‹ Les quantités élémentaires d'électricité: ions, électrons, corpusculesChapitre 45 sur 108 · J. BL8TER ET H. GKITBL · texte numérisé non relu

J. BL8TER ET H. GKITBL

Yn. ~ SUE LA RADIOlCnriTÉ DE L'AIR COITEIÏÏ DAMS LE SOL.

Physikalische ZeUtchrift, l. III, 190a, p. 574.

Nous avons montré récemment que le phénomène de la radioactivité induite, c^est-à-dire la faculté d'émettre temporairement des rayons de Becquerel, pouvait être développé sur des corps quelconques sans l'intermédiaire des éléments rares du groupe radioacliff par contact avec l'air atmosphérique ( * ). L'air se comporte ici exactement comme s'il était lui-même radioactif à un faible degré ou chargé de traces d'une émanation rayonnante par contact avec des matières actives. Cette propriété activante se manifeste avec une intensité particulière dans l'air renfermé des caves spacieuses; elle semble ici en relation étroite avec l'accroissement anormal de la conductibilité électrique. Ainsi on pouvait enlever par frottement à des fils qui avaient été exposés avec une charge négative, pendant quelques heures à l'air d'une telle cave, des substances qui, malgré leur masse cxtraordinairement faible, provoquaient avec une netteté parfaite l'ionisation des gaz, l'impres^^ion de la plaque photographique, la phosphoiescence d'un écran au platinocyanure de baryum.

Ces expériences ont été, dans l'intervalle, répétées d'autre parlel confirmées dans leurs résultats {'^),

L'origine de Tactivité considérable de l'air des grottes etdescaves, les conditions qui la provoquent, restaient tout à fait énigmatiques. Assurément, les expériences sur les masses d'air plus faibles, enfermées hermétiquement sous une cloche de verre, avaient mis aussi en évidence un accroissement de la conductibilité électrique avec le temps, et même celte constatation avait suggéré la première les recherches sur les propriétés électriques de l'air dans les grottes.

(') J. Elster el H. Geitel, Physikalische Zeitschrift, t. II, 1901, p. Ô90. — H. Geitel, Verhandl. d. Ges. deutscher Naturforscher und Aerzte, à Hambourg.

1901, p. 72 et H. Geitel, Physikalische Zeitschrift, l. III, 1901, p. 76.

(•) Rapports sur les travaux d'électricité atmosphérique dans Tannée 1901-1902 rédigés par les membres de la Commission d'électricité atmosphérique^ Gôltingen,

1902. Rapport de H. Ebert, Physikalische Zeitschrift, p. 7. Aussi : E. Rutuerford, Physikalische Zeitschrift, t. III, 1902, p. 210.

SUR LA CONDUCTIBILITÉ ET LA RADIOACTIVITK DE l'aTMOSPHÈRR. 21 S

Mais quantitativement le maximum de la conductibilité atteinte dans ces conditions artificielles restait bien au-dessous de la valeur trouvée dans l'air des glottes.

U était donc naturel de ramener l'ionisation considérable et Teflet

acûvant de l'air des grottes et des caves à une influence des parois,

€td attribuer aux pierres des murailles elles-mêmes un rayonnement

becquerel primaire. A vrai dire, l'essai direct d'échantillons de pierre

Q^ fournit aucun indice à l'appui de cette hypothèse, mais il ne faut

pas oublier que peut-être déjà les traces les plus faibles, à peine

<'écelables directement, de matières radioactives dans les parois,

pouvaient, avec le temps, remplir l'air enfermé de leur émanation.

Mais si, malgré ce résultat négatif, l'activité anormale de l'air dans

*es espaces souterrains provenait de la terre elle-même, elle devait se

Manifester, d'une manière au moins aussi intense que dans l'air des

Çï'ottes, dans l'air qui est enfermé dans les plus petites vacuoles et

<*aiis les fentes capillaires du sol.

