‹ Les quarante femmes d'Ali Baba; opérabouffe en 3 actesChapitre 63 sur 88 · SCÈNE V (bis · texte numérisé non relu

SCÈNE V (bis

Ali, puis Irma et Caroline, en costumes européens. Toutes deux portant des gerbes de roses

DUETTO ET TRIO Caroline, Irma

Ah ! notre joie est sans pareille.

Nous avons parcouru Marseille; Enfin, nous voilà de retour !

Mais on dut faire maint détour.

Caroline

Car déjà sur la Cannebière, On nous entoure et de telle manière

Qu'il fallut pour passer Cent fois au moins nous laisser embrasser.

Eh, té ! C'est Irma, ma cousine.

Irma

Bonjour, charmante Caroline !

Caroline

Quel à propos et quel entrain !

On nous enlasse on nous étreint.

Irma

Alors, dans les confiseries.,

Caroline

Tout fut bien vite ravagé.

Irma

Dieu sait si nous avons mangé De bonbons et de sucreries !

Caroline

Enfin, nous avons quitté sans retour Nos vêtements de forme orientale.

Et c'est mises à la mode du jour Que nous irons revoir la Capitale.

(*) Dans le cas où on couperait la scène V bis, passer à la scène VI. En ce cas, Zobéide dira à la cantonade : Qu' ont-elles à rire ces péronnelles!, et entrera seulement sur la phrase : N'ai-je pas les moyens, etc

Ensemble

Et, puisque, grâces à vous, nous voilà Sous le beau ciel de la Provence, , Où nous avons cueilli des fleurs de France, Acceptez-les, mon p'tit papa !...

(Elles les lui donnent).

Ali. une brassée de roses sous chaque bras Eh ! quoi ! vous m'apportez des roses ! .Merci, mais parlons d'autre chose...

(A Irma). Vous avez un beau médaillon. Qu'en rien cela ne vous offense !

Pardonnez mon indiscrétion.

Dites-moi donc de préférence Quels cheveux vous mettez dedans?

Irma

Oh 1 bien volontiers, j'y consens.

D'ailleurs, je n'en fais pas mystère.

Ce sont les cheveux de ma mère.

Ali. à Caroline Et vous aussi?

Caroline Fatale erreur !

Bien que cela ne vous regarde, Ce trophée est cher à mon cœur.

Car c'est la barbe d'un sapeur.

Oui, d'un beau sapeur de la garde. (Imitant la trompette). Ta ra ta ta...

(Reprise en trio).

Caroline Bien que cela ne vous regarde, Etc., etc

Irma, riant Vraiment cela ne vous regarde, Aussi moi j'en ris de bon cœur.

Oui, c'est la barbe d'un sapeur.

Ta rata ta...

AU Doux souvenir qu'au cœur je garde.

Ce n'est point elle sur l'honneur, Car c'est la barbe d'un sapeur !

Etc.. etc

Irma. Caroline Ah ! notre joie est sans pareille.

Nous avons parcouru Marseille; Enfin, nous voilà de retour.

Caroline Ne pensons plus, Irma, qu'à ton amour.

Irma Allons, ne pensons plus qu'à mon amour.

Ali, à part Hélas ! non, ce n'est pas elle Pour qui je brûlais d'amour !

Ali, tristement, à part Ni l'une, ni l'autre ! (Changeant de ton.) Oh ! les belles roses !... C'est vraiment une charmante attention, Mesdemoiselles. (7/ les place dans un vase sur la cheminée.)

CaroIiiiP

Monsieur Tournesol nous avait donné rendez-vous ici pour nous conduire à l'arrivée de la diligence...

Ali, regardant Irma en souriant Qui doit ramener le Capitaine Julien !

Irma

Oh ! il n'est pas encore capitaine.

AU

Il le sera bientôt. Mademoiselle, il le sera. Je l'attends d'ailleurs avec non moins d'impatience que vous, ce cher ami !

Caroliue, à Ali Alors, mon petit papa, vous ne m'en voulez plus de vous avoir fait enrager autrefois?

Ali Vous en vouloir? Vous en vouloir? Mademoiselle Caroline ! (Dramatique), si je vous disais que je regrette ce temps-là !

Caroline, riant Vraiment?

Ali, soupirant Ah ! oui, je le regrette !...

Irma

Mais on dirait que vous avez du chagrin, Monsieur Ali Baba?

Ali, tristement J'en ai ! j'en ai ! et si vous pouviez lire dans mon faible cœur I

Caroline

Eh bien ! contez-nous cela, ça nous fera passer le temps...

AU

Je ne peux pas ! ! Je ne peux pas...!

Zobéide, à la cantonade Nom d'un chibouk I laissez-moi donc passer, tas d'imbéciles ! vous ne me reconnaissez donc pas? (Zobéide paraît en costume européen excentrique 1830. Caroline, Irma, apercevant Zobéide, sortent en riant aux éclats.)

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