DE DEUX FAISCEAUX CATHODIQUES PARALLÈLES
Par E. WIEDEMANN et H. ÉBERT.
Tradait de l'allemand par P. MASSOULIER.
Anna/en der Physik und Chemie, t. XLVI, 1892, p. 1.
Dans un récent Mémoire publié dans les Comptes rendus de la Société physico-médicale d*Ërlangen nous nous sommes occupé'' (l'une série de propriétés des rayons cathodiques (passage à tra*pr5 des feuilles métalliques minces, réflexion difluse, dispersion) et avoii< étudié leurs caractères surtout au point de vue d'une théorie générale des phénomènes de décharge dans les gaz. En particulier nous avons été conduits à examiner de plus près l'expérience faite par CrooLt^ et dont il a déduit que « deux faisceaux cathodiques parallèles el de même sens se repoussent mutuellement ».
Crookes se servait d'un tube portante l'une de ses extrémités deai lames a et b (Jig* 1) légèrement inclinées sur l'axe; à l'autre cxtrt-
iMg. I.
mité se trouvait une anode et devant a et b était dispose un écran de mica avec deux ouvertures rf et e; derrière cet écran el parallèlement à Taxe du tube se trouvait une autre lame de mica, recouverte d'une •iiubstance phosphorescente, sur laquelle se dessinaient nettement les faisceaux cathodiques émanés de rf ou e. En employant seulement Tiin des plateaux a ou 6 comme cathode (*) on obtient un faisceau de
(') Nous avons utilisé comme source d'électricité une grande macbiae à inflaeiKt à 'il) paires de plateaux, avec laquelle les phénomènes obser^'és présenteot une ûiùf u'xiiuordinairc et dont je suis redevable à la Elisaltelh Thomson Science'F<»à M laquelle j'adresse ici, à cette occasion, mes meilleurs rcmercimenis.
SUR LA PRÉTENDUE RÉPULSION DE DEUX RAYONS CATHODIQUES- Io57
rayons cathodiques qui coupe Taxe du tube à peu près à rexlrémité de l'écran. Si les deux plateaux sont reliés simultanément au pôle négatif de la source d'électricité les deux faisceaux s'écartent l'un de l'autre : ils sont encore rectilignes, comme précédemment, mais se propagent parallèlement à l'axe du tube. Tout paraît se passer comme si les deux faisceaux se repoussaient, quoiqu'il soit bien étrange qu'on n'observe aucune courbure de ces faisceaux.
Nous avons modifié cet appareil en ajoutant au-dessus de l'ouverture d un petit écran de mica pouvant tourner autour d'une charnière de façon à fermer l'ouverture rf ou à la laisser libre suivant l'inclinaison qu'on donne au tube en l'agitant convenablement. En ouvrant d on utilise le faisceau cathodique émis par a et l'on peut maintenant décider si la déviation observée est due au faisceau lui-même ou à sa source dans un changement des conditions à la cathode. L'expérience montre que c'est cette dernière supposition qui est la vraie.
Si l'on prend d'abord b seulement, puis 6 et a comme cathodes, la déviation du faisceau passant par e se produit exactement de la même façon que d soit ouvert ou fermé (*).
La déviation observée n'est donc pas due à ce que les faisceaux passant par fif et e se repoussent mutuellement, mais à ce que l'émission des rayons par une cathode se fait de façon différente suivant que cette cathode fonctionne seule ou suivant qu'une autre cathode fonctionne simultanément dans le voisinage.
Ceci s'accorde avec l'idée déjà exposée ailleurs, d'après laquelle la formation des rayons cathodiques est précédée de mouvements à la cathode. Le phénomène actuel se rattache donc étroitement aux recherches de Goldstein sur les phénomènes de déviation.
(*) Les rayons cathodiques passant à travers les ouvertures de l'écran produisent sur la paroi de verre en face de la cathode deux taches circulaires vertes qui se déforment aussi dans les deux cas quand on prend pour cathodes d'abord by puis b et a.