D'autre part, on pouvait penser que l'activité normale dans les ^nasses d'air limité croissait avec le volume d'une manière encore ^i^connue et que, par suite, c'était seulement la capacité plus grande des grottes et des caves, en opposition avec les faibles dimensions <|oe comportent des expériences de laboratoire, qui provoquait l'ac- •^*viié supérieure de l'air.

Nous avons cherché à obtenir une solution expérimentale dans les deux directions indiquées.

Nous avons examiné, d'une part, les propriétés radioactives de * air qui sortait directement du sol, d'autre part, de l'air qui était •"esté enfermé trois semaines dans une chaudière à vapeur encore inutilisée, de plusieurs mètres cubes de capacité.

L'arrangement expérimental était, dans le premier cas, le même que dans les expériences citées au commencement. L'éleclroscope C (*), wiuni du corps de dispersion Z et entouré d'une toile métallique MM' ^ grosses mailles, était placé sur une plaque de fer planie AB, le tout était recouvert d'une grande cloche en verre tubulée de 27' de capacité, dont le bord inférieur s'appliquait hermétiquement sur la plaque de base. On pouvait charger l'électroscope par la tubulure supérieure

(M La figure est ideniique à la ligure -2 ci-dessus, sauf que li> cylindre EE' est enlevé cl remplacé pur une toile niélaliique cylindrique MM' h grosses mailles ayant presque le diamètre intérieur de la cloche ei posé sur la plaque de base \B.

( JVote du traducteur. )

21 4 i' ELSTRR ET H. GKITEL.

au moyen de la sonde isolée PS, mobile à frottement; après la charge, la sonde était toujours relevée jusqu'au-dessus de l'enveloppe de fil métallique et reliée à la terre. Deux tubes à robinet (H et H'), l'un à la tubulure, l'autre dans la plaque inférieure, servaient à l'introduction de l'air étudié.

L'appareil étant fraîchement monté et rempli d'air de la salle, on observait à l'électroscopc chargé une diminution de la charge avec le temps par suite de l'ionisation spontanée bien connue de l'ai i~. Comme le courant de saturation est largement atteint avec les texisions employées, il disparaît dans des temps égaux des quantités égales d'électricité; ou bien, comme la capacité de l'électroscopc ne change que faiblement par suite des déplacements des feuilles, le potentiel décroît simplement proportionnellement au temps. La diminution dans un temps déterminé, environ i5 minutes, était de i 5 à 2o volts; au bout de plusieurs jours seulement cette valeur s'élève d'ordinaire, comme on l'a déjà signalé ci-dessus, au double environ, puis elle reste stationnaire ; dans les expériences à décrire, on n'attendait pas d'avoir atteint cet état.

Pour extraire des échantillons d'air du sol, nous fîmes avec une tige de fer mince un trou de i",5 environ de profondeur dans la terre molle du jardin, et nous y enfonçâmes un tube de verre de même longueur, mais de telle sorte qu'il n'arrivait pas tout à fait jusqu'à l'extrémité inférieure du canal. La terre fut alors comprimée et piétinée sur les côtés, et, pour assurer une meilleure adhérence contre le tuyau, arrosée d'eau superficiellement. L'extrémité émergente fut mise en relation par un tube de caoutchouc avec le robinet de communication de la base de l'appareil; le robinet supérieur était réuni par une canalisation en caoutchouc avec une trompe à eau.

Avant le début de l'expérience, on déterminait la quantité dont le potentiel de l'électroscopc chargé tombait en i5 minutes, aussi longtemps que la cloche était remplie avec le simple air de la salle. Puis la l rompe aspirante fut mise en marche et l'on observa de quelle manière la dispersion électrique sous la cloche changeait, pendant (|u II y pénétrait de plus en plus d'air extrait du sol. (La cage de IVIectroscope était remplie d'air sec grâce à la présence d'un morceau de sodium.)

Ou trouva, comme il ressort de l'exemple d'une série d'obserxations rllé ci-dessous, un accroissemenl très notable de la dispersion, qui atteignit finalement une valeur si «'levée, que l'électroscopc fut déchargé en quelques minutes.

