ii
Le nombre 3,9. 10* trouvé par M. Rutherford pour une longueur de trajectoire de 5*^", i et pour un champ de 8400 unités, concorde avec les déterminations précédentes.
Ainsi on peut conclure de ces expériences que, dans un champ magnétique uniforme, le rayon de courbure de la trajectoire des rayons a, déviés par le champ, va en augmentant avec la longueur de la trajectoire.
11 semble que Ton doive attribuer cette perturbation à la présence de Pair. Si l'air modifie les radiations qui le traversent, l'effet que nous venons de signaler ne doit pas s'observer dans le vide.
L'expérience est difficile à réaliser dans le vide avec un champ suffisamment intense; cependant, M. Th. Des Coudres(') est parvenu à mesurer dans le vide une déviation magnétique et une déviation électrostatique. Avec un champ magnétique de 2000 unités et pour une distance de 8''™, qui ne saurait être parcourue dans l'air, la valeur de RH a été trouvée égale à 2,56. 10*; ce nombre, relativement petit pour la distance de la source à l'écran, est égal à celui que l'on trouve dans l'air pour des longueurs de trajectoires six à huit fois moindres. D'après les expériences de M. Des Coudres, dans
le vide, le rapport — aurait la valeur 6,4. 10', voisine de celle qu'a
donnée M. Rutherford, et la vitesse serait i ,65. 10*.
(*) Physikalische Zeûchrift, t. IV, p. 483, i" juin 1903.
La comparaison de celte valeur du produit RH avec celles des Tableaux précédents fait ressortir Tinfluence de Pair sur la trajectoire des rayons a.
Pour établir la nature de cette influence, il serait nécessaire de mesurer la déviation dans un champ électrique, dans Pair, afin de
pouvoir calculer les diverses valeurs de — et de v le long de la trajectoire, et de voir comment varient ces facteurs
Les rayons cathodiques ne paraissent pas présenter cette propriété, du moins au même degré. Peut-être celle-ci est-elle corrélative de la vitesse moindre des rayons a et de la mobilité des ions négatifs plus grande que celle des ions positifs.
Cette propriété doit encore être rapprochée des autres particularités qui caractérisent les rayons a. On sait que M. et M"* Curie (* ) ont observé que les radiations a du radium et du polonium sont absorbées par une épaisseur d'air de quelques centimètres, et qu'elles deviennent de moins en moins pénétrantes à mesure qu'elles traversent des épaisseurs croissantes d'aluminium ou d'air, loi d'absorption qui est contraire à celle que l'on observe pour les radiations non homogènes et qui peut être attribuée à une transformation progressive de la radiation.
Od a pour les rayons a
dm de dv
Or V ne peut vraisemblablement pas augmenter; d'un autre côté la force
vive ne peut que diminuer
dm dv ^
ha— <o,
il résulte de ces inégalités
dm, de
m peut s'accroître en attirant les molécules neutres de l'air. Si l'ion + rencontre un ion — , l'ensemble devrait, d'après les idées admises sur l'égalité des charges, constituer un groupement de molécules neutres. Ainsi s'expliquerait la transformation du rayonnement, sa diffusion et son absorption rapide dans l'air.
Si l'on démontrait que e varie, il faudrait en conclure que les charges portées par les ions de différents signes peuvent ne pas être toutes égales.
{Note de l'auteur,)
(*) Comptes rendus, t. CXXX, p. 76, 8 janvier 1900.