; armes; flèches empoisonnées.

— Caractères religieux et moraux. Etres supérieurs; esprits; autre vie; chasteté, pudeur; caractère général.

Langage, — Quoique dispersées des Andaman aux Philippines, les tribus négritos ont conservé d'une manière remarquable tous leurs caractères extérieurs et ostéologiques. Il en est autrement du langage. Celui-ci a parfois à peu près complètement disparu au contact de populations supérieures, là même où des groupes négritos encore nombreux et jouissant d'une certaine indépendance ont conservé une pureté de sang relative.

Ce fait avait été reconnu aux Philippines dès les premiers temps de l'occupation espagnole. Même

dans l'île qui leur doit son nom, nos petits noirs parlaient le bisaya, c'est-à-dire un dialecte local du malais i, seulement ils y mêlaient un grand nombre de mots étrangers. Il me semble probable que ces derniers étaient autant de témoins conservés de la langue primitive.

A Luçon, il devait, à plus forte raison, en être de même. Le témoignage donné sur ce point par de La Fuente a été pleinement confirmé par les recherches de M. le Dr Montano, qui a bien voulu mettre à ma disposition ses notes inédites avec une libéralité dont je suis heureux de le remercier ici. Ce voyageur, qui parle couramment le malais et s'est familiarisé avec plusieurs de ses dialectes, a retrouvé dans le langage des Aëtas non seulement les formes grammaticales, mais encore un vocabulaire presque exclusivement tagaloc. Il à vérifié un à un cent quatre mots recueillis par M. Meyer dans le dialecte de Marivelès; il a noté ceux qui lui ont paru étrangers aux langues malaises, et n'en a trouvé que dix-sept. Encore croit-il devoir faire des réserves au sujet de quelques-uns d'entre eux 2.

M. Montano n'a pu recueillir des renseignements aussi précis relativement au langage des Marna-

1 La lingua delV isola detta dei Negri e la Bissaya stessa col miscuglio di moltissime parole forestière. (L'abbé Torrès, cité par Prichard : Recherches info ihe physical history of mankind, vol. V, p. 22:.)

2 M. Montano compte, en outre, treize mots non malais dans le même vocaculaire traduit en dialecte négrito de Zambalès. Il a aussi

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