SUR LA CONDICTIBILITÊ ET LA RADIOACTIVITK DE L*ATMOSPHÈRE. !2l5

Série d'expériences du 25 au a7 août.

Avant Air du sol introduit;

rintroduction après

de — ^ -^- —

rairdusol. 5 min. 10 min. 15 min. 30 min. 60 min.

Chute de potentiel en i5 minutes et en volts i8,o i33 .«46 38o 48o 5^5

Robinets fermés; après

3 heures. 24 heures. 48 heures.

Chute de potentiel en i5 minutes et en volts... 55o 4^^ 43o

Perte dans Télectroscope en i5 minutes : 7,2 volts.

La durée d'observaliou dut par suite être réduite à 3 minutes environ et Ton a déduit par le calcul la perte en i5 minutes de celle observée pendant ce temps. Il était du reste indifférent de faire les opérations avec les robinets ouverts, c'est-à-dire pendant que Fair ^ten mouvement (assurément très faible), ou bien avec les robinets fermés, c'est-à-dire au repos. L'introduction de l'air du sol aurait pu altérer l'isolement de l'électroscope en dépit de la dessiccation du sodium : il n'en était rien, comme nous nous en assurâmes par le procédé connu, aussitôt après la fin de la série d'expériences, en déterminant la dispersion à l'intérieur de la cage de l'électroscope une expérience spéciale. {Voir le Tableau ci-dessus.)

Au lieu de conduire l'air directement du sol dans la cloche, on p^ut aussi remplir un grand flacon avec de l'air extrait du sol et introduire ensuite celui-ci dans la cloche en le chassant avec de l'eau. Ainsi la dispersion monta, par exemple, de 1 2 volts en 1 5 minutes à W volts, après qu'on eut chassé dans la cloche 3* d'air fraîchement titrait du sol. Si l'on éloignait de nouveau celui-ci en aérant la cloche, la dispersion tombait à 19 volts. Si elle ne reprend pas tout à fait la valeur initiale, cela tient à l'activité induite par l'air du sol sur la surface intérieure de la cloche, l'électroscope lui-même et son enveloppe de toile métallique ; cette activité ne disparait de nouveau progressivement qu'au bout de plusieurs heures. En fait, l'air aspiré hors du sol n'est pas seulement anormalement conducteur, mais il <*onlient aussi, comme l'air des grottes et des caves, et avec une inten- Mlé particulière, celte émanation radioactive, grâce à laquelle il rend temporairement actif un corps quelconque par simple contact : on

2l6 J ELSTCB ET H. «EmO..

s^iit que cette ^ictivation est la plus énei^qae possible, qatnd ob oiaiatîent le coq»s employé à l'expérience à uo potentiel né^df (E- Kutiierford). Pour montrer racti\'ité induite par l'air du sol nous avons employé l'appareil décrit, dont nous retirâmes 1 éleclioscope. A la sonde était attaché un fil métallique qui pendait libr^ ment sous la cloche à Tinlérieur de l'enveloppe de toile métallique, sans toucher la plaque de hase. En reliant la sonde à une pile sèche, elle fut chargée pendant plusieurs heures à — 2000 volts, tandis que la cloche était remplie d'air ei^trait du sol ou traversée par cet airea courant très lent. L'activité ainsi provoquée par unité de longueur da fil était, msil^é la petitesse du volume d'air employé, du même ordre de grandeur que celle que nous a\ons obtenue, dans des coodilioitt d'ailleurs semblables, à l'intérieur de vastes caves. L'intensité de l'émanation active, et aussi sa quantité par unité de \olume, doit donc être plus élevée encore dans l'air du sol que dans celui des caves. D*acrord avec cette conception, on trouva que l'introduction sous II cloche de la même quantité d'air extrait d'une cave, au lieu dair aspiré hors du sol, n'élevait la dispersion que d'une manière insignifiante (de 2 à 3 volts). Il faut remarquer encore que l'activité induite par l'air du sol dans des espaces très petits, comme par exemple à l'intérieur de tubes étroits à travers lesquels l'air est aspiré, ne peut pas être montrée nettement.

