COLORIAGE DES ÉPREUVES
Il faut tout le talent d'un peintre habile pour rendre supportable le travail de l'enlumineur photographe. M. Mansion, peintre en miniature français, établi à Londres, possède le secret d'un très-beau coloris.' Quelques opérateurs ont voulu l'imiter; mais en vérité, quoi que en aient pu dire les réclames, nous n'avons jamais vu chez les daguerréotypeurs français que des espèces d'images d'Épinal.
Trois procédés ont été mis en pratique pour faire adhérer la couleur aux épreuves : 1° le mélange des couleurs pulvérisées avec la sandaraque; 2° le lavage final de la plaque avec une solution très-faible de gélatine ; 3° ou avec une décoction de thé.
Lorsque l'on fait usage de l'un de ces deux derniers moyens , la surface de la plaque devient légèrement collante ; il ne s'agit plus alors que d'avoir un peu d'habitude du pinceau et du maniement des couleurs
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pour donner à l'image daguerrienne un aspect de miniature assez satisfaisant.
Mais, nous le répétons, le coloriage ne saurait être pardonné qu'à l'opérateur portraitiste et à cause de l'exigence du public.
La couleur la mieux appliquée dépare toujours une belle épreuve.
MANUEL OPÉRATOIRE
CHAPITRÉ I. — Ve Opération.
Objets et substances nécessaires au décapage et au polissage de la plaque.
Plaques.
Boîtes à plaques.
1 planchette à bizeauter les plaques.
1 pince à coulisse.
Planchettes à polir.
1 petit étau attaché à un support fixe et solide.
1 boîte en carton garnie de tripoli, ayant son orifice recouvert de gaze.
1 boîte en carton garnie de rouge, ayant son orifice recouvert de gaze.
Coton cardé.
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Essence de térébenthine rectifiée.
3 polissoirs.
Bizeautez la plaque en la maintenant à plat avec une main sur la planche, l'argent en dessus, pendant que la main droite ramène vivement vers le corps la coulisse rabot sur le bord de la plaque et le replie. Lorsque les quatre côtés de la plaque sont bizeautés, rabattez aussi les quatre angles avec la pince, introduisez-les dans les crochets à bouton de la planchette à polir, et fixez celle-ci au moyen de la presse, ou entre les mâchoires de Fétau.
Versez quelques gouttes d'essence de térébenthine et un peu de tripoli sur la plaque ; avec un tampon de coton assez ferme et de la grosseur d'un œuf de poule , frottez-la légèrement en décrivant de petits cercles et parcourant également toute la superficie de la plaque : une minute de travail suffit pour enlever les baltitures d'une plaque neuve ou l'impression d'une plaque qui a déjà servi.
Prenez un nouveau tampon de coton, remettez du tripoli sur la plaque et continuez la même manœuvre, mais à sec et pendant une ou deux minutes.
Cette seconde opération suffit pour mettre l'argent tout à fait à nu et lui donner un bel éclat métallique; le décapage est alors parfait.
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Aveclepolissoir n°l, dont le velours est pour ainsi dire saturé de rouge , agissez sur la plaque dans les deux directions perpendiculaires en appuyant un peu et en promenant le polissoir comme une varlope, mais très-rapidement ; ne continuez pas trop à frotter, vous enlèveriez l'argent.
Le polissoir n° 2, imprégné de rouge, mais soigneusement brossé, manœuvré de la même manière que le précédent et plus rapidement encore, donnera à la plaque un beau degré de poli. L'opération étant arrivée à ce point, l'haleine condensée sur la surface brunie de la plaque doit lui donner l'aspect d'un verre dépoli et se vaporiser sans laisser voir ni taches ni rayures.
Terminez le bruni de la couche avec le polissoir n° 3, en donnant les derniers coups très-légèrement, très-rapidement et perpendiculairement au sens de l'image à ^produire (1).
On peut, on doit même polir les plaques à l'avance, elles se conservent très-bien pendant vingt-quatre heures; après ce temps, il faut les soumettre de nouveau au travail du polissoir n° 3.
(1) Pour les'images stéréoscopiques, les derniers coups du polissoir doivent être parallèles an sens de l'image à produire.
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