M. AMPÈRE
II s'est donné la peine de naître. Fils d'un homme de génie, de ce fakir de la Science dans les cheveux duquel les hirondelles faisaient leur nid sans que son immense cerveau s'en aperçût, M. Ampère s'est trouvé aisément célèbre, ayant de toutes parts ces relations qui poussent plus un homme que le talent. Avant d'être M. Ampère par ses ouvrages, il était le fils de M. Ampère. Gela valait mieux :
Il portait mieux son nom en étant plus obscur !
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Ce qui perd les fils des hommes de génie, c'est qu'ils veulent être quelque chose par eux-mêmes. Idée de femme ! Etre aimées pour elles-mêmes ! On voit mieux cependant la médiocrité aux rayons de la gloire paternelle. M. Ampère avait, dit-on, des aptitudes diverses. On a de lui des vers que M. Sainte-Beuve a vantés. Pourquoi pas? Il vante bien ceux de M. Littré... Politesse de bel esprit à bel esprit du salon de madame Récamier ! C'est, en effet, par ce salon, que M. Ampère est entré à l'Académie, dont il est digne, du reste, par la haine qu'il porte à l'Empire. Excepté cette Histoire Romaine, pamphlet à allusions qui a paru en ces derniers temps et dont certainement M. de Mars n'est point capable, il est impossible de se rappeler nettement les divers ouvrages de M. Ampère. C'est comme une masse d'articles de la Revue des Deux-Mondes. Tout le monde, dans les deux mondes, est capable de ça!... Quant à VHistoire Romaine insérée dans cette Re-
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vue orléaniste, c'est bien malheureux que le talent n'y soit pas au niveau de la haine... L'Empire aurait été perdu. A présent, M. Ampère n'a plus qu'un moyen d'être Tacite, c'est de se taire.
Encore un homme heureux d'avoir des parents ! Descendant de la grande marquise de Maintenon, il s'est planté une importance et une célébrité dans cette parenté qu'il exploite. Il a fait une concurrence — c'est le mot poli — à ISI. Théophile Lavallée, dont tout le monde se souvient encore. Des pages entières de l'histoire de madame de Maintenon par cet historien avaient été copiées par M. de Noailles, avec un sans-façon de grand seigneur qui aurait
dû flatter M. Lavallée, lequel eut l'imperlinence de n'être pas fïatté : « Pourquoi me prenez-vous mon livre, monsieur le duc? — lui dit- il. — Je ne vous prends pas votre titre ! » On a demandé (des malins!) ce que M. de Noailles aurait écrit sans madame de Maintenon. Mais, parbleu ! il aurait copié quelque autre livre de M. Lavallée... On comprend qu'il fut entré à l'Académie à cause de ce nom et titre de duc de Noailles, qui y fait bien, mais on ne le comprend plus depuis qu'il écrit, et c'est pour cela qu'il y est î