Le procédé qui consiste à recueillir d'abord l'air sortant du sol dans un récipient spécial et à le transporter ensuite sous la cloche rend possible la comparaison do Tactivité d'échantillons extraits de diflérenles C5pèc(»s (le terrains; si toutefois Ton a le droit d'admettre que ces écliantillons ne changent pas de propriétés quand on les conserve quelcpie temps, (^omnu' le montre rexpérienre, on ne peut conslaK^r aucune dimiiuition tic l'aclivilé au cours de quelques heures: au contraire, il se produit au (iél)ul, comme pour l'air atmosphérique ordinaire, un accroissement de la conductibilité jusqu'à ce (jue, le maximum (Haut atteint, il s'ensuive une dé(!roissance très lente.

Si Ton doit arriNcr à la conclusion que la constitution du sol a une inlluciicc sur la radioactivité do l'air qui y est enfermé, la conceplioo déjà indiquée au début sera la plus naturelle : d'après elle la source de l'activité doit être cliendiée dans un rayonnement Becquerel primaire de la substance terresire. \ coup silr l'air du sol dans le voisi u'A^r des gisements naturels des composés d'urane et de thorium î^ montrera particulièrement actif.

D'autn» part, il faudrait examiner s'il est possible que celte activil

SUR LA CONDI'CTIBILITÊ ET LA RADIOACTIVITÉ DK L ATMOSPHÈRE. 317

provienne de profondeurs considérables et ne se soit propagée jusqu^à

ia surface de la terre que par un processus analogue à la difl'usion.

En examinant des échantillons d'air provenant de divers endroits et

de diverses profondeurs, on pourrait sans doute donner une réponse

à des questions de ce genre.

On aura le droit, d'après cela, d'affirmer que la conductibilité élevée de l'air dans les caves et les grottes, comme aussi leur propriété de provoquer la radioactivité induite dans une bien plus forte mesure que l'air atmosphérique libre, repose sur leur teneur en air du sol, c'est-à-dire en air qui provient des capillaires terrestres et est arrivé par eux dans les espaces souterrains. Les différences d'activité de l'air clans les différents espaces de ce genre pourront être attribuées à une ventilation inégale, ainsi qu'à l'accès plus ou moins facile des exhalaisons du sol.

D'après ce qui a été dit jusqu'ici, on pourrait prévoir le résultat de la seconde expérience déjà indiquée ci-dessus; il était à prévoir qu'un '^cipient protégé contre la pénétration de l'air du sol et fermé hermétiquement de toutes parts ne manifesterait, même s'il était de grandes dimensions, aucun accroissement notable de l'activité de l'air inté- Pleur au cours du temps. Grâce à l'amabilité du directeur d'une ^«brique de machines d'ici, M. La Baume, auquel nous devons pour ^ette raison tous nos remercîments, l'occasion nous fut offerte d'enfermer un volume d'air de 2.3"' pendant plusieurs semaines et d'étudier ensuite ses propriétés radioactives. A travers une chaudière à vapeur du volume indiqué fut tendu en longueur un fil métallique (d'alumiïiium); il fut maintenu par des bouchons de caoutchouc solidement fixés dans deux petites ouvertures diamétralement opposées. La chaudière close de toutes parts étant restée abandonnée pendant trois îiemaines, nous remplaçâmes les bouchons de caoutchouc par des petits tubes isolants en ébonite, et nous chargeâmes le fil à un potentiel de 2000 volts pendant 2 heures. On trouva qu'il n'avait acquis par là aucune radioactivité nettement décelable. Il était malheureusement inipossible de mesurer directement la conductibilité de l'air intérieur *u moyen de l'appareil de dispersion; d'après les expériences citées plus haut sur les petites masses d'air, il est à présumer qu'elle était n^ontée au double environ de la valeur normale, très au-dessous par suite de celle de l'air des caves ou même du sol.

^ après le résultat des deux expériences décrites, nous considérons <^onîii[)e vraisemblable que la propriété de l'air atmosphérique de pro- ^^^ lier une radioactivité induite provient au moins pour la plus grande

2t8 J. ELSTER RT H. GBITBL.

part de son contact avec la terre, contact qui est du reste le plus intime dans les espaces capillaires du sol. La masse d'air non négligeable par rapport à la masse totale de l'atmosphère, qui est cachée au-dessous de la surface visible du sol, est, pour la fraction principale, le véhicule de Témanation radioactive. La présence d'une certaine quantité de cet air dans un espace clos agit comme celle du thorium ou du radium ; elle provoque un rayonnement induit qui élève l'ionisation de Tair jusqu'à un maximum, dont la grandeur dépend de la quantité et de l'activité de l'air du sol présent. Ainsi s'explique l'accroissement mystérieux de la conductibilité dans les volumes d'air limités.

La présence d'ions libres dans l'air atmosphérique est rendue également compréhensible par la mise en évidence de substances fortement radioactives dans la portion de l'atmosphère qui est située au-dessous de la surface de la terre, et où la diffusion provoque des échanges continuels avec la masse d'air supérieure. Assurément dtoS un système exposé à des influences aussi variées que l'enveloppa aérienne de la terre, il ne saurait être question d'une cause unique d^ l'ionisation; il est hors de doute qu'à coté de la source indiquée d'autres encore, en particulier le rayonnement du Soleil, entrent en ligne de compte.

Vm. — RÉSUMÉ DES PRIHCIPALES HOTBS DE MM. ELSTER ET SERIL PUBLIÉES DAVS Physikalische Zeischrift, t. IV, 1902-1908 et t. V, 1904*

Tome IV, page i)H. — J. Elster. — Sur des appareils transportables pour la détermination de la radioactivité de Vair naturel, (Conslruils en commun avec M. Geiiel.)

Ktude de la variation de la radioactivité induite sur des fils chargés négativement, suivant les conditions de l'expérience. Appareils employés.

Page 97. — J. Elster. — Sur des expériences relatives à la radioactivité induite par l'air atmosphérique dans le cas des potentiels positifs. (En commun avec M. Geitel.)

Un iîl Q\\diT^é positivement (fil d'aluminium de 1 3*") et exposé dans une cave prend une très légère activité induite. \ l'air libre TelFet est insensible.

SCR LA CONDUCTIBILITÉ ET LA RADIOACTIVITÉ DB l'aTMOSPHÉBB. 219

Page 97. — H. Gkitel. — Sur quelques expériences de dispersion électrique dans rair, efTecluées en commun avec M. Ëlster.

Un champ électrique parasite même très faible diminue la déperdition (l'un électroscope exposé à Tair, par suite de la suppression par ce champ d'un certain nombre d'ions. Diverses expériences de confirmation des idées émises dans les Notes antérieures.

Page 137. — J. Elstbr et H. Gkitel. — Sur un perfectionnement dans les lectures de V électroscope d*Exner.

Page i38. — J. Elster et H. Geitkl. — Sur des appareils transportables pour la détermination de la radioactivité de l'air ordinaire.

Celle Note et la précédente sont consacrées à des perfectionnements de détail de l'appareil de déperdition décrit dans le § I.

^*Çf 439. — J. Elstbr et H. Gkitel. — Sur la phosphorescence scintil" lantede la blende de Sidot, provoquée par l'émanation radioactive.

Répétition avec les substances activées par l'air atmosphérique de I expérience du spinthariscope de Crookes.

Page 522. — J. Elstkr et H. Geitkl. — Sur rémanation radioactive con^ tenue dans l'air atmosphérique,

1. (H. Geitel). — Des échantillons de terres de provenances diverses possèdent des radioactivités appréciables et fort inégales. La radioactivité de Fair extrait du sol semble due à la présence dans le sol de certaines substances radioactives inégalement réparties et qui sont peut-être les substances déjà connues.

n. (J. Elster). — Expériences sur la dépendance qui existe entre la radioactivité de l'atmosphère et les divers éléments météorologiques.

Tome V, page ii. — J. Elstkr et H. Geitkl. — Sur la substance radiofictive dont l'émanation est contenue dans l'air du sol et dans l'atmo-

^mme suite à leurs recherches antérieures, les auteurs se propo- ^n{ de rechercher quelle est la substance radioactive qui contribue le P*"s à la radioactivité du sol et de l'air. L'argile recueillie en certains ^'^^'roits, bien que relativement assez active, ne l'était pas assez pour ^^ prêter à une séparation. La boue de la source thermale de Battaglia • ^lie), appelée /an^o, qui est trois ou quatre fois plus active que ces

%-èo m. blstcb ct ■.

ailles <, se prête au contraire à des essais de séparatîoii, bien q«*eOe »oit au moins loo fois moins active que rnraniam. On obtient asseï aisément par des traitements chimiques {précipitaiîoii do principe actif par le chlorure de baryum en présence de svttates) on par ëlectrolyse ^'activation de la cathode) des sabslances loo à 160 fois plus actives que le produit initial, c'est-à-dire de méniie activité que Tonnium. IjC traitement employé semble indiquer qu^on se trouve en présence de traces de ra^/ium.

L'étude de la disparition progressive de ractivilé induite sur des (ils par Tair extrait du /ango, du soK ou de Fatmosphère, conduit aa même résultat : la constante de temps et la loi de désactivation coïncident, eu effet, avec celles que M. et M** Curie ont données pour la radioactivité induite par le radium.

Il semble donc qu'il faille attribuer au radium les phénomènes de conductibilité et de radioactivité dont Tatmosphère est le siège. Cette conclusion est en accord avec les travaux récents d^autres observateurs (Ebert, Himstedt, J.-J. Thomson^ Sella et Pochettino, \dam8, etc.).

Page 321. — J. Elstbr et H. Geitel. — Sur la radioactivité de diçenti e»pècei de terret et de dépôts.

Différents terrains volcaniques et les dépôts de beaucoup do sources thermales sont remarquablement actifs. 1^ boue de Baden-Baden a une activité du même ordre que celle de l'uranium. La loi de décrois- %MU'V i\v l'activité induite qu'elle produit semble devoir indiquer Texintenee d'un /'iémenl radioactif nouveau.

VI VI. Mister et (ieilel ont exposé leurs travaux sur rélertricilé iitiiiosnliéi'i(|iie dans plusieurs autres Recueils, donnant tantôt des rx|M»Hi''s (reiisenihle assez sommaires, tantôt des exposés détaillés sur rerliilns points. La série des Notes publiées à la Physikaiische Zeitsrlu ift nous paraît re[)résenter le mieux la suite de leurs idées et de ji'iiiH rxp/'riences. V^nri, à titre documentaire, la liste de leurs prinripiilr«> publications dans les divers Recueils autres que la Physikalisrlir /l'itsrlirift . Nous avons omis quelques Notes d'importance r^rinmliiîre, parues dans les années i, 2, 3 de ce dernier Recueil.

lÙHiih «1 <li:iTi<i.. - Terrestrial Mafirnetism and Atmospheric Electri-

cif) , t IV, iHt)»). V' jn <; t- 1^^ '9«4. p. 49-

Mi.siKH l'i (iiirKi.. ~ \yîen. Ber., l. III, Abi. lia, 1902, p. 952.

SUR LA CONDUCTIBIUTÉ KT LA BAOIOACTIVITÊ DE L'ATMOSPHBRK. 221

Blstbr Cl Geitbl. — Die VVelt der Technik^ l. II, n" 5.

Gbitbl. — Jahrbuch der Radioaktivitàt und Elektroniky l. 1. 1904.

Gbitbl. — Ueher die Anwendung der Lehre von den Gasionen au/ die Ench. der atm. EUktricitàt, BrauQschweig, 1901.

Elstbr et Gbitbl. — Archives des Sciences physiques et naturelles^ I. XIII, 1902, p. ii3; t. XVII, 1904. p. 5; t. XIX, 1906, p. 5.

SUR LE MÉaNlSME DES RAYONS QTH^ftHMilSj

ET DES •• KANALSTRâHLEN %

Pak Paul EWERS.

Tnéùt 4t riUftné par Uon BLOCH.

Annaien der Pkytik^ t. LXIX, 1899, p. 167 à i«>9.

M. Ewers part de cette remarque que le nombre donné par Wiem pMrb

valeur du rapport — dans le cas des rayons canaux relatifs à iiaeél«ctni^éi

fer, coïncide, aux erreurs dVxpérience prés, avec celui qu*on peat pcv«>^<i appliquant la loi de Faradav aux particules dont se composent «^ rav<)t&. supposés arrachés à la substance de Tanode. Il s*est proposé de vériier «nstie hypothèse dans le cas général, et de mesurer simultanément les Talear»<i^'

et de — au nioven des deux équations

q = ne.

La première est fournie par une expérience galvanomètrique Kq = inien>itf «le courant; n = nombre de particules émises), la deuxième par une expérience calorimétrique ( « = éneri^ie transportée par les rayons canauv a*rt = fraction de celte énerjj^ie transformée en chaleur par le choc surlefooJ du tube )

Appareils.

La source d'électricité était une machine Topler à influence, auloexcitatrice, à vinj^t plateaux fixes et vingt plateaux mobiles, du dernier modèle de Tlnslitut mécanique Oscar Leuner à Dresde. Les plaleaui mobiles faisaient dans les expériences suivantes huit révolutions par seconde et la quantité d'électricité développée était 3,i.io~* coulombs par seconde. Dans aucun cas on n'emploie de bouteilles de

LE IIÊCANISMR DKS RAYONS CATHODIQUES ET DES « KANALSTRAHLEN ». 223

Leyde, et Ton évile avec le plus grand soin toutes les étincelles. Le nombre des décharges que la machine envoie par seconde dans un tube à vide se détermine à l'aide d' un petit tube de Geissler au moyen dn miroir tournant, et est d'environ 60000, quand le tube à vide et le lube de Geissler sont en série sur la source d'électricité. Le nombre des décharges, en l'absence du tube de Geissler, ne pouvait se déterminer, car les dimensions transversales du tube à vide étaient trop grandes pour permettre des observations au miroir tournant et, si l'on interposait une fente étroite, la clarté était trop faible pour permettre l de distinguer nettement les images successives de la fente et d'en mesurer l'écartement.

Le vide s'obtenait par une trompe de Geissler, avec robinet à trois voies, précédée d'une trompe à eau.

La pression dans le récipient à vider se calculait d'après le nombre de fois qu'on avait actionné la trompe et le rapport des volumes du corps de la pompe au reste de l'appareil.

Les tubes à vide furent employés, suivant le but auquel ils devaient servir, sous tiois formes diii'érentes.

La figure i représente un tube à rayons canaux tel qu'il fut em-

Fig. I.

ployé pour certaines mesures calorimétriques. L'anode se trouve ici dans une boule latérale soudée sur la partie A ; elle est en aluminium. ^on diamètre est de i4"'"'. L'étranglement qui termine la partie B est destiné à permettre l'emploi d'un calorimètre aussi petit que pos- ^^We. Les deux parties A et B sont mastiquées sur l'anneau qui doit senir de cathode et qui dépasse de quelques millimètres les bords ^lâlés et rodés du tube. Le tube P va à la ti'ompe. La lumière du '^l>e A et de la partie large de B est de 3*"", celle de la partie étroite ^^"",2. Une droite normale à l'anode en son milieu coupe l'axe de